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Adam Ba Konaré aurait dû se taire…

« Quand ce que tu dis n’est pas plus beau (et plus grand) que le silence, alors tais-toi », dit le proverbe.

Dans une lettre ouverte adressée au CE de l’Adema-Pasj, l’ex première dame du Mali, Madame Konaré Adam Bah s’insurge contre la déclaration du parti de son mari et de son parti, l’Adema-Pasj. En sa qualité de membre-fondatrice, de présidente d’honneur et de militante tout court, elle dit se désolidariser de ladite déclaration car ne partageant pas le contenu.

Et oui la vie, notamment la politique, est ainsi faite ! Mais je ne crois pas qu’elle soit suffisamment qualifiée fut-elle historienne pour vouloir nous donner des leçons de démocratie, de bonne gouvernance et d’histoire tout court.

En effet, la femme de façon générale et celle africaine en particulier, est un vecteur de paix, de cohésion, de  concorde familiale et nationale. Mais chacun sait que Mme Konaré Adam Bah est tout sauf ce modèle de femme. Aujourd’hui elle ose nous parler de démocratie, de liberté d’opinion et d’expression ? Je me permets de rafraîchir sa mémoire que jamais dans l’histoire politique du Mali n’a été tourné qu’après que la Cour constitutionnelle ait annulée les législatives le 13 avril 1997 pour absence de liste électorale que son mari s’est fait élire moins d’un mois après comme Président de la République du Mali en dehors de toute règle de démocratie. Pourtant son mari de président avait eu tout un mandat de 5 ans pour préparer les élections. Il n’en a pas fait son affaire se contentant de manœuvrer avec hélas la même ADEMA qui 25 ans plus tard demeure la même avec ses tares et ses écueils.

Le professeur est mal placé pour nous parler du droit de manifester ! Elle était où quand son mari, par la boulimie du pouvoir, a osé emprisonner les candidats de l’élection présidentielle de 1997 y compris celui qui a rédigé l’hymne national du Mali, le regretté Seydou Badian Kouyaté et pour se faire bonne conscience a corrompu l’un des candidats, le plus divertissant à l’époque, Mamadou Batourou Diaby pour faire le lièvre afin d’éviter de se faire ridiculiser aux yeux de l’opinion internationale.

De mémoire d’historien puisque c’est votre matière, jamais régime dit démocratique au Mali n’a jamais été aussi coercitif. Qui aurait imaginé que Alpha Oumar Konaré mette sous le verrou un symbole de son pays, l’écrivain Seydou Badian kouyaté. Il y a de ces fins de vie qui s’expliquent par les actes qu’on a posé quand on était aux affaires. Alpha méconnaissant dans son silence de cimétière aujourd’hui est le fruit amer de tous ces actes à lui imputables durant 10 ans à la tête du Mali.

Jamais entrave n’a autant été portée à la démocratie. Que dire de cette CENI qui a englouti 13 milliards pour juste le confort de votre mari mais au détriment des finances et de la démocratie maliennes. Nul besoin de remuer davantage le couteau dans la plaie… c’était juste quelques rappels pour l’historienne dont la mémoire fuit hélas à moins qu’elle n’ait choisi de s’installer de manière incompréhensible dans le déni et dans l’histoire sélective.

Elle parle de bonne gouvernance a-t-elle oublié que c’est pendant qu’elle était première dame que le Mali a eu des fonctionnaires milliardaires que les institutions financières ont dénoncés à cor et à cri. Elle parle d’égalité des enfants du Mali, où était-elle quand on a organisé un concours spécial d’entrée à l’EMIA pour que son fils Malamine Konaré devienne officier de l’Armée malienne au mépris de la réglementation et de cette sacro-sainte égalité qu’elle brandit aujourd’hui ?

Elle était où quand l’école fut détruite sous le magistère de son mari de Président, enseignant et fils d’instituteur et elle-même professeur d’université ? L’année blanche la plus dure a été décrétée sous le régime de son mari comme dis-je enseignant, et fils d’enseignant.

Elle nous parle de mort lors de ces malheureux évènements que tous les Maliens déplorent, regrettent et condamnent, mais elle était où quand en plein meeting de l’opposition (Coppo) en 1997 il y a eu mort d’homme au palais de la culture ? Le sergent de Police Moussa Diarra n’est pas moins à regretter que ces jeunes tombés ce mois-ci.

