Dr Amadou Sy Savané, ministre de l’Éducation nationale du Mali
Le Bureau du Vérificateur Général a publié, le 17 février 2026, un rapport de vérification de conformité portant sur les dépenses exécutées en 2025 dans le cadre du Projet de financement des dépenses récurrentes pour une amélioration des services sociaux de base au Ministère de l’Éducation nationale. Les enquêteurs ont noté des irrégularités financières portant sur plusieurs millions de FCFA.
Ladite vérification, selon le BVG, avait pour objectif de s’assurer du respect des différentes étapes de la procédure d’exécution des dépenses publiques ainsi que de l’existence des pièces justificatives correspondantes. Les investigations ont porté sur le District de Bamako ainsi que sur les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Bougouni et Koutiala. Au total, l’équipe de vérification a examiné 37 095 922 566 FCFA de dépenses. Selon le rapport, 3 892 977 857 FCFA de dépenses payées ne font pas partie des lignes budgétaires éligibles, tandis que 141 319 660 FCFA de dépenses sont jugées irrégulières. En revanche, 33 061 625 049 FCFA ont été considérés comme réguliers et éligibles au remboursement.
Le rapport indique notamment que certaines dépenses réglées par le Trésor public ne figurent pas parmi les lignes budgétaires identifiées dans l’annexe de l’aide-mémoire de la Banque mondiale. Il s’agit particulièrement de dépenses enregistrées sur les codes économiques « 60-6-9-04 : Matériel didactique » et « 60-6-9-01 : Autres dépenses (Santé & Sports) ». « Le montant total des dépenses inéligibles s’élève à 3 892 977 857 FCFA », précise l’équipe de vérification dans son rapport.
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Les vérificateurs ont également constaté des irrégularités dans le paiement des indemnités liées à l’évaluation des candidats de l’enseignement technique. Ainsi, les enquêteurs ont constaté que des régisseurs spéciaux d’Académies d’enseignement ont appliqué des coefficients multiplicateurs au taux réglementaire de 475 FCFA par copie, soit 1,5 pour les examens professionnels du tertiaire et 3 pour l’industrie. Or, ces coefficients ne sont pas prévus par l’arrêté fixant les frais d’évaluation. Les responsables concernés ont produit une Note de Service n°09-081/MEALN-CNECE du 14 octobre 2009 pour justifier cette pratique. Mais pour les vérificateurs, cette justification ne tient pas juridiquement. « Une note de service ne peut pas modifier les dispositions d’un arrêté », souligne le rapport, qui chiffre à 141 319 660 FCFA le montant total des frais d’évaluation irrégulièrement payés.
Par ailleurs, le Bureau du Vérificateur Général relève aussi des aspects conformes dans l’exécution des dépenses. La Direction des Finances et du Matériel, les services déconcentrés de l’Éducation et certaines collectivités territoriales ont respecté les procédures d’engagement, de liquidation et d’ordonnancement prévues par la réglementation. « Pour chacune de ces dépenses, les documents exigés par la réglementation ont été fournis à l’équipe de vérification », indique le rapport.
Les vérificateurs précisent également que les services du Trésor public ont procédé au paiement effectif des fournisseurs et prestataires concernés. Le montant total de ces dépenses régulières s’élève à 33 061 625 049 FCFA.
Au terme de la mission, le Bureau du Vérificateur Général conclut que les règles et procédures ont été globalement respectées pour les dépenses validées. Toutefois, le rapport attire l’attention sur les irrégularités constatées, notamment dans le paiement des frais d’évaluation des examens modulaires, qui devront faire l’objet de mesures correctives.
Cyril Roc DACK / Icimali.com




