Yacouba Katilé-président du Conseil économique, social, environnemental et culturel du Mali (CESEC)
Le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel du Mali (CESEC), Yacouba Katilé, a plaidé pour une transformation structurelle des économies africaines lors de la cinquième table ronde de l’Union des conseils économiques et sociaux et institutions similaires d’Afrique (Ucesa) et du Conseil économique et social de la République populaire de Chine, tenue le 13 mai dernier à Malabo.
Organisée en marge des travaux de l’Assemblée générale de l’Union africaine des conseils économiques et sociaux, la rencontre a réuni plusieurs responsables institutionnels africains et chinois autour des enjeux de coopération économique et de connectivité entre les deux parties.
Intervenant en qualité de panéliste lors de la session consacrée au thème « Diversification économique et transformation de la connectivité », le président du CESEC-Mali a insisté sur l’urgence pour les pays africains de réduire leur dépendance aux économies de rente et de mieux résister aux chocs extérieurs. « Le Mali, comme beaucoup de pays africains, doit sortir du piège de la mono-exploitation et de la vulnérabilité aux chocs externes », a déclaré Yacouba Katilé. Selon lui, les États africains doivent désormais « diversifier leurs partenaires et leurs sources de financement tout en préservant leur souveraineté ».
Dans son intervention, il a défendu une coopération sino-africaine fondée sur des intérêts mutuels. « La Chine y trouve des matières premières viables et des marchés en croissance. L’Afrique y gagne des infrastructures, des technologies et un modèle de coopération gagnant-gagnant qui ne s’accompagne pas des conditionnalités politiques », a-t-il soutenu.
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Le président du CESEC du Mali a également formulé plusieurs recommandations destinées à renforcer la durabilité et l’efficacité du partenariat entre l’Afrique et la Chine. Il a notamment appelé à accélérer la mise en œuvre des grands projets régionaux interconnectés aux routes transsahariennes, aux corridors de développement et aux plateformes logistiques.
Yacouba Katilé a aussi insisté sur la nécessité de privilégier le contenu local à travers la formation massive de la main-d’œuvre africaine, le recours systématique aux entreprises locales et le transfert effectif des technologies.
L’intégration des dimensions environnementales, sociales et culturelles figure également parmi les priorités évoquées par le responsable malien. Celui-ci a plaidé pour des projets respectueux des écosystèmes, de la préservation du patrimoine culturel ainsi que de l’inclusion des femmes et des jeunes dans les dynamiques de développement.
Par ailleurs, il a recommandé un renforcement du dialogue public-privé et une implication accrue des secteurs privés africains et chinois, ainsi que des conseils économiques et sociaux dans le suivi et l’évaluation des projets structurants.
Dans sa conclusion, Yacouba Katilé a réaffirmé la confiance du Mali dans le potentiel de l’initiative chinoise « La Ceinture et la Route », à condition qu’elle soit alignée sur les priorités stratégiques africaines. « Le Mali reste convaincu que l’initiative La Ceinture et la Route, lorsqu’elle est bien articulée avec les priorités africaines, peut contribuer de manière décisive à faire de l’Afrique un continent prospère, interconnecté et maître de son destin », a-t-il affirmé.
Le président du CESEC a enfin assuré que son institution demeure disponible pour accompagner ces processus de coopération afin que leurs retombées profitent prioritairement aux populations les plus vulnérables.
Cyril Roc DACK / Icimali.com




