Mercredi 4 novembre 2026
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URGENT
International

Sénégal : Après le rejet de la LFR 2026, Guy Marius Sagna charge le Président Diomaye

Pour Guy Marius Sagna, il est inconcevable qu’un dirigeant étranger se permette de critiquer publiquement des nations africaines devant leurs propres présidents sans susciter de réponse. « Alors que notre président de la République était là-bas, il n’aurait pas dû accepter cela. Pour qui se prend Macron pour devoir insulter nos frères, nos voisins et devant nos présidents de la République ? », s’est-il interrogé.
Guy Marius Sagna, député Sénégalais du Pastef Les Patriotes, parlementaire de la CEDEAO

Le bras de fer autour du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 se poursuit à l’Assemblée nationale du Sénégal. Après la correction des résultats du scrutin, le rejet du texte est désormais crédité de 126 voix. Une décision saluée par le député Guy Marius Sagna, qui accuse le président Bassirou Diomaye Faye de vouloir « trahir » une nouvelle fois les Sénégalais, cette fois sur le terrain économique et social.

Le projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour l’exercice 2026 n’a pas obtenu l’adhésion des représentants du peuple sénégalais. Réunis en séance plénière ce mardi 3 novembre 2026, les députés de l’Assemblée nationale ont voté contre le texte, ouvrant ainsi une nouvelle séquence de tensions autour des orientations économiques et budgétaires du gouvernement.

Selon le décompte initial, le scrutin avait enregistré 132 votants, avec 109 voix en faveur du rejet et 23 contre. Toutefois, un problème technique est venu perturber la proclamation des résultats. Dans un communiqué rectificatif relatif au vote de la question préalable, l’Assemblée nationale a reconnu que 17 délégations de vote n’avaient pas été intégrées dans le premier décompte.

Après vérification, ces 17 délégations ont été ajoutées aux 109 voix initialement enregistrées en faveur du rejet du projet de loi n° 40/2026 portant loi de finances rectificative pour l’année 2026. Le nombre total de voix contre le texte s’établit ainsi à 126. « L’Assemblée nationale tient à apporter cette précision afin de rétablir l’exactitude des résultats du scrutin et de garantir une information juste et transparente », précise le communiqué rectificatif.

Cette correction des résultats n’a pas laissé indifférent le député de PASTEF-Les Patriotes, Guy Marius Sagna. Dans une réaction particulièrement virulente, l’élu a vivement critiqué les orientations économiques et sociales contenues dans le projet de loi, mettant directement en cause le président Bassirou Diomaye Faye.

Pour lui, le chef de l’État serait sur le point de rompre une nouvelle fois avec les engagements pris devant les Sénégalais lors de son accession au pouvoir. « Le Président Diomaye, après avoir trahi politiquement les 54 % des électeurs, veut les trahir à nouveau mais cette fois-ci économiquement et socialement à travers sa loi de finances rectificative fruit d’un deal entre lui, le FMI et Macky », a-t-il déclaré.

Le parlementaire va plus loin en présentant le vote des députés comme un refus de cautionner ce qu’il considère comme une politique contraire aux aspirations populaires. « Les représentants du peuple sénégalais ont voté contre cette trahison économique et sociale », a-t-il martelé.

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Un désaveu politique

Au-delà du rejet du texte budgétaire, ce scrutin met en lumière les divergences autour de la conduite de la politique économique du Sénégal. La référence de Guy Marius Sagna à un supposé accord entre le président Diomaye, le Fonds monétaire international (FMI) et l’ancien président Macky Sall traduit la profondeur de ses critiques à l’égard des choix budgétaires proposés. Le rejet du PLFR 2026, désormais établi à 126 voix contre 23 selon les résultats rectifiés, constitue un revers parlementaire pour les autorités. Il pose également la question de leur capacité à faire adhérer les représentants du peuple à leurs arbitrages économiques et financiers.

Pour le député de PASTEF-Les Patriotes, le message envoyé par l’Assemblée nationale est sans ambiguïté : les élus ne doivent pas accompagner des décisions qu’il juge contraires aux intérêts économiques et sociaux des Sénégalais. Reste à savoir quelles seront les conséquences institutionnelles et budgétaires de ce rejet pour la suite de l’exercice 2026.

Cyril Roc DACK / Icimali.com

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