Professeur Landouré, maître de conférences en neurologie ( à droite), et Habibou Sawané , Secrétaire Général du Conseil National de la Jeunesse (CNJ) du Mali ( au milieu)
Ce jeudi 23 juillet 2026, l’Espace Urgol Café a servi de cadre à un grand rendez-vous d’échange et d’inspiration destiné à la jeunesse malienne. Placé sous le thème : « Apprendre à tout prix pour servir mon pays », cet événement a réuni des professionnels de la santé, des acteurs communautaires ainsi qu’une foule d’élèves et d’étudiants venus puiser les clefs de leur réussite future. Deux figures inspirantes ont animé la conférence : le Professeur Landouré, maître de conférences en neurologie, et Habibou Sawané, dit « Habiboulah », Secrétaire Général du Conseil National de la Jeunesse (CNJ) du Mali.
Médecin et chercheur émérite, le Professeur Landouré a partagé avec l’assistance son attachement viscéral à la patrie. Malgré d’importantes opportunités d’études et de carrière à l’étranger, il a fait le choix délibéré de revenir exercer au Mali. « Tout ce qui m’a ramené, c’est l’attachement au pays, le Mali, l’attachement à mes parents, à mes amis, à ma culture », a-t-il confié avec émotion.
Au-delà de son témoignage, le spécialiste a sensibilisé les jeunes à la neurologie, cette discipline consacrée à l’étude du système nerveux. Il a notamment évoqué ses travaux de recherche sur la maladie de Charcot-Marie-Tooth, une affection génétique héréditaire qui touche les nerfs périphériques, ces véritables câbles reliant la moelle épinière aux muscles et à la peau. Un exemple concret qui montre que la recherche scientifique de haut niveau peut et doit s’épanouir sur le sol national.
Prenant la parole à son tour, le conférencier Habibou Sawané a captivé l’auditoire par un parcours riche et polyvalent. Co-fondateur de l’Organisation Nationale des Scouts Musulmans du Mali, il a rappelé l’impact constructif du volontariat en soulignant que le scoutisme demeure un devoir envers Dieu, envers autrui et envers soi-même. Parti de seulement cinq personnes à ses débuts, le mouvement compte aujourd’hui plus de quatre cents volontaires sur le territoire, perpétuant une tradition d’engagement ancrée au Mali depuis bien avant l’indépendance.
Le conférencier a profité de cette tribune pour poser un diagnostic sans concession sur le système éducatif actuel. Pensée aux XIXᵉ et XXᵉ siècles, l’école traditionnelle formait autrefois les jeunes à l’emploi public direct. Cependant, depuis l’instauration des concours administratifs en 1983, la demande a largement dépassé l’offre. Le constat est sans appel : l’école actuelle continue de former majoritairement des demandeurs d’emploi plutôt que des créateurs d’opportunités, délaissant le développement personnel et la culture entrepreneuriale.
Pour pallier ces lacunes, Habiboulah a fait de l’écriture une passion et un outil de transmission. Auteur de plusieurs ouvrages, il a dévoilé la genèse de ses livres écrits pour décoloniser l’école africaine, libérer les apprenants et permettre à chacun de s’approprier son savoir. Dans ses écrits, il propose notamment dix manières complémentaires d’apprendre au-delà des salles de classe.
Des clefs concrètes pour la réussite de la jeunesse
Face à un marché du travail saturé, les conférenciers ont insisté sur le prix à payer pour réussir et sur l’urgence pour les apprenants de prendre leur destin en main. Cela passe avant tout par la diversification des modes d’apprentissage, en allant chercher le savoir dans les livres, à travers des conférences ou au contact du terrain.
Les intervenants ont également rappelé que le réseau s’avère souvent plus déterminant que le diplôme lui-même, la participation à des événements communautaires permettant de bâtir des connexions stratégiques pour l’avenir. Il devient tout aussi crucial de dénicher un mentor capable d’orienter les choix de carrière et d’éviter les parcours par défaut.
Enfin, à l’image de la promesse scoute, chaque jeune est invité à accomplir chaque jour une bonne action au service du développement socio-économique de son environnement.
En clôturant ce rendez-vous d’échange, les intervenants ont lancé un appel vibrant à la jeunesse malienne : cultiver une confiance inébranlable en son potentiel, apprendre par passion et mettre chaque compétence acquise au service exclusif de la nation.
S. B. et A.T.




