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Coronavirus/Togo: Les propositions du Mouvement En Aucun Cas pour endiguer la pandémie

DÉCLARATION LIMINAIRE

Le monde entier est secoué, depuis quelques semaines, par un virus meurtrier et hautement contagieux appelé COVID-19.

Si au départ, le Togo en a été épargné, il en est désormais touché. CORONAVIRUS est entré, par effraction, il y a quelques jours dans notre pays et fait déjà ravage au sein de la population. Plusieurs concitoyens en ont été contaminés.

Les Togolais qui, il y a quelques jours s’en moquaient éperdument, vantant que celui-ci n’atteindra pas le Togo, sont totalement affolés et ne savent plus quoi faire. La peur et l’émotion ont pris le dessus. Un tour devant les pharmacies vous édifiera davantage.

Cette situation a amené le gouvernement actuel à prendre des mesures drastiques et draconiennes qui, au demeurant rejoignent les solutions Françaises, Italiennes et Espagnoles mais qui, à notre sens, conduira inévitablement notre pays à un désastre économique et social.

S’il est vrai, en effet, que ces mêmes mesures ont été adoptés ailleurs et que ça marche ( ce qui est à prendre avec des pincettes puisqu’en Italie, en France et en Espagne, pays qui appliquent plus le confinement des gens meurent toujours et on recense toujours de nouveaux cas ) il convient de retenir que chaque pays a ses spécificités. On peut confiner la population contre le CORONAVIRUS mais l’exposer à un virus encore plus meurtrier : la FAIM ; puisqu’au Togo la majorité de nos concitoyens vivent au jour le jour. Un confinement de deux semaines voire d’un mois créera beaucoup plus de dégâts que ne l’aurait fait le CORONAVIRUS.

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De plus, il nous semble anormal de confiner tout le monde chez soi simplement parce que quelques personnes seraient porteurs du virus invisible. Ni Hong-Kong ni la Corée du Sud qui ont connu les plus faibles taux de mortalité face au COVID-19 n’ont imposé de confinement aux personnes saines. Elles se sont organisées différemment. Confiner, en effet, chez eux des gens qui ne sont pas porteurs du virus n’est pas du tout normal. Le seul effet d’une telle mesure est de détruire l’économie et la vie sociale ; un peu comme bombarder une ville pour en éloigner les moustiques porteurs du paludisme.

Nous pensons, au Mouvement En Aucun Cas et à la Ligue Togolaise des Droits des Élèves et Étudiants (LTDE) qu’on peut endiguer autrement ce virus sans aller vers un désastre économique et social et une restriction excessive des libertés individuelles.

Notre solution est simple : Confiner les porteurs du virus uniquement.

Ceci signifie simplement qu’il faudra dépister tous les Togolais et isoler les cas positifs. Ainsi, les autres, c’est-à-dire, les millions de citoyens non-infectés pourront continuer à vaquer librement à leurs occupations.

Retenons là que nous avons défailli à mettre en place les bonnes réponses alors que nous avions eu le temps nécessaire pour nous y préparer. Le manque de tests et de mesures de dépistage en particulier est emblématique de ce naufrage : Alors que la Corée, Hong-Kong et la Chine en faisaient la priorité absolue, nous avons été d’une passivité invraisemblable à organiser la mise à disposition de quelque chose de techniquement simple.

Nous avons adopté, en lieu et place des dépistages, des mesures absolument contraires aux bonnes pratiques : renoncer à dépister les personnes possiblement malades et confiner la population dans son ensemble pour enrayer la diffusion du virus. Mesures à vrai dire moyenâgeuses et problématiques puisqu’elles ne ralentissent l’épidémie qu’au risque de phénomènes de rebond potentiellement encore pires. Et qu’elles enferment tout le monde alors qu’une faible minorité seulement est concernée. Toutes les recommandations, à ce jour, sont à l’inverse de dépister le plus de cas possibles, et de confiner uniquement les cas positifs le temps qu’ils ne soient plus contagieux. Ceci nous permettra d’ailleurs de sauver les vies qui au stade de complications ont 90% de chance de mourir. Le confinement général est un pis-aller face à l’épidémie dès lors qu’on manque de tout ce qui permettrait de lutter efficacement contre elle.

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Ceci dit, revenons à notre proposition. Comme nous l’avons dit plus haut, il est possible d’endiguer ce virus au Togo sans exposer notre pays à un désastre économique et social.

Le seul problème qu’il faudra résoudre et pour lequel nous serons amenés à faire des sacrifices, c’est l’acquisition des kits de dépistage efficace. Les informations en notre possession indiquent qu’il est aujourd’hui possible d’avoir le résultat d’un test au COVID-19 en 10mn.

Si l’objectif du gouvernement, tel qu’exprimé, est d’endiguer réellement cette maladie sans affecter terriblement le tissus social et économique du Togo, alors nous ne voyons pas pourquoi cela ne peut-être possible. Nous comptons en tout cas sur la bonne foi, certes rare du gouvernement.

Aussi, est-il à retenir que l’efficacité de cette méthode réside dans les mesures secondaires qu’il faudra prendre. En effet, l’Etat devra, après fermeture de toutes ses frontières terrestres, aériens et maritimes, procéder à un contrôle général. L’armée et la police devront être requis, à cet effet. Ce sera une opération similaire au contrôle d’identité qui se fait habituellement mais d’une portée encore plus grande.

Les militaires et policiers qui seront chargés de cette mission devront être équipés convenablement: Leurs donner assez de masques, de gants et de gels hydroalcooliques.

Pour ce qui est des soignants, il est nécessaire de mettre à leurs disposition les matériels nécessaires à l’exercice de leurs missions et accorder une très grande attention à leurs besoins. Instituer, à cet effet, une prime d’encouragement, rémunérer les internes, etc…

Le Mouvement En Aucun Cas et la Ligue Togolaise des Droits des Élèves et Étudiants (LTDE) saisissent cette occasion pour demander au gouvernement de réguler les prix de vente des masques et gels hydroalcooliques en fixant notamment les prix auxquels ces produits devraient être acquis au plan national et en prenant des sanctions précises contre ceux qui spéculent sur les prix de ces produits.

Nous tenons, par ailleurs à rappeler que si d’ici là, la pandémie vient à être complètement vaincus, il sera nécessaire de repenser notre système économique, sanitaire et éducatif.

L’épidémie du COVID-19 a, en effet, exposé, de façon encore plus patente l’échec des politiques publiques mises en œuvre par le régime actuel.
Vous constaterez, dans ce sens, le manque criard d’eau dans nombre de localités alors même qu’il est un élément essentiel dans la guerre contre cette épidémie. Les hôpitaux et les laboratoires d’appoints qui devraient nous permettre de lutter efficacement contre ces genres de fléaux n’existent pas. Les dispensaires que nous avons ( c’est comme ça qu’il convient de les appeler) sont peu ou presque pas équipés. Ce qui rend observateurs nos médecins et chercheurs, qui s’ils avaient les moyens seraient actuellement à pied d’œuvre pour trouver un remède à cette épidémie. Les exemples sont légions.

Ce qu’il faut retenir, pour être bref, c’est que tout est à refaire. Et pour y arriver, il faudra changer ces gouvernants à bout d’idées.

Permettez-nous, pour finir, de rendre un vibrant hommage et de témoigner toute notre gratitude au Professeur Didier RAOULT et à ses collaborateurs pour leurs nobles contributions à l’éradication complète de cette épidémie.

Fait à Lomé, le 23 mars 2020

Pour le Mouvement En Aucun Cas et la LTDE,

Foly SATCHIVI

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