Oumane Sonko, Premier ministre, Chef du Gouvernement du Sénégal
À l’Arena, au milieu des applaudissements et des slogans, une phrase d’Ousmane Sonko a résonné bien au-delà des murs de la salle : « Le pays a assez souffert des combines et de complots. Il a besoin de stabilité, de paix. »
Une phrase simple. Trop simple, peut-être, pour ceux qui ont passé des années à prospérer dans les couloirs obscurs de la politique sénégalaise, là où les intrigues se négocient comme des marchandises et où les complots sont parfois plus nombreux que les projets de développement.
Pendant longtemps, le Sénégal a ressemblé à un théâtre où certains acteurs passaient plus de temps à écrire des scénarios de déstabilisation qu’à résoudre les problèmes des citoyens. Les alliances se faisaient au petit-déjeuner, les trahisons au déjeuner et les réconciliations de circonstance au dîner. Une véritable industrie nationale de la combine.
En rappelant que le pays a besoin de stabilité et de paix, Sonko ne parle pas seulement à ses militants. Il adresse un message à toute une classe politique parfois intoxiquée par la culture du règlement de comptes permanent. Car aucun État ne peut avancer lorsque l’énergie nationale est consommée dans la fabrication de crises artificielles.
La paix n’est pas la soumission. La stabilité n’est pas l’immobilisme. Elles sont les conditions minimales pour construire, investir, réformer et espérer. Un pays qui passe son temps à conspirer contre lui-même finit toujours par perdre contre ses propres ambitions.
À l’Arena, Sonko a peut-être prononcé l’une des phrases les plus importantes du moment : le Sénégal a davantage besoin de bâtisseurs que de comploteurs, davantage de vision que de manœuvres, davantage de paix que de petites guerres de palais.
Car à force de jouer avec le feu des intrigues, certains ont oublié une évidence : lorsqu’un pays brûle, même les pyromanes finissent par sentir la fumée.
Malick BA dans Chronique Média




