Chef d’Escadron Djibrilla Maïga, Directeur-Adjoint de l’Information et des Relations Publiques des Armées (DIRPA)
La Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées (DIRPA) a animé, mardi 6 mai 2026, un point de presse consacré à la situation sécuritaire actuelle du Mali. Cette rencontre, dirigée par le sous-directeur des Relations publiques, le Chef d’Escadron Djibrilla Maïga, a permis de revenir sur les attaques terroristes du 25 avril dernier, les risques liés à la désinformation ainsi que le rôle attendu des populations et des médias dans le contexte de guerre que traverse le pays.
Face aux journalistes, l’officier a structuré son intervention autour de trois axes majeurs : les attaques du 25 avril et les opérations militaires en cours, les amalgames constatés après ces événements et, enfin, un message de sensibilisation adressé à la population.
Le Chef d’Escadron Djibrilla Maïga a qualifié les attaques du 25 avril 2026 de « tentative vaine et désespérée de déstabilisation de l’État ». Selon lui, les groupes terroristes auraient bénéficié de soutiens internes et externes dans l’exécution de leur plan. « Ce funeste projet, savamment orchestré, avait pour but d’attenter à la vie de nos autorités », a-t-il déclaré.
Le responsable de la DIRPA a révélé que plusieurs véhicules kamikazes avaient été mobilisés, notamment contre le domicile du ministre d’État chargé de la Défense, feu le Général d’armée Sadio Camara, ainsi qu’un autre visant la résidence du Chef de l’État, le Général d’armée Assimi Goïta.
Grâce à « la promptitude et à la réactivité » des Forces armées maliennes (FAMa), ces attaques auraient été contenues. « Nos hommes ont combattu jusqu’à la dernière énergie en consentant le sacrifice ultime pour que le Mali demeure », a insisté le Chef d’Escadron Maïga.
Des opérations militaires toujours en cours
Le point de presse a également été l’occasion de faire le bilan des opérations de riposte engagées après les attaques. Selon la DIRPA, plusieurs centaines de terroristes ont été neutralisées, tandis que des motos et véhicules ont été récupérés ou détruits. L’armée affirme maintenir la pression sur les groupes armés grâce aux reconnaissances offensives menées au sol, aux surveillances aériennes et aux frappes effectuées par drones et avions militaires.
Dans la région de Kidal, l’armée indique procéder à une « ré-articulation » de son dispositif militaire, notamment dans les localités d’Anéfis et d’Aguelhoc. La DIRPA a également annoncé le rétablissement effectif du dispositif militaire à Labbezanga. « Les FAMa ont montré encore une fois leur professionnalisme en portant un échec à ce projet funeste des terroristes et de leurs sponsors », a soutenu l’officier.
Selon le sous-directeur des Relations publiques, les groupes armés tentent désormais de perturber les grands axes routiers autour de Bamako par des infiltrations et des attaques ciblées. Il a toutefois assuré que les axes Wéléssébougou-Bougouni et Ségou-Bamako demeurent praticables, même si les routes de Kayes et Kita constituent actuellement l’axe d’effort des terroristes.
« Les opérations sont actuellement en cours pour rendre ces axes praticables », a-t-il affirmé, ajoutant que les FAMa restent mobilisées pour garantir l’approvisionnement du pays, notamment en carburant.
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Contre les amalgames
La DIRPA a également dénoncé certaines réactions populaires observées après les attaques du 25 avril dernier, marquées par des suspicions et agressions contre des citoyens présentés comme des terroristes présumés. « Il n’est pas donné à tout le monde de savoir qui est terroriste et qui ne l’est pas », a rappelé Djibrilla Maïga.
L’armée appelle ainsi les populations à remettre toute personne suspecte aux services compétents plutôt que de recourir à la vindicte populaire. Selon lui, un terroriste capturé vivant représente « une mine d’informations » pour les services spécialisés.
Une large partie du point de presse a porté sur les dangers de la désinformation et des manipulations psychologiques diffusées sur les réseaux sociaux. Le Chef d’Escadron Maïga a cité l’exemple de messages vocaux évoquant prétendument des milliers de motos terroristes convergeant vers certaines localités, dénonçant des informations destinées à « créer la peur dans les cœurs ». « Le terrorisme le plus impactant, c’est le terrorisme psychologique », a-t-il averti.
La DIRPA a invité les citoyens à éviter le partage d’informations non vérifiées et à faire preuve de prudence avant toute diffusion de contenus sensibles, notamment les images de soldats tombés au combat. « Nos soldats sont les remparts de notre liberté et de notre souveraineté », a rappelé l’officier.
Appel aux médias et aux citoyens
S’adressant directement aux journalistes, le représentant de la DIRPA a insisté sur la nécessité du recoupement et du fact-checking avant publication des informations sécuritaires. « Nous considérons les journalistes comme les soldats de l’information », a-t-il déclaré, estimant que les médias jouent un rôle central dans la guerre psychologique et informationnelle actuelle.
Il a également invité les acteurs des médias et les « libres penseurs » à toujours tenir compte du contexte national dans leurs productions. « Le contexte, c’est que nous sommes un pays en guerre. Et dans un pays en guerre, nous devrions défendre les intérêts supérieurs de la nation », a-t-il conclu.
Pour finir, DIRPA a salué la résilience du peuple malien ainsi que le soutien manifesté aux FAMa dans les différentes localités touchées par les attaques du 25 avril.
Cyril Roc DACK




