Atelier de renforcement des capacités des acteurs de l'Association pour la Promotion des Métaux Précieux (APMP) Mali
L’Association pour la Promotion des Métaux Précieux (APMP) a organisé, le mercredi 8 juillet 2026 à l’hôtel Maeva Palace, un atelier crucial de renforcement des capacités. L’objectif : permettre aux opérateurs économiques locaux de maîtriser les nouvelles réformes et de reconquérir la souveraineté économique du Mali sur ses ressources souterraines.
Le secteur minier malien est en transformation. Afin de ne pas laisser les acteurs locaux en marge de cette révolution législative, l’Association pour la Promotion des Métaux Précieux (APMP), en partenariat avec la Société Africaine des Mines (SAMI SA) et Fortunes Minerals Resources (FMR), a réuni les acteurs du secteur national. Placé sous le thème : « Rôle et place des acteurs nationaux du secteur minier à la lumière du Code minier de 2023 et de la Loi relative au contenu local », cet atelier a été présidé par Yacouba Kébé, chef de cabinet du ministère des Mines et représentant du ministre de tutelle, le Professeur Amadou Keïta.
Créée en 1995, l’APMP est l’une des pionnières du secteur au Mali. Pour son président, Boubacar Ahmadou Touré, cet atelier marque une étape indispensable pour que la richesse minérale du pays profite enfin directement aux Maliens. Tout en saluant le patriotisme et les « actions courageuses » des autorités de la Transition, M. Touré a rappelé les enjeux de ce rendez-vous en ces termes : « La richesse minérale ne peut produire tous ses effets positifs que si les acteurs nationaux occupent pleinement leur place dans la chaîne de valeur minière. Ces opportunités ne pourront être pleinement saisies que si les acteurs concernés maîtrisent les dispositions de ces textes, comprennent leurs droits et leurs obligations. »
Le président de l’APMP a également profité de cette tribune pour saluer la décision présidentielle d’allouer dix-huit milliards de francs CFA, issus du fonds minier de développement local, aux populations locales, avant d’appeler l’ensemble des opérateurs à un « respect strict » de ces nouveaux textes qui engagent l’avenir du pays.
Du code d’attraction au « code de développement »
En ouvrant officiellement les travaux, le chef de cabinet du ministère des Mines, Yacouba Kébé, a mis en exergue le changement de paradigme imposé par la législation de 2023. Fini l’époque où le Mali cherchait simplement à séduire les investisseurs étrangers au détriment de ses propres intérêts. « Le code minier est un code très ambitieux, qui permet au Mali de penser soi-même. Avant, on parlait souvent de code d’attraction, vous passez aujourd’hui à ce que nous appelons un code de développement », a martelé M. Kébé.
Selon lui, ce nouveau cadre juridique offre à l’État et à ses démembrements les outils nécessaires pour exercer pleinement leur souveraineté sur les ressources du sous-sol et maximiser les retombées financières.
S’armer pour la « guerre économique »
Dans un contexte mondial en pleine mutation, le représentant du ministre a rappelé que la maîtrise des ressources naturelles est devenue le principal champ de bataille international. « Nous sommes dans un monde aujourd’hui où les différentes guerres ont beaucoup évolué. Par le passé, on a fait les guerres du territoire, aujourd’hui, il y a la guerre économique. Et la guerre économique nous conduit à la guerre minière. Donc, dans cette guerre-là, chacun doit s’armer », a-t-il prévenu, soulignant que le nouveau code augmente de manière significative les parts de l’État dans les projets miniers.
Cet atelier de formation et d’appropriation, qui s’est déroulé dans un esprit de dialogue constructif, doit permettre aux entreprises maliennes, sous-traitants, fournisseurs, ainsi qu’aux jeunes et femmes entrepreneurs, de transformer ces textes législatifs en véritables leviers de croissance, d’emplois et de prospérité partagée pour tout le peuple malien.
Cyril Roc DACK