Elle était où quand son mari Président a détruit notre outil de défense en faisant de notre pays la risée du monde. Même au plus bas de la situation, le régime militaire a pu contenir la rébellion touareg, l’a combattu et vaincue. Les 1èrs accords de Tanmarasset ont rétabli le Mali dans l’intégralité de sa souveraineté car l’Armée a pris le dessus sur le terrain.

L’historienne que vous êtes, savez distinguer ce qui est vrai de ce qui se raconte au gré des contingences. C’est bien sous Alpha que le Mali a perdu Kidal, mis en place des milices Lafia et Gandakoy pour sous-traiter notre défense nationale. Si ce n’est de la haute trahison ça, c’en est quoi ? Et on comprend pourquoi jamais initiative n’a été prise pour opérationnaliser la Haute cour de justice.

Mais nous la comprenons. Elle a la haine de la volonté divine qui a bien voulu faire de IBK le Président de la République du Mali contre la volonté de son mari revanchard de Président. Madame ce que Dieu a voulu ne peut être empêché par les hommes. Le destin vous connaissez son côté imparable ! C’est ce même destin qui a voulu que votre mari soit président en 1992 alors qu’il était loin d’être le candidat idéal devant de vénérables leaders comme Abdramane Baba Touré, Kadari Bamba, Dioncounda Traoré, Abdoulaye Charles Dagnioko…  IBK que vous haïssez tant a pourtant sauvé votre mari. N’eut été sa poigne, vous ne serez pas là à jouir du confort du statut d’ancienne Première dame.

Quel hommage votre mari n’a pas tenu à son endroit quand il sauvait son mandat et l’offrait un second que rien ne présageait. En ce moment il était le SAUVEUR. Mais un SAUVEUR qui n’avait pas droit de rêver et de caresser une ambition nationale. L’égoïsme pontait déjà. De quel droit vous disposez pour empêcher à IBK le sauveur de votre mari de devenir lui-même président ? Puisqu’il a appris, il pouvait exercer la fonction. Toute pensée contraire est égoïste.

N’est-ce pas par égoïsme que votre mari a refusé que ce même IBK devienne secrétaire général de l’ONU pour succéder à Pierre Boutros-Boustros Ghali quand le secrétaire d’Etat Warren Christopher était venu lui faire la proposition ? À l’époque, Alpha avait bel et bien dit aux américains qu’il voulait réserver son PM à un autre destin. Les faits sont têtus même pour les historiens.

Madame la donneuse de leçon, sortez de votre amphi imaginaire, et dites aux Maliens où vous étiez quand certains leaders du M5-RFP appelaient les jeunes à prendre des machettes et des coupes-coupes contre nos institutions car la vio-ence verbale est pire que tout autre violence. Où est-ce que vous étiez quand ces leaders que vous semblez amnistier curieusement appelaient les jeunes à aller affronter la mort, les balles réelles parce que disent-ils ils ont appris que le régime va tirer sur la foule et si jamais le régime tire sur la foule, IBK sera « foutu » (comme Moussa le 22 Mars), et d’ajouter qu’il ne va plus tirer sur une autre foule ? Historienne que vous êtes aurait été crédible si elle avait argumenté à la suite de cette autre divertissante opposition les tueries dont vous narrez dans le genre romanesque (parce que vous êtes aussi romancière, bien que ça ne soit pas condamnable pour une grande historienne) ou de l’épopée ! Voilà, chère professeur, contrairement à la mythique 22 mars 1991 ou aux 26 Mars 1991, il n’y a pas de photos, il n’y a pas de film…. Bizarre non aux temps du règne des réseaux sociaux !

Mme Adam Bah Konaré, la démission est un droit. Je pense qu’il faut être courageuse pour se réclamer militante du M5-RFP en quittant purement et simplement Adema-Pasj et en disant à votre mari de Président alias  « Koro Mamourou » de sortir de sa torpeur pour rendre compte au peuple malien. L’ambiguïté, la confusion ne sont pas des qualités à vanter chez un  descendant de Duranton, ce lointain parent par alliance à qui vous avez consacré le meilleur de vos livres.

Aussi à vos complices du M5-RFP que, qu’ils retiennent ceci : la liberté d’exercer son droit à la désobéissance civile prévue à l’article 121 de la Constitution ne doit pas dans son exercice porter atteinte aux différentes libertés notamment la liberté d’aller et venir prévues aux articles 4 et 5 de la même Constitution…

Dura lex, Sed lex !

Kankeletigui Boukobali.

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