Ousmane Almoudou, secrétaire général du BEN-SYNEFCT et porte-parole de la synergie des syndicats signataires du 15 octobre 2016
Dans un contexte national marqué par les récentes attaques terroristes et un climat de deuil, les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 annoncent le retrait de leur préavis de grève de 72 heures. Une décision présentée comme responsable et temporaire, prise à l’issue d’une réunion extraordinaire tenue le 2 mai 2026 à Bamako.
Après avoir rendu hommage aux victimes des attaques du 25 avril 2026 dans un précédent communiqué, les organisations syndicales – SYNEM, SYNEFCT, SYLDEF et FENAREC – ont procédé à une analyse approfondie de la situation nationale. Au cœur des échanges : la dégradation du climat sécuritaire et la fragilité de l’État, considéré comme un partenaire clé dans la prise en charge des revendications du secteur éducatif.
Dans leur déclaration, les syndicats soulignent que « lors de leur réunion extraordinaire, ils ont analysé la situation sécuritaire du pays, la situation de fébrilité de l’État, partenaire essentiel dans la résolution des revendications et le préavis de grève ».
La disparition tragique du Général d’armée feu Sadio Camara, perçu comme un allié du monde éducatif, a également pesé dans la balance. Les syndicats se disent « meurtris par la disparition tragique du Général d’armée feu Sadio CAMARA, grand ami des enseignants », traduisant ainsi l’émotion qui traverse la nation.
Dans ce contexte, ils affirment faire confiance aux engagements pris par les autorités rencontrées récemment. « Tirant les conclusions de ces analyses […], les syndicats retirent, en toute souveraineté et sans pression aucune, leur préavis de grève de 72 heures », peut-on lire dans le communiqué.
- A LIRE AUSSAU : https://icimali.com/grande-gueule-maintenant-nous-devons-construire-tiefing-sissoko-44784-2/
Grande Gueule : « Maintenant, nous devons construire », Tiefing Sissoko
Un retrait provisoire
Toutefois, les organisations syndicales tiennent à préciser le caractère temporaire de cette décision. Elles réitèrent leur engagement à défendre les intérêts des enseignants et préviennent qu’un nouveau préavis pourrait être déposé à la rentrée scolaire si aucune avancée concrète n’est enregistrée. « Ce retrait est provisoire et le préavis interviendrait à la rentrée si les revendications ne trouvaient pas de satisfaction d’ici là », avertissent-elles.
En conclusion, les syndicats lancent un message de cohésion et de responsabilité collective dans cette période sensible : « Ensemble, nous pouvons ».
Une posture d’apaisement donc, dans un moment où la stabilité nationale apparaît comme une priorité partagée, sans pour autant renoncer aux revendications du monde éducatif.
Mariam DOUMBIA




