De gauche à droite : Général de Division Abdoulaye Maïga, Premier ministre et Chef du Gouvernement, Général de Corps d'armée, Sadio Camara, ministre de la Défense et des Anciens combattants, Général de corps d'armée Ismaël Wagué, ministre de la réconciliation, de la paix et de la cohésion nationale, et Alousséni Sanou, ministre de l'économie et des finances
Lors d’un remaniement du jeudi 12 février 2026, trois ministres ont vu leur statut renforce par le titre « Ministre d’État ». Général de Corps d’armée, Sadio Camara de la Défense et des Anciens combattants, Alousséni Sanou de l’économie et des finances et Général de corps d’armée Ismaël Wagué de la réconciliation, de la paix et de la cohésion nationale ont hérité de ce statut.
Dans le débat public malien, la confusion est fréquente. Certains commentaires prêtent au ministre d’État un statut équivalent, voire supérieur, à celui du Premier ministre, Général Abdoulaye Maïga. Une lecture hâtive, qui mélange protocole et architecture institutionnelle.
Dans l’ordonnancement politique du Mali, le Premier ministre demeure le chef du Gouvernement. Nommé par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, il conduit l’action gouvernementale et coordonne l’ensemble des ministres. Aujourd’hui, cette responsabilité incombe au Général Abdoulaye Maïga, garant de la cohérence de l’action publique et de l’exécution des orientations fixées au sommet de l’État.
Le ministre d’État, quant à lui, est un ministre dont le rang protocolaire est élevé. Le titre marque une importance politique particulière, souvent liée à la sensibilité du portefeuille confié ou au poids stratégique du secteur concerné. Mais il ne s’agit ni d’un chef de Gouvernement bis, ni d’un contre-pouvoir interne. Il reste placé sous l’autorité du Premier ministre.
Il faut donc distinguer le symbole de la réalité institutionnelle. Le titre peut impressionner. La hiérarchie, elle, ne change pas. Dans tout système gouvernemental structuré, la clarté des responsabilités est un principe cardinal. Sans cela, la coordination s’effrite, les arbitrages se brouillent et l’autorité se dilue. Prions de ne pas en arriver là.
L’enjeu dépasse la simple sémantique. Dans un contexte de Transition, où l’efficacité de l’action publique est scrutée avec exigence, la compréhension des rôles n’est pas un luxe. Elle est une nécessité démocratique. Savoir qui décide, qui coordonne et qui exécute, c’est renforcer la lisibilité de l’État.
En définitive, le Premier ministre demeure l’architecte de l’action gouvernementale. Il incarne un rang élevé, le second détient la direction. Confondre les deux reviendrait à substituer l’apparence à la structure. Et, en matière institutionnelle, l’apparence ne gouverne pas.
Cyril Roc DACK




