Général de Division Oumar Diarra, Chef d’État-major général des Armées du Mali
Au lendemain des attaques coordonnées ayant visé plusieurs localités du pays, le Chef d’État-Major Général des Armées, le Général de division Oumar Diarra, a livré une lecture détaillée de la situation sécuritaire. Invité du journal télévisé de 20 heures de l’ORTM, ce 26 avril 2026, il a répondu à cinq questions clés, dressant un premier bilan des opérations tout en lançant un appel appuyé à la collaboration des populations dans la traque des groupes armés terroristes. Interview transcrite par Icimali.com.
ORTM : Que s’est-il réellement passé hier à Kati et dans les régions de Mopti, Gao et Kidal ?
Général de division Oumar Diarra : Avant de répondre à votre question, permettez-moi, au nom de la hiérarchie militaire et de l’ensemble des forces armées et de sécurité paramilitaires, de présenter les condoléances les plus assistées aux victimes civiles et militaires de ces attaques du 25 avril, hier.
Donc, pour revenir à la question, effectivement, hier, 25 février 2026, les famines ont repoussé des attaques coordonnées, simultanées et complexes dans pratiquement sept de nos localités, y compris Kidal, Gao, Kona, Mopti, Sévaré et Bamako et Kati.
Donc, ces attaques coordonnées restent dans le cadre d’un plan de déstabilisation, coordonné par des acteurs internes et externes, qui veulent vraiment plonger le pays dans une situation d’insécurité permanente. La situation a été très très tendue hier, au regard des modes d’action qui ont été utilisés par les terroristes. Il s’agit des véhicules kamikazes, des engins explosifs improvisés, des drones kamikazes, des tirs indirects et surtout aussi des actions directes contre nos positions.
Mon général, et quelle est la situation actuelle aujourd’hui sur le terrain ?
Pour la suite de la question, la riposte très professionnelle des FAMa a permis de mettre en déroute l’ennemi et cette riposte a vraiment été à la hauteur des menaces, des attaques qui ont été commanditées par les terroristes. Avec la neutralisation, pour le moment, on est en décompte. On est à plus d’environ, sur l’ensemble, de toutes les attaques qui ont été faites, on a plus de 200 terroristes qui ont été neutralisés. Ça, c’est sans compter, peut-être, les recherches continuent à présent, et plusieurs équipements militaires qui ont été aussi récupérés.
Quand on voit l’ampleur des attaques comparée à notre bilan ami, vraiment relatif, je pense que la riposte était vraiment à hauteur de souhait. On sait qu’aujourd’hui, les terroristes sont à des mandats. Ils sont à des mandats, et puis, ils essayent d’aller un peu dans la perfidie en portant des tenues militaires pour essayer de s’infiltrer dans la population, se réorganiser aux abords des localités pour essayer de reprendre.
On sait aussi que la situation s’est rétablie progressivement dans les localités qui ont été attaquées, excepté la particularité de la région de Kidal, là où nous sommes dans une réadaptation de notre dispositif.
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Et est-ce que le bilan a évolué d’ici là ?
Oui, le bilan a évolué tous les jours. Même aujourd’hui, nous avons mené des actions contre les terroristes. Les ratissages continuent pratiquement dans toutes les localités, et nous les recherchons, nous les poursuivons, nous les détruisons. Partout, ils se trouveront.
Et quelles sont les perspectives, en général ?
Les perspectives, nous continuons à réadapter notre dispositif, surtout à renforcer nos positions pratiquement dans toutes ces localités et d’autres localités qui n’ont pas été touchées par ces différentes attaques. On sait que le plan de déstabilisation est vraiment vaste, il est complexe. Donc, ça, c’est une alerte pour nous. Nous nous tenons prêts vraiment à faire face à toute éventualité.
On sait que l’analyse de la situation actuellement au niveau des terroristes, c’est qu’ils veulent continuer ce plan de déstabilisation en mettant des pressions sur les différentes localités, comme vous l’avez vu. Régulièrement, il y a des informations qui font état des gens infiltrés par-ci, par-là.
Ils veulent aussi couper les axes, mettre la pression sur les axes de ravitaillement au niveau des grandes localités. La particularité de la région de Kidal, c’est que nous sommes dans un processus de réadaptation de nos forces avec un repositionnement de nos forces sur la localité d’Anefis, en gardant pratiquement toutes nos positions. Donc nous restons dans la région de Kidal. Cette adaptation du dispositif rentre dans le cadre d’une flexibilité, d’une adaptabilité de nos missions. Nous voulons avoir des facilités efficaces d’adaptation et la conduite de nos opérations, y compris la protection des populations et de leurs biens.
Aujourd’hui, la lancée dans laquelle les terroristes sont aujourd’hui, il s’agit de faire des amalgames. Aujourd’hui, la réadaptation de ce dispositif-là rentre dans ce sens. Il s’agit vraiment de minimiser et de relativiser ce que les terroristes veulent que nous fassions.
Pour terminer, avez-vous un message particulier pour la population dans cette période difficile ?
L’appel que j’ai à lancer aux populations, c’est de rester calmes. Depuis hier, on a dit de laisser les FAMa faire le travail. Nous allons continuer à rechercher et à neutraliser ces terroristes. C’est notre mission régalienne.
Deuxièmement, je veux demander aux populations maliennes de ne pas se laisser distraire. Aujourd’hui, il y a beaucoup de choses qui se disent. Ce n’est que vraiment des propagandes. Surtout, évitez d’écouter beaucoup d’informations. Pour moi, s’en tenir au communiqué de de l’état-major des armées. Ce communiqué reste vraiment crédible. Le dernier point, c’est d’éviter les amalgames. Quelle qu’en soit la situation, nous devons rester maliens. Nous devons rester professionnels. Les FAMa sont là pour assurer cette mission régalienne.
Nous demandons l’aide de la population. Toutes les situations un peu confuses, où elles ne comprennent pas, qu’elles appellent les forces armées et la sécurité. Nous allons faire du travail.
La Rédaction




