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Crise Scolaire : Le PM Choguel entre le marteau et l’enclume

Le syndicat national des travailleurs de l’enseignement privé catholique (BEN-SYNTEC) du Mali rejoint les syndicats signataires du 15 octobre 2016 en annonçant sa « non-participation aux activités liées aux examens de fin d’année ».

Dans la lutte pour l’application de l’article 39 relatif au statut des enseignants, le syndicat national des travailleurs de l’enseignement privé catholique (SYNTEC) rétrocède. Il s’incline devant toute activité liée aux examens de fin d’année.

Dans une lettre dont l’objet est la « Non-participation aux activités liées aux examens de fin d’année », adressée à ses camarades Secrétaires généraux des Comités diocésains SYNTES, le Secrétaire Général du SYNTEC SEAC, Jean-Baptiste KEITA , a fait comprendre que le bureau exécutif suit avec un grand intérêt les différentes étapes de la lutte que leurs camarades des syndicats signataires du 15 octobre 2016 ont de nouveau engagée pour défendre les intérêts matériels, financiers, professionnels et moraux des enseignants du Mali.

« Au SYNTEC nous estimons que la cause des enseignants est une dans notre pays : celle d’un corps enseignant mis en confiance par des conditions de vie et de travail à la hauteur des exigences de sa mission. Pour cette cause nous devons être solidaires les uns des autres au-delà de la pluralité des organisations syndicales », a justifié le Secrétaire général du BE du SYNTEC.

 Dans ce cadre, au cours de sa réunion extraordinaire tenue le Samedi 31 juillet 2021, le BEN-SYNTEC « a pris la décision consistant pour les militants, sur toute l’étendue du territoire national, á ne pas participer aux activités liées aux examens de fin d’année : épreuves anticipées, surveillance, secrétariats, correction ».

Par cette correspondance, Jean-Baptiste KEITA et ses lieutenants expriment leur solidarité aux militants des syndicats signataires du 15 octobre 2016 en particulier et à tous les enseignants du Mali en général.

Devant le CNT le vendredi 30 juillet dernier pour la déclaration de son Programme d’Actions Gouvernementales, le Premier Choguel Kokalla Maïga a déclaré que l’article 39 n’est pas abrogé. Peine perdue ! Pour les syndicats signataires du 15 octobre 2016, il n’est pas question de l’abrogation de l’article, mais de son application. « Le débat n’est pas autour de l’abrogation, il est autour de l’application et si le CNT a un rôle, c’est de demander au sergent-chef Choguel d’appliquer l’article 39 », soutient Adama Fomba, représentant des enseignants au CNT.

De fait, l’unification des grilles salariales a été le déclencheur de la nouvelle crise scolaire. La corporation enseignante estime que l’unification des grilles salariales est l’abrogation intelligente de l’article 39 et met en cause le statut particulier des enseignants. « Il est impossible que la grille du statut général et celle de la nôtre soient égales tandis que les primes et indemnités restent incompatibles. Cependant comme le Sergent-Chef affirme que l’article 39 n’est pas abrogé, qu’il l’applique. Alors, monsieur le PM, n’oublie pas qu’ensemble nous avons marché dans la rue pour l’application de cette loi y compris votre actuelle ministre de l’éducation au temps du régime déchu. En tant qu’anciens camarades de lutte, appliquez notre article 39 », a posté un enseignant Daouda Sanogo (du nom de Facebook Daouda Eto’o Sanogo).

Le nœud gordien de cet article est son application. Les caisses de l’Etat ne sont pas solides pour supporter le coût qui s’élève à des milliards de francs CFA.

Au-delà de la rétention des notes des élèves, un préavis de grève de trois semaines a été déposé sur la table du Gouvernement. Si aucun accord n’a été trouvé, la grève prendra effet à partir du lundi 8 août prochain. Or l’examen du Diplôme d’Etudes Fondamentales (DEF) aura lieu du 16 au 18 Août 2021, celui du baccalauréat du 23 au 26 Août 2021.

Pour sauver l’année, le ministère de l’éducation fait appel, dans un communiqué, aux enseignants du privé pour surveiller et corriger les épreuves des examens de fin d’année 2020-2021.

Cette crise risque de compromettre davantage l’éducation malienne caractérisée par la fermeture des centaines d’écoles à l’intérieur du pays, due à l’insécurité. Quel serait le sort de ces enfants qui partent plus à l’école ?

Cyril Adohoun

L’Observatoire

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