Face à un flux migratoire sans précédent en provenance de Guinée, les autorités maliennes ont enclenché un vaste dispositif d’accueil, de prise en charge sanitaire et de convoyage des populations affectées. Un premier bilan officiel fait état de six morts et de plus de 400 blessés.
L’urgence humanitaire a pris une tournure critique ce weekend au Mali. Face à ce que les autorités qualifient de « situation exceptionnelle », le gouvernement a pris une série de mesures d’urgence pour stabiliser la situation et réorganiser le transit de dizaines de milliers de personnes refoulées du territoire guinéen.
Dans le communiqué officiel N° 2026-06 rendu public ce samedi 7 novembre 2026, le directeur du Centre de Coordination et de Gestion des Crises (CECOGEC), le Colonel Sapeur-pompier Issa Raoul Dana Dabo, dresse un tableau alarmant de la situation sur le terrain. « Face à l’afflux massif des refoulés de la Guinée, le Gouvernement, à travers le Comité interministériel de gestion des crises et catastrophes, a engagé plusieurs mesures d’urgence pour assurer leur accueil, leur sécurisation, leur assistance et l’organisation de leur retour dans leurs pays », déclare le Colonel Sapeur-pompier Issa Raoul Dana Dabo.
À la date du 7 novembre, la pression démographique sur les points d’entrée et la capitale est inédite : environ 100 000 personnes sont dénombrées dans le District de Bamako, tandis que près de 60 000 autres s’entassent à la frontière, dans la localité de Kouremalé. La crise s’accompagne déjà d’un drame humain. Le communiqué confirme la mort de six (06) personnes à Kouremalé et la prise en charge médicale d’urgence de 413 blessés et malades répartis dans les établissements sanitaires de Bamako. « Le Gouvernement adresse ses condoléances les plus attristées aux familles endeuillées, exprime sa compassion aux personnes affectées et souhaite un prompt rétablissement aux blessés », souligne le patron du CECOGEC dans son communiqué.
Renforcement de la coopération régionale
Pour désengorger la capitale et la zone frontalière, les ministères concernés ont mis en place un site d’urgence spécialement aménagé et sécurisé à Quinzinbougou, destiné à offrir des conditions d’accueil décentes. En parallèle, un pont terrestre majeur a été instauré entre le Mali et le Burkina Faso pour raccompagner les ressortissants burkinabè dans leur pays d’origine. Ainsi ; le 5 novembre : 47 bus burkinabè et 2 bus maliens ont permis l’évacuation de près de 3 430 personnes. Le 6 novembre, le Mali a déployé 74 camions et 24 bus pour convoyer environ 15 000 personnes supplémentaires, et le 7 novembre, les rotations se sont poursuivies avec l’engagement de 60 camions et 10 bus maliens, appuyés par 48 cars dépêchés par Ouagadougou.
Au-delà de la réponse étatique, l’élan de solidarité s’est rapidement organisé. Jeunesse, travailleurs sociaux, opérateurs économiques et citoyens se relaient pour apporter vivres et secours matériels aux sinistrés.
Le CECOGEC tient toutefois à encadrer cet effort populaire pour éviter tout désordre logistique : « Le CECOGEC remercie l’ensemble des populations et des acteurs mobilisés pour leur élan de solidarité, de générosité et leur sens de responsabilité. Il rappelle que les dons et autres formes d’appui doivent être coordonnés avec les structures techniques compétentes afin de garantir une gestion efficace et une répartition appropriée. »
La direction du CECOGEC conclut en lançant un appel pressant aux autorités régionales afin de maintenir un « niveau de mobilisation et de vigilance maximal » pour sécuriser les opérations d’identification, d’enregistrement et de transit qui devraient se poursuivre tout au long de la semaine.
Issa TANGARA / Icimali.com






