Guy Marius Sagna, député Sénégalais du Pastef Les Patriotes, parlementaire de la CEDEAO
Le député Guy Marius Sagna, membre de Pastef Les Patriotes, critique vivement l’accord financier conclu entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). Dans une déclaration publiée sur Facebook, il estime que l’acceptation de la restructuration de la dette et d’un nouveau prêt de 2,2 milliards de dollars place le pays sous le « contrôle politique » de l’institution financière internationale.
La polémique autour de la dette sénégalaise prend une nouvelle tournure. Dans une publication sur Facebook, le député Guy Marius Sagna s’en prend ouvertement à l’accord conclu avec le FMI et à la décision du président Bassirou Diomaye Faye d’accepter la restructuration de la dette du Sénégal.
Pour l’élu de Pastef, cette décision constitue un renoncement à une partie de la souveraineté économique du pays. « Le Président Diomaye vient de mettre le Sénégal sous le « contrôle politique » du FMI », affirme-t-il.
Au cœur de l’argumentaire du député figure la dette contractée entre 2019 et 2024, sous la présidence de Macky Sall. Guy Marius Sagna évoque une dette cachée d’environ 7 milliards de dollars et accuse le FMI d’avoir été « complice » de cette situation.
Selon lui, l’institution financière internationale aurait dû reconnaître sa responsabilité dans ce dossier au lieu d’accorder aujourd’hui au Sénégal un nouveau financement. « Ce même FMI – sans avouer sa complicité, son incapacité – accorde aujourd’hui au Sénégal un prêt de 2,2 milliards de dollars. Quelle tragédie ! », dénonce le député.
Guy Marius Sagna s’attaque également à la décision de restructurer la dette sénégalaise. À ses yeux, cette opération ne constitue pas une véritable réponse aux difficultés financières du pays, mais renforcerait plutôt l’influence du FMI sur les orientations économiques et politiques de Dakar. « En acceptant la restructuration de la dette du Sénégal, le Président Diomaye vient de mettre le Sénégal sous le « contrôle politique » du FMI et non sous celui du peuple sénégalais », soutient-il.
Cette position illustre les débats qui traversent la majorité politique sénégalaise autour de la gestion de la dette et des relations avec les institutions financières internationales.
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« TINA » contre l’alternative souverainiste
Dans sa déclaration, le député va plus loin et remet en cause la nature même du FMI. Il qualifie l’institution de « fonds monétaire impérialiste », estimant que ses politiques contribuent à aggraver les difficultés économiques et sociales des populations. « Que peut-on attendre du FMI (…) ? Rien sinon l’augmentation de la misère des peuples à travers ses diktats néocoloniaux », affirme-t-il.
Guy Marius Sagna oppose ainsi la logique défendue par le FMI à son propre projet politique, qu’il présente comme une alternative fondée sur la souveraineté et la participation populaire.
Le député revendique ouvertement une divergence avec ceux qui considèrent les programmes du FMI comme incontournables. Il reprend l’expression anglaise « There Is No Alternative » (TINA) pour caractériser cette approche.
À cette logique, il oppose ce qu’il décrit comme une « alternative souverainiste, démocratique, populaire et panafricaine ». Une sortie qui traduit une nouvelle fois les tensions autour de la question de la dette et du modèle économique à privilégier pour le Sénégal. Pour Guy Marius Sagna, le FMI, qu’il accuse d’avoir failli dans le suivi de la dette passée, ne peut désormais prétendre incarner la solution aux difficultés financières du pays.
Cyril Roc DACK / Icimali.com




