Gerry TAAMA Komandega, homme politique togolais, président du parti Nouvel Engagement Togolais (NET) et chef d’entreprise
Dans une tribune au ton grave intitulée « L’indifférence comme expression de la capitulation », Gerry TAAMA Komandega, homme politique togolais, président du parti Nouvel Engagement Togolais (NET) et chef d’entreprise, dresse un constat sans concession de la situation politique du Togo. Pour lui, l’espoir d’un changement par les urnes appartient désormais au passé. « Il n’y aura plus d’alternance politique », tranche-t-il, évoquant un avenir politique qu’il juge définitivement figé.
Gerry TAAMA Komandega rappelle d’emblée la profondeur de son engagement politique, entamé dès sa jeunesse. « Je me suis engagé en politique très tôt. Déjà en 1992, au CEG de Siou, je crée l’association des élèves pour le renouveau », écrit-il.
Son parcours se poursuit dans les années 1990, marquées par son implication aux côtés de figures politiques majeures du pays. « En 1993, je suis supporter et représentant local de Jacques Amouzou lors des élections présidentielles. En 1994, je représente Edem Kodjo dans les bureaux de vote, au titre de l’UTD », souligne-t-il, insistant sur une constance militante jamais démentie.
Au cœur de sa réflexion, l’homme politique évoque une fracture qu’il juge inédite entre le pouvoir et la population. « Jamais il n’a existé un tel abysse entre le gouvernement et le reste de la population », affirme-t-il.
Selon lui, les actions du pouvoir exécutif ne suscitent plus ni adhésion ni rejet : elles laissent indifférents. « Aujourd’hui, peu importe ce que le président ou ses ministres posent comme action, ça ne semble toucher personne », observe-t-il, voyant dans cette apathie collective le signe d’un profond désenchantement.
La 5è République pointée du doigt
Gerry TAAMA Komandega attribue cette situation à l’avènement de la Cinquième République togolaise. « L’espoir d’un lendemain meilleur a quitté les Togolais. Et c’est la conséquence de la Cinquième République », écrit-il, avant d’asséner : « Aujourd’hui, nous savons qu’il n’y aura plus d’alternance politique. L’avenir est figé ».
Dans un réquisitoire sévère, il dénonce l’affaiblissement méthodique des contre-pouvoirs. « Les partis politiques ont été systématiquement annihilés, les syndicats décapités et presque toutes les libertés publiques émasculées », regrette-t-il, estimant que le pays est devenu « un pays des ombres, où les consciences se sont atrophiées ».
Pour le président du NET, la société togolaise aurait atteint un point de non-retour. « Nous avons lutté et perdu. La reddition est complète. Sans condition », écrit-il, évoquant une population résignée.
Il poursuit, amer : « Nous avons capitulé et nous sommes désormais indifférents. Nous avons touché le fond et plus rien n’a de l’importance ». Le temps, selon lui, n’est plus porteur d’espoir : « Vingt années sont passées, sans résultat tangible. Vingt années peuvent encore passer ».
Entre fatalisme et dérision
Dans une chute mêlant ironie et fatalisme, Gerry TAAMA Komandega évoque les maigres échappatoires du quotidien. « Heureusement qu’il y a deux brasseries qui tournent à plein régime, et le mil qui pousse pour le tchouk », écrit-il, avant de conclure par une formule lourde de sens : « Sursum corda. Pauvres de nous ».
Cette sortie, largement commentée dans les cercles politiques togolais, relance le débat sur l’avenir démocratique du pays et sur le sentiment de lassitude qui gagne une partie de la population face à un horizon politique perçu comme verrouillé.
Gédéon AFAMBO, correspondance particulière




