Rencontre des Ministres en charge de l’Industrie, du Commerce et du Secteur privé de la Confédération des États du Sahel (AES)
Ouagadougou a abrité les travaux de la 4ᵉ rencontre des Ministres en charge de l’Industrie, du Commerce et du Secteur privé de la Confédération des États du Sahel (AES). Sous la présidence du Premier ministre burkinabè, le Camarade Jean-Emmanuel Ouédraogo, cette session a été marquée par une volonté farouche de rompre avec les anciens modèles pour bâtir une économie sahélienne forte, intégrée et résiliente.
Le Mali a marqué sa présence à ce rendez-vous crucial par la participation active de son Ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane DIALLO. Aux côtés de ses homologues du Niger et du Burkina Faso, le ministre malien s’est affiché à la tête d’une forte délégation stratégique.
Cette équipe dépêchée par Bamako comprenait notamment des représentants de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali, du Conseil National du Patronat du Mali, de l’Office des Produits Agricoles du Mali, ainsi que le Directeur Général de l’Agence pour la Promotion des Investissements. Une telle représentativité, mêlant structures publiques et organisations patronales, témoigne de l’engagement indéfectible du pays en faveur du développement d’un secteur privé compétitif à l’échelle de la confédération.
Dans son allocution, le Ministre Moussa Alassane DIALLO a d’abord tenu à saluer la vision prospective des Chefs d’État de l’AES, laquelle vise à transformer le Sahel en un espace économique intégré, souverain et prospère. Face aux défis géopolitiques et économiques du moment, le ministre malien a résolument plaidé pour le pragmatisme en invitant ses pairs à adopter des solutions réalistes et directement adaptées aux réalités du terrain.
Pour traduire cette vision en actes, le Ministre DIALLO a formulé plusieurs recommandations majeures destinées à transformer l’écosystème commercial de la région. Il a notamment insisté sur une affirmation beaucoup plus forte de la préférence nationale dans l’attribution des marchés publics, parallèlement à une promotion active de la consommation des produits locaux.
Selon le chef de la délégation malienne, cet élan doit impérativement s’accompagner d’un renforcement de la lutte contre la fraude, la contrefaçon et la concurrence déloyale qui asphyxient les producteurs. Enfin, il a préconisé un soutien accru et un accompagnement rigoureux des entreprises dans le respect des normes de qualité. Ces différents leviers apparaissent désormais indispensables pour accroître la compétitivité des entreprises de l’AES, stimuler les exportations et renforcer la résilience économique globale de la Confédération.
Dialogue public-privé renforcé
Au-delà des orientations institutionnelles, cette quatrième rencontre a été le catalyseur d’un dialogue direct et constructif entre les pouvoirs publics et les acteurs économiques des trois pays.
Les échanges ont permis de consolider les relations autour d’actions concrètes et partagées. L’objectif final reste de faciliter les investissements transfrontaliers, d’accroître de manière significative les flux commerciaux et de soutenir activement l’émergence de filières industrielles hautement compétitives dans tout l’espace AES. En posant ces bases d’une coopération économique endogène, l’alliance sahélienne démontre qu’elle avance, pas à pas, vers une véritable indépendance économique.
Cyril Roc DACK




