La mine d'or de Intahaka au Nord du Mali
Le Conseil des Ministres du mercredi 18 mars 2026 a franchi une nouvelle étape dans la réforme du secteur minier. Sur le rapport du ministre de l’Industrie et du Commerce, Alassane Diallo, le gouvernement a adopté des projets de texte portant création, organisation et modalités de fonctionnement de l’Office malien des Substances précieuses.
Cette décision intervient dans un contexte où le secteur des substances précieuses, dominé par l’or issu de l’orpaillage et des petites mines, joue un rôle stratégique dans l’économie nationale. Il constitue en effet une source majeure de devises, de recettes fiscales et d’emplois pour des milliers de Maliens.
Selon les données officielles, la production aurifère du Mali a atteint 72,227 tonnes en 2022, dont 6 tonnes issues de l’orpaillage. Cette production a généré près de 763 milliards de francs CFA pour le budget national, avec une contribution du sous-secteur de l’or estimée à 9,2 % du Produit intérieur brut. « Le secteur des substances précieuses occupe une place stratégique dans l’économie nationale et représente une source importante de devises, de recettes fiscales et de création d’emplois », souligne le Conseil des Ministres.
Malgré ces performances, les autorités pointent des insuffisances dans la maîtrise des flux d’or, notamment en provenance de l’orpaillage et des petites exploitations. Des écarts significatifs ont été relevés entre les statistiques nationales et les quantités enregistrées dans les pays de destination. « Il existe des difficultés dans la maîtrise des flux issus de l’orpaillage et des petites mines », reconnaît le gouvernement, évoquant des disparités préoccupantes.
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Face à ces défis, la création de l’Office malien des Substances précieuses apparaît comme une réponse structurante. Cet instrument opérationnel s’inscrit dans la mise en œuvre de la Loi n°2023-040 du 29 août 2023 portant Code minier et de la Loi n°2023-041 relative au contenu local. Il aura pour mission principale d’assurer la régulation, la centralisation et la sécurisation de la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses.
À travers cette réforme, les autorités entendent renforcer le contrôle de l’État sur toute la chaîne de valeur du secteur. « Les projets de texte adoptés créent l’Office malien des Substances précieuses avec pour mission d’assurer la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses », précise le communiqué, ajoutant qu’ils permettront également de « renforcer la souveraineté économique de l’État ».
La mise en place de cet office marque ainsi une volonté affirmée des autorités de mieux capter les revenus issus des ressources minières et de lutter contre les circuits informels, tout en consolidant les bases d’une gouvernance plus transparente et efficace du secteur.
Cyril Roc DACK




