SANS DÉTOUR

Notre bonheur collectif dépend plus des hommes que des textes

Si je vous ai entretenu, ces derniers jours, des contradictions et aberrations de la loi, c’est pour vous signaler qu’aucune loi ne suffit en elle-même: la qualité de la loi dépend des personnes chargées de l’appliquer et la qualité des institutions dépend des personnes qui les dirigent.

Aucune loi ni aucune institution ne peut répondre aux aspirations du peuple sans des hommes de qualité décidés à bien faire. D’où la nécessité d’investir dans le capital humain, de promouvoir l’éducation et de cultiver l’esprit patriotique. Contrairement à ce que prétend Barack Obama, l’Afrique a besoin, certes, d’institutions fortes, mais elle a aussi et surtout besoin d’hommes forts, capables de se sacrifier pour l’avènement d’institutions fortes.

Ce qui vaut pour la loi et la justice vaut aussi pour la démocratie. Au lieu de copier à tour de bras des lois étrangères, il nous faut imaginer des lois adaptées à nos aspirations et à nos réalités. Au lieu d’imiter aveuglément la démocratie occidentale, il nous faut réinventer la démocratie en l’adaptant à nos valeurs. Faute de quoi, nous n’aurons jamais de bonne gouvernance et resterons éternellement le jouet de nos anciens maîtres coloniaux.

Souvenons-nous que les immenses empires du Ghana, du Mali, du Songhoi et du Macina ont réalisé, il y a 1000 ans, le bonheur de leurs peuples alors que Montesquieu n’était pas né ! Et ceux qui dirigeaient ces empires n’étaient titulaires d’aucun diplôme !

Me Cheick Oumar Konaré (Facebook)

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