Les neuf citoyens formulent plusieurs propositions qu’ils jugent indispensables pour renforcer la crédibilité et l’efficacité des partis politiques, à savoir ‘’ le renouvellement du multipartisme à travers la dissolution des partis politiques, le dépôt obligatoire d'un projet de société, idéologique et politique dans le cadre de tout nouveau dossier de création d’un parti, la perte du statut juridique par tout parti n’ayant pas présenté de candidat dans deux (02) élections locales ou législatives consécutives’’ et ’’ l’obligation de la tenue des primaires internes pour la désignation des candidats des partis à toutes les élections’’.
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Mali : Vers une refonte radicale du paysage politique en 2026

Dans son adresse à la Nation du 31 décembre 2025, le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a tracé les contours d’une année 2026 décisive. Placée sous le signe de la « refondation », cette année verra l’ouverture d’un vaste chantier législatif visant à redéfinir les conditions de formation et d’exercice des partis politiques.

Le Chef de l’État a été clair : le système partisan actuel, tel qu’hérité des dernières décennies, ne répond plus aux aspirations des Maliens. S’appuyant sur les conclusions des Assises Nationales de la Refondation (ANR), le Général Assimi Goïta a rappelé la « vive préoccupation » de la population face aux dérives et aux dysfonctionnements du paysage politique. Ces failles, selon le Président, constituent le terreau de la mauvaise gouvernance que la Transition s’est jurée de combattre.

L’annonce du 31 décembre s’inscrit dans une continuité logique. Fidèle aux recommandations des Assises, le Chef de l’État avait déjà réuni les forces vives de la Nation en avril 2025. L’objectif était alors de préciser les modalités de relecture de la Charte des partis politiques.

Les conclusions de ces consultations d’avril ont été radicales. Pour assainir la vie publique, les participants ont recommandé la dissolution des partis politiques actuels afin de repartir sur des bases plus saines et la réalisation d’un audit approfondi des formations politiques existantes.

La suite est connue. Tous les partis politiques et organisations à caractère politique ont été dissouts en mai 2025 par un décret présidentiel du Général Assimi Goïta. L’audit, lancé en juin 2025 par la Section des comptes de la Cour suprême du Mali et visant à ‘’vérifier l’utilisation des fonds publics alloués aux partis politiques de 2000 à mai 2025’’ a été publié le 29 décembre 2025.   Le rapport révèle des subventions publiques à plus de 24,6 milliards de francs CFA entre 2000 et 2019.

Temps des concertations et de la loi

Conformément à l’article 39 de la Constitution, l’année 2026 sera celle de la mise en œuvre technique et démocratique de ces réformes. Le Président Goïta a annoncé l’ouverture imminente de concertations autour de l’avant-projet de loi déterminant les nouvelles règles du jeu politique. « L’année 2026 ouvrira le chantier des concertations nécessaires autour de l’avant-projet de loi déterminant les conditions de formation et d’exercice des activités des partis politiques », a déclaré le Général d’Armée Assimi Goïta.

Ce processus, qui se veut inclusif et participatif, vise à transformer les recommandations citoyennes en un ‘’cadre juridique solide’’, affirme un acteur politique. « L’enjeu est de taille : passer d’une multitude de formations souvent jugées inefficaces à des partis politiques structurés, transparents et véritablement au service de l’intérêt national », fait-il croire.

Cyril ADOHOUN

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