El Malick Ndiaye, Premier Vice-Président de de l’Assemblée nationale, député du PASTEF-Les Patriotes
Lors de la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre Ahmadou Al Amine Lo, ce mardi 8 septembre 2026, le député du PASTEF-Les Patriotes et ancien président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a exprimé plusieurs réserves sur les orientations du gouvernement. Il a notamment questionné le maintien de la ligne politique de PASTEF, la souveraineté sur les ressources naturelles et la question des responsabilités dans la situation financière du pays. « Où est la rupture ? »
Prenant la parole après la Déclaration de politique générale du Premier ministre, El Malick Ndiaye a d’abord relevé ce qu’il considère comme un paradoxe dans le discours gouvernemental. Selon lui, Ahmadou Al Amine Lo a reconnu la pertinence de plusieurs chantiers engagés par son prédécesseur, Ousmane Sonko, notamment le référentiel Sénégal 2050, le plan de redressement économique et social, la rationalisation de l’État, les audits ainsi que la renégociation des contrats stratégiques. « Nous en prenons acte. La question est de savoir pourquoi alors changer une équipe aussi performante et qui gagne », a lancé le député de PASTEF.
Pour El Malick Ndiaye, cette interrogation renvoie directement à la promesse de rupture portée par le parti au pouvoir. « Avez-vous véritablement l’intention de maintenir le cap fixé par PASTEF tel que vous le réclamez depuis votre nomination ? », a-t-il demandé au Premier ministre.
L’ancien président de l’Assemblée nationale estime que l’alternance politique opérée par les Sénégalais ne devait pas se limiter à un simple changement de dirigeants. « Les Sénégalais n’ont pas voté pour une simple alternance. Ils ont voté pour rompre avec un système qu’ils ont sanctionné par les urnes », a-t-il soutenu.
El Malick Ndiaye a ensuite dénoncé ce qu’il décrit comme le retour progressif, au sein du pouvoir, de certaines pratiques et figures autrefois combattues par PASTEF. « Plus préoccupant encore, ce que nous dénoncions hier comme les fossoyeurs de la République, ce dont nous combattions les pratiques, retrouve aujourd’hui les allées du pouvoir par la grande porte », a-t-il déclaré.
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Au cœur des divergences
El Malick Ndiaye a également placé la question de la souveraineté économique et énergétique au centre de son intervention. Il s’est particulièrement interrogé sur le calendrier permettant au Sénégal de renforcer sa maîtrise de l’exploitation de ses ressources naturelles. « Vous estimez qu’il faudrait attendre d’avoir accumulé suffisamment de moyens avant d’envisager une maîtrise plus importante de leur exploitation. Mais, Monsieur le Premier ministre, à quel horizon ? », a-t-il interpellé.
Pour le député, attendre plusieurs années avant d’engager une stratégie de souveraineté pourrait repousser considérablement les ambitions nationales, compte tenu du temps nécessaire à la réalisation des grands projets pétroliers et gaziers. « Un projet pétrolier ou gazier peut nécessiter plusieurs années avant la première production. Devons-nous donc attendre plusieurs décennies avant d’exercer pleinement notre ambition de souveraineté ? », a-t-il questionné.
Face à cette situation, le parlementaire propose une approche fondée sur la mobilisation de capitaux nationaux et d’instruments financiers adaptés. Il suggère notamment d’identifier dès maintenant un actif stratégique, de le loger dans un véhicule dédié, en partenariat avec Petrosen et les instruments souverains appropriés, puis de mobiliser l’épargne nationale, les investisseurs institutionnels sénégalais, la diaspora, la sous-région et des partenaires techniques. « La souveraineté ne signifie pas tout financer immédiatement sur le budget de l’État. Elle signifie construire les instruments permettant progressivement aux Sénégalais de définir, financer et maîtriser leurs propres ressources », a-t-il expliqué.
Redressement budgétaire et reddition des comptes
La troisième divergence soulevée par El Malick Ndiaye concerne la justice et la transparence dans la gestion des finances publiques. Le député a demandé au Premier ministre de préciser les suites qui seront données aux constats relatifs à la situation financière héritée des précédentes administrations. « Vous décrivez une situation financière extrêmement grave dont le pays aurait hérité. Alors, qui en répondra et quand ? », a-t-il lancé.
Les efforts demandés aux citoyens dans le cadre du redressement économique doivent nécessairement être accompagnés, selon lui, d’un processus visant à établir les responsabilités. « On ne peut pas demander au peuple de payer aujourd’hui et reporter à demain l’établissement des responsabilités », a-t-il martelé.
El Malick Ndiaye estime ainsi que l’assainissement des finances publiques et la recherche des responsabilités ne doivent pas être dissociés. « Redressement budgétaire et reddition des comptes doivent avancer ensemble », a-t-il conclu.
Cyril Roc DACK / Icimali.com




