À l’Espace Culturel Urgol Café ce samedi 25 octobre 2024, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, a animé une conférence sur le thème : « Discours pour la jeunesse malienne : se mobiliser pour bâtir la nouvelle Nation ». Ce rendez-vous, destiné à inciter les jeunes à prendre part activement au développement de leur pays, a permis de mettre en avant des enjeux cruciaux, notamment l’engagement citoyen.
D’entrée de jeu, le ministre Fomba a rappelé l’importance de la prise de conscience pour ceux qui aspirent à changer les choses : « Si vous voulez le changement, vous devez connaître votre position », a-t-il déclaré, insistant sur l’importance de savoir d’où l’on part pour s’engager.
Abordant la question de la responsabilité, le ministre a affirmé que les facteurs qui influencent la jeunesse malienne sont avant tout individuels. « Qu’est-ce que tu peux faire pour ton environnement, pour ton pays ? » a-t-il questionné, ajoutant que l’engagement est un élément central pour la contribution au bien commun.
Selon lui, les jeunes sont parfois freinés par une demande d’assistance financière avant de s’engager, situation qu’il déplore : « On a rendu la jeunesse plus paresseuse. Nous sommes arrivés à cette réalité où les jeunes se demandent l’argent avant de s’engager. »
Des valeurs à réintégrer dans le discours national
Le ministre Fomba a souligné la nécessité de redéfinir certains concepts pour les adapter à la culture malienne, en évoquant des notions telles que le « radicalisme », qu’il considère comme étant étrangères à la société traditionnelle du Mali. « Nous devons amener la jeunesse à apporter des pistes de solution. Il faut une prise de conscience, une responsabilité à prendre sur les concepts (radicalisme) qui n’existent pas dans nos langues. Il faut donc les conceptualiser », a-t-il expliqué, soulignant la nécessité d’appropriation culturelle.
Défis actuels et rôle de la jeunesse
Les préoccupations actuelles, comme le changement climatique ou l’insalubrité dans les villes, nécessitent une jeunesse engagée et consciente de son rôle. « Quelle est la position de la jeunesse ? Quel rôle pouvez-vous jouer face aux défis actuels ? » a interrogé le ministre. Il a ensuite rappelé l’importance des outils numériques, tels que Google, Facebook ou TikTok, qui doivent être utilisés pour le développement du pays, et non uniquement pour le divertissement.
Dans un message vibrant à la jeunesse malienne, il a appelé les jeunes à se questionner : « Il est temps que les jeunes se demandent ce qu’ils peuvent faire pour leur pays, et non seulement ce que leur pays peut leur apporter. »
Un parcours au service de la jeunesse
Auparavant, Tieing Sissoko, responsable de l’Espace Culturel Urgol Café, avait tenu à présenter le parcours du ministre Fomba, le qualifiant de « Malien qui s’est battu sur le terrain ». Selon Sissoko, « M. Fomba a la capacité de transformer en or tout ce que ses mains touchent », soulignant ainsi la réputation de travailleur infatigable du ministre.
Avant sa nomination, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba a été coordinateur national de l’organisation Think Peace depuis 2017, consultant pour ONU-Femmes et le PNUD, et formateur à l’École de maintien de la paix. Son expertise en matière d’engagement des jeunes dans les groupes armés, ainsi que sa mission de renforcement des capacités de formation, témoignent de son engagement envers une jeunesse plus forte et mieux formée.
Un appel à l’action
Un jeune de la diaspora malienne, présent à la conférence, a également rappelé aux jeunes l’importance de l’instruction. « Il faut que la jeunesse s’instruise, facteur clé du développement », a-t-il conseillé, plaidant pour que les jeunes saisissent les opportunités d’apprentissage pour contribuer efficacement à l’avenir du pays.
En clôture, le ministre Fomba a exhorté les jeunes à prendre pleinement part à la construction d’un Mali durable.
Cyril Roc DACK / Icimali.com