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Commerce et concurrence : Pourquoi Empé doit revenir 

Nul n’est indispensable certes, mais il y a des hommes qui sont difficilement remplaçables. L’ancien ministre du Commerce et de la Concurrence, Abdel Karim Konaté dit Empé est en un. Il doit revenir à la tête de ce département pour plusieurs raisons.

De mémoire de Malien, jamais un homme n’a fait l’unanimité que le ministre Empé dans la gestion du secteur du commerce et de la concurrence. Mais aussi et surtout dans l’apaisement du climat social. Aujourd’hui, le secteur du commerce et de la concurrence est en sens dessus-dessous. Un désordre indescriptible que les nouveaux responsables du département peinent à gérer.

Secteur hautement stratégique et éminemment rentable pour l’économie nationale, le secteur n’est plus que l’ombre de lui-même. Toutes les filières sont sur les nerfs. Boulangers, commerçants détaillants, les opérateurs économiques, personne ne se reconnait dans le schéma qu’impose les nouvelles autorités à la tête du secteur. Or, sous le règne du ministre Empé, tout le monde était au pas. L’homme, de par son sens élevé d’ouverture et de dialogue, parvenait à satisfaire tout le monde. La ménagère n’a jamais senti des trous dans son panier et l’Etat était solvable et crédible, pendant que les opérateurs économiques s’en léchaient les barbiches. Empé veillait scrupuleusement sur les flux sur le marché et contrôlait les prix, d’où la tenue régulière du Conseil national des prix. Et au delà, il avait instauré un comité de veille qui se réunissait tous les vendredis. Une façon de suivre les fluctuations entre les importations, les exportations et les quantités de denrées sur le marché.

Empé contrôlait tous les secteurs et connaissait au détail près leurs préoccupations. Toute chose qui amenait certains responsables de la filière pain à le qualifier de « sorcier ». « On ne peut rien lui cacher. Il sait toujours tout avant nous-mêmes », s’étonnaient-ils.    Grace à ses efforts, le prix de la miche de pain est passé de 300 à 250 FCFA. Aujourd’hui, par manque de vigilance et d’inattention du gouvernement, les boulangers veulent non seulement augmenter le prix de la miche, mais ils vont jusqu’à prendre le ministre en otage dans ses locaux. Manque d’autorité, quand tu nous tiens !

Ce secteur n’est pas le seul à l’agonie, les receleurs de ferrailles sont sur le pied de guerre. Car, le ministère leur interdit l’exportation au profit des sociétés nationales qui ne parviennent pas à transformer certaines catégories de ferraille. Cette situation engendre ainsi un manque à gagner considérable pour ces pauvres ferrailleurs, dont dépend la vie de plusieurs centaines de personnes.

Au delà du secteur du commerce, les qualités de négociateur d’Empé ont transcendé les murs de son département. Ce n’est pas la ministre Racky Talla et Abdoulaye Idrissa Maïga qui diront le contraire. Dans les moments les plus chauds de l’effervescence du front social, Abdel Karim Konaté a sauvé la mise au gouvernement. Et a permis de ramener les uns et les autres à la raison, évitant ainsi au pays des conséquences très fâcheuses. Sa sortie du gouvernement a surpris plus d’un, car le pays avait encore besoin de lui.

Avec la situation de déliquescence très avancée dans laquelle se trouve le secteur du commerce et de la concurrence, à laquelle est venu se greffer le front social devenu frileux depuis, le retour de Empé est une nécessité qui crève les yeux.

Dieu veille !

Harber MAIGA

Source: Azalaï Express

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