Bandiougou Danté, Président de la Maison de la presse du Mali -Bamako
Dans le cadre de la gestion de ce qui est convenu d’appeler « l’affaire Youssouf Sissoko », le Président de la Maison de la Presse, l’ensemble des acteurs de la Presse était en une assemblée générale ce jeudi 26 mars 2026 à partir de 16 heures à la Maison de la Presse. La « peine infligée au confrère est jugée « inédite », par les faitières de la presse qui dénoncent « un précédent inacceptable ».
Sous la présidence de El Hadj Bandiougou Danté, Président de la Maison de la Presse, cette assemblée qui se veut celle de sincérité, de vérité, d’honnêteté, d’honneur et de dignité, a réuni des responsables de faitières de la presse notamment Boubacar Yalkoué, président de l’association des éditeurs de presse privée (ASSEP), Daouda Konaté, président de l’Union Nationale des Journalistes du Mali (UNAJOM), Mamoudou Gokoum, président de l’Union des radios et télévisions libres du Mali, Modibo Fofana, président de l’association de la presse en ligne (APPEL-Mali) et d’autres représentants et responsables des autres associations.
Ci-dessous la déclaration de El Hadj Bandiougou Danté, président de la maison de la presse
Mesdames et messieurs,
Nous vous souhaitons la bienvenue à la maison de la presse en ce jour symbolique. Le 26 mars est une date importante et inoubliable dans l’histoire du Mali démocratique. Oui, la parole de la maison de la presse était attendue.
Elle a attendu et elle sera toujours attendue dans l’affaire Youssouf Sissoko comme dans toute autre affaire touchant la presse et ses acteurs. Seulement que l’on comprenne que nul ne dictera à la maison de la presse et ses responsables, ni sa conduite, ni sa lecture, ni sa stratégie, ni son timing, dans la défense des intérêts de la profession. La maison de la presse agira toujours en parfaite harmonie et en parfaite intelligence avec les organisations professionnelles qui la composent et qui demeurent ses bras séculiers.
D’emblée, il faut féliciter l’ASSEP et l’ensemble des organisations professionnelles qui se sont mobilisées depuis le début de cet incident malheureux jusqu’à maintenant.
L’occasion est également appropriée de remercier toutes les personnes anonymes, sincères, qui, sans recherche de dividendes et respectant des principes, qui ont apporté des contributions morales et matérielles à Youssouf Sissoko et à la presse en général pendant ces moments difficiles.
Ensuite, il faut répondre de manière péremptoire aux donneurs de leçons, actifs sur les réseaux sociaux et obéissant parfois à des agendas dont ils sont les seuls, à savoir les motivations, que la presse malienne n’est ni divisée, ni timorée. Au contraire, elle est responsable, fière et digne et se bat dans un environnement austère et même hostile en défendant des valeurs et l’intérêt national.
Nous sommes ici chez nous, nous nous exprimerons ici chez nous et nous n’irons nulle part. Plaise à Dieu.
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Que vont-nous faire depuis que cette affaire a commencé ?
Retenons que Youssouf a été appréhendé, je préfère le mot appréhendé, le 5 février 2026 pendant que la maison de la presse, les organisations faitières, la HAC, le procureur chargé du pôle cybercriminalité organisaient un atelier sur la régulation de la presse à l’hôtel Maeva.
Unanimement, les organisations professionnelles ont déploré et même condamné la manière dont le journaliste a été interpellé. C’est pourquoi j’ai dit qu’il a été appréhendé. C’est l’occasion de répéter ici notre opposition ferme à certaines dispositions du nouveau code de procédure pénale qui, avons-nous plusieurs fois dit, constitue dans certaines de ces dispositions, un recul démocratique préoccupant. Nous l’avons dit et nous le répétons aujourd’hui.
Des confrères ont abandonné l’atelier pour assister Youssouf au tribunal durant plusieurs heures pendant que d’autres rivalisaient des publications insensées et irresponsables. Quand Youssouf a été mis sous mandat de dépôt, il a continué à bénéficier de la solidarité des confrères qui lui rendaient régulièrement visite à la MCA. Ils lui ont apporté soutien moral et financier.
Le président de la maison de la presse, des retours d’une mission à Dakar, s’est rendu à la MCA accompagné du président de l’ASSEP et du président de Fond so-Presse. Lors des échanges avec Youssouf Sissoko,
Lors de nos échanges, monsieur Youssouf Sissoko, notre confrère, comme dans son audition et lors de son procès à la barre, a exprimé son regret et a avoué avoir manqué de vigilance dans la publication de l’article incriminé.
C’est l’occasion vraiment pour la maison de la presse de s’interroger sur les hiatus qui existent et qui continuent encore d’exister entre les positions affichées par l’accusé et la ligne de défense adoptée par l’avocat. La maison de la presse souhaite comprendre cette incohérence.
En outre, la maison de la presse regrette l’instrumentalisation faite de cette malheureuse affaire par des narratifs étrangers qui racontent des faits qui sont différents de ce qui est dit au tribunal. Cette façon de traiter le sujet est de nature à enfoncer à Youssouf Sissoko, un chef de famille qui ne suive que la liberté, comme il l’a toujours dit.
Sans trahir de secrets, la maison de la presse a continué à avoir une oreille attentive auprès du procureur, auprès du ministre de la Justice. Avec ces personnalités, le dialogue n’a jamais été rompu et ne sera jamais rompu.
La maison de la presse continuera à inscrire ses actions dans le cadre du dialogue et du respect des lois de la République, tout en s’appuyant sur des leviers sociaux pour permettre aux journalistes de recouvrer la liberté.
En ce qui concerne le jugement rendu, la maison de la presse estime que cette peine inédite, jamais infligée à un journaliste dans le cadre de l’exercice de son travail, constitue un précédent inacceptable. Je dis bien, cette peine jamais infligée à un journaliste au Mali dans l’exercice de son travail constitue un précédent inacceptable.
Nous en appelons à la sagesse et à la clémence du juge. C’est pourquoi la maison de la presse salue la décision de l’accusé, notre confrère, de faire appel à cette décision historique et inédite.
La maison de la presse continuera à suivre de très près cette affaire et mènera les plaidoyers nécessaires pour rendre un dénouement heureux.
La maison de la presse réaffirme son attachement à la liberté de la presse et invite les acteurs de la presse à plus de responsabilités et de professionnalisme.
Je vous remercie pour votre aimable attention.




