Entre le bilan des trois piliers (Défense, Diplomatie, Développement), la réponse aux « cabales médiatiques » et l’appel à une mobilisation citoyenne, il décrypte pourquoi cette confédération marque, selon lui, une rupture historique avec les anciens modèles d'intégration en Afrique de l'Ouest.
GRANDE GUEULE

« L’AES est désormais une alliance de convictions », analyse de Brehima Sidibé

À l’issue de la deuxième session du sommet des Chefs d’Etat de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES) à Bamako, Brehima Sidibé, docteur en analyse des discours politiques à CY Cergy Paris Université et président des FCJ, livre son regard sur la dynamique régionale.

Entre le bilan des trois piliers (Défense, Diplomatie, Développement), la réponse aux « cabales médiatiques » et l’appel à une mobilisation citoyenne, il décrypte pourquoi cette confédération marque, selon lui, une rupture historique avec les anciens modèles d’intégration en Afrique de l’Ouest. Interview.

Icimali.com : Vous avez assisté à l’ouverture du sommet. Quelles sont vos impressions ?

Brehima Sidibé : Je pense que c’était une très belle cérémonie d’ouverture. Nous avons assisté aux allocutions des trois chefs d’État : le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, suivi de l’intervention du général Tiani du Niger, et enfin le discours d’ouverture du général d’armée Assimi Goïta du Mali.

Tous trois ont mis l’accent sur le bilan et les acquis de l’AES (Alliance des États du Sahel), laquelle repose sur trois piliers fondamentaux : la défense, la diplomatie et le développement. Sur chacun de ces piliers, ils ont fourni des exemples concrets de réalisations entreprises par la Confédération.

Et vous, croyez-vous en l’AES ?

Absolument. Je l’ai d’ailleurs affirmé sur plusieurs plateaux. Au tout début, j’avais rédigé un article intitulé : « AES : une alliance de circonstances ou de convictions ? ». C’était l’interrogation que je soulevais au lendemain de la signature de la Charte du Liptako-Gourma en septembre 2023.

Aujourd’hui, on peut dire sans risque de se tromper qu’il s’agit d’une alliance de convictions. Cela se justifie par l’ampleur des réalisations accomplies jusqu’ici, mais aussi par le soutien populaire massif dont bénéficie l’AES.

Sommet de l’AES à Bamako : « C’est du concret », témoigne Omar Michel Kopia, Président de Burkina Rempart

 

Que pensez-vous de la cabale médiatique dont le Mali, et par ricochet l’AES, a été victime ces derniers temps ?

C’est un point sur lequel il faut rester très vigilant. En tant que spécialiste de l’analyse du discours politique, le narratif est un domaine que je connais bien. Nous évoluons dans un contexte marqué par une guerre des mots.

Récemment, nous avons vu une offensive médiatique contre le Mali avec des slogans tels que « Bamako est encerclée » ou « Bamako va bientôt tomber ». Je pense que la tenue ici même, à Bamako, de cette deuxième session du Collège des chefs d’État de l’AES est la preuve éloquente que le Mali demeure un pays sûr et fréquentable.

Quel message adressez-vous à la jeunesse et aux peuples de l’AES ?

Le message est que nous avons tous un rôle à jouer. L’AES, ce ne sont pas seulement les chefs d’État, c’est aussi le peuple. Chacun, à son niveau, peut agir de façon efficace, surtout dans ce contexte d’insécurité.

Si nous nous donnons la main et si nous soutenons nos dirigeants, l’AES pourra éviter l’erreur commise par la CEDEAO, qui a fini par être perçue comme une organisation uniquement au service des chefs d’État et non des populations.

Réalisée par Cyril Roc DACK

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *