SANS DÉTOUR UNE

Faut-il regretter Boubèye ?

Une folle interrogation au regard de la synergie d’actions qui a fait tomber Boubèye. Mais ce qui donne à réfléchir, c’est comment l’après Boubeye est vécu par le peuple malien.

Simple constat unanimement partagé par tous. Tout est inerte de nos jours. Et la seule courbe visible est que le Mali régresse. Toute chose contraire au degré de détermination qui a toujours prévalu pour déposer les premiers ministres.

Sous IBK, ils ont tous été victimes mais à des proportions différentes. Certains face à des politiques, d’autres face à la société civile et aux religieux.

Le cas #Boubeye dont il est question dans le contexte ici évoqué, englobait toutes ces forces contre le seul homme.

Et pourtant, #Boubeye était un homme qui s’assumait quelles qu’en soient les conséquences. C’est comme ça, il a pu gérer les tensions politiques et sociales, l’élection présidentielle… jusqu’au jour où il est tombé arme à la main face à l’union épatante des forces qui ne s’étaient jamais entendues, avant ce jour, au tour de l’essentiel. Boubeye était devenu comme une menace pour tout le monde.

Pour les politiques, on pouvait comprendre car beaucoup d’entre eux voyaient dans ses agissements une stratégie de mieux se placer pour être le successeur d’IBK.

Pour ce qui est de la société civile et les religieux, difficile d’en tirer une leçon rationnelle. Le seul mot qui résonnait partout est que Boubeye se croyait incontournable, invincible et il n’avait de la considération pour personne.

Tous derrière Mahmoud Dicko, sans connaitre les vraies raisons de l’Imam, ils ont pu terrasser Boubeye. Et le Mali d’aujourd’hui ? avons-nous progressé ? les maux ont-ils été dissipés ou endigués ? Au contraire, tout va de mal en pis.

Assemblée nationale du Mali : Un perchoir à priori sans ‘’prétendant idéal’’

Une simple autopsie de la situation actuelle nous permet de dégager la conclusion suivante : Le seul problème de ce pays aujourd’hui est l’absence de l’autorité de l’État. Le laisser aller a tout paralysé.

Simple illustration : La lutte contre le COVID 19. Les mesures annoncées par les autorités ne sont pas respectées et le cas des mosquées reste toujours suspendu sans réelle décision de fermeture. Les autorités ont peur des leaders religieux. Alors que tout le monde est unanime que le virus n’aime que les lieux de rassemblement. Malgré le ravage que le COVID 19 fait à travers le monde, les prières collectives continuent au Mali et dans certaines mosquées, des victimes du COVID sont enregistrées.

Nos gouvernants actuels doivent nécessairement comprendre que certaines décisions utiles font tomber dans la disgrâce totale. C’est en des circonstances pareilles qu’on reconnait un vrai leader. Malheureusement, cela manque à notre pays.

Ce qui se passe actuellement, sans être un partisan de Boubeye, si c’était en son temps, l’État allait se faire sentir en mettant de l’ordre par la force.

Nous en avons fortement besoin pour limiter la propagation du COVID 19.

#IBK n’y peut pas. Tout le monde le sait. Alors c’est à Boubou de s’assumer. Il faut parfois sévir pour faire respecter l’État. Sans cela, c’est l’anarchie totale avec des conséquences lourdes.

Boubacar Yalkoué

Source: Le Pays

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