Dans une lettre ouverte adressée à l’Union Africaine à l’occasion du 8ème anniversaire de la Journée Africaine de Lutte contre la Corruption, et dont le contenu ci-dessous, le Réseau des Associations Maliennes de Lutte contre la Corruption et la Délinquance Financière (RAMLCDF), avec à sa tête M. Moussa Ousmane, félicite l’organisation continentale pour avoir reconnu le rôle important des lanceurs d’alerte dans la lutte contre la corruption. M. Moussa Ousmane Touré réaffirme l’engagement du réseau à travailler avec l’UA à travers l’AUABC, la CADHP, l’Architecture de gouvernance africaine, d’autres Organes connexes.
RAMLCDF Intégrité – Redevabilité
Réseau des Associations Responsabilité – Transparence
Maliennes de Lutte contre la
Corruption et la Délinquance Financière
N02024/…/RAMLCDF-P
A
l’Union Africaine à l’occasion du 8ème anniversaire de la Journée Africaine de Lutte
contre la Corruption
Lettre ouverte du Réseau des
Associations Maliennes de Lutte
contre la Corruption et la Délinquance Financière
Aux dirigeants de l’Union Africaine,
A l’occasion du 8ème anniversaire de la journée africaine de lutte contre la corruption, sous le thème de la protection des lanceurs d’alerte, le Réseau des Associations Maliennes de Lutte contre la Corruption et la Délinquance Financière, en abrégé RAMLCDF – à travers ses 30 organisations le composant – profite de cette opportunité et :
1. Félicite l’Union Africaine (UA) pour avoir reconnu le rôle important des lanceurs d’alerte dans la lutte contre la corruption, comme l’indique le thème retenu pour cette année : « Un mécanisme de protection efficace des lanceurs d’alerte : un outil essentiel dans la lutte contre la corruption ».
2. Rappelle aux dirigeants africains que la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption (AUCPCC) ordonne aux État parties de protéger les lanceurs d’alerte, en prévoyant spécifiquement dans l’article 5 (5) que les États parties s’engagent à adopter des mesures législatives et autres pour protéger les informateurs et les témoins en cas de corruption et infractions connexes, y compris la protection de leur identité » et l’article 5 (6) d’«adopter des mesures qui facilitent la population de dénoncer les pratiques de corruption sans avoir peur des conséquences de représailles».
3. Note avec inquiétude qu’après plus de 20 ans d’existence de l’AUCPCC, seule une poignée d’États membres de l’Union ont promulgué la législation spécifique pour protéger les lanceurs d’alerte.
4. Note aussi avec une grande inquiétude que les lanceurs d’alerte dans de nombreux pays africains continuent de faire face quotidiennement à des conséquences négatives très graves pour avoir révélé des cas de corruption qui sans cela resteraient cachés ! Leur contribution courageuse est pourtant très urgente à faire progresser les efforts de lutte contre la corruption en Afrique.
5. Appelle de toute urgence la Commission de l’Union africaine (CUA) à travers le Conseil consultatif de l’Union africaine contre la corruption (AUABC) et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) à faire progresser les efforts visant à fournir à l’UA une loi modèle sur la protection des lanceurs d’alerte de telle manière à aider les pays membres de l’UA à développer la législation nationale de protection des dénonciateurs.
6. Exhorte les États africains ne disposant pas de lois sur la protection des lanceurs d’alerte à prendre rapidement des mesures pour promulguer de telles lois conformément à l’AUCPCC et aux normes internationales.
7. Réaffirme notre engagement à travailler avec l’UA à travers l’AUABC, la CADHP, l’Architecture de gouvernance africaine, d’autres Organes connexes et plus particulièrement les agences nationales anti-corruption dans nos différents États membres de faire tous les efforts pour éliminer la corruption de la vie quotidienne des citoyens à travers le continent.
8. Transmet les assurances de notre plus haute considération.
Fait à Bamako, le 11 juillet 2023
P/Le RAMLCDF
Le Président
Moussa Ousmane TOURÉ