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Recto Verso : Carte grise moto, signe de déficit d’initiative fiscale

En plus des vignettes, l’annonce faite des nouveaux documents de transport des engins à deux et trois roues laisse perplexes les usagers.   

Circuler à Bamako est un parcours de combattant, tant l’arrivée des motos (Djakarta et Telima) a accru le secteur de transport urbain. Ces moyens de déplacement, à la fois, personnels pour certains, et commerciaux pour d’autres, réclament un investissement en matière d’infrastructure routière.

S’il faut saluer la Direction nationale des Transports terrestres, Maritimes et fluviaux (DNTTMF), laquelle a annoncé l’instauration des documents de transports, tels que le permis de conduire, la carte grise et la plaque d’immatriculation pour des engins à deux et trois roues, il est clair que cette nouvelle mesure semble révéler des insuffisances.  Est-il normal de considérer tous les engins à deux et trois roues dans le même panier ?  Y’a-t-il pas de différence entre la djakarta, le telima ou encore le katakatani ?

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Détenues essentiellement par des citoyens à revenu moyen, les motos djakarta  n’ont pas une vocation commerciale. Au-delà des vignettes déjà payantes, exiger une carte grise ou encore un permis de conduire aux détenteurs des djakarta peut être compris, plus ou moins, comme une façon pour l’Etat de vouloir s’enrichir sur le dos des pauvres. Alors que l’Etat est censé prendre aux riches : les entreprises, les opérateurs économiques, les agences immobilières…

C’est pourquoi, des observateurs les plus avertis estiment que, l’activité de contrôle et de sensibilisation sur l’opération spéciale d’immatriculation des motocyclettes, vélomoteurs et tricycles, organisée dans les rues de la capitale, loin des colonnes des journaux, des radios et des télévisions, par la Direction nationale des Transports Terrestres, Maritimes et Fluviaux (DNTTMF), a créé de confusion et mis les usagers dans l’embarras.

Visant à accroître la recette de l’Etat, cette mesure sonne comme un déficit d’initiative fiscale, en ce sens que ce sont des pauvres qui sont visés.

Enfin, si les sanctions économiques et financières de la CEDEAO contre le Mali, depuis le 9 janvier 2022, fragilisent notre économie nationale, il faut reconnaître, aussi, qu’il y a un manque criard d’initiative visant à augmenter les recettes fiscales de l’Etat.

Ousmane Morba

L’Observatoire

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