Oumane Sonko, Premier ministre, Chef du Gouvernement du Sénégal
Le paysage parlementaire sénégalais est en pleine ébullition. Dans un communiqué officiel publié ce dimanche 31 mai 2026, le groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes a brisé le silence pour exprimer une position double, oscillant entre la célébration d’un renouveau au perchoir et une colère noire face à ce qu’il qualifie de dérives sécuritaires visant ses membres.
Le communiqué s’ouvre sur une note de satisfaction politique majeure : l’élection d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale. Les députés de la majorité n’ont pas tari d’éloges sur la transition qui vient de s’opérer, saluant chaleureusement leur nouveau leader, mais également l’attitude du président sortant, El Malick Ndiaye, ainsi que le travail d’Ismaila Wone.
Pour le groupe parlementaire, les circonstances de ce changement de gouvernance interne honorent la République.
Tensions à l’Hémicycle
Toutefois, le ton change radicalement dans la seconde partie du document. L’actualité judiciaire et sécuritaire a manifestement rattrapé l’élan festif des Patriotes. Le groupe parlementaire a vivement dénoncé les convocations par la Gendarmerie des députés Guy Marius Sagna et Cheikh Bara Ndiaye, ainsi qu’une tentative d’interpellation de ce dernier par la Section de recherches, survenue directement dans l’enceinte du Parlement juste après une séance plénière.
Face à ce qu’il considère comme un franchissement de la ligne rouge, le groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes tape du poing sur la table dans son communiqué : « Ces faits soulèvent de sérieuses inquiétudes quant au respect des principes fondamentaux qui garantissent l’indépendance du pouvoir législatif et la libre expression du mandat parlementaire. »
Rappel à l’ordre constitutionnel
Le groupe majoritaire a tenu à rappeler aux autorités judiciaires et aux forces de l’ordre les textes qui régissent le statut du parlementaire, notamment l’article 61 de la Constitution et l’article 60 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Bien qu’ils reconnaissent que les députés restent soumis aux lois de la République, les parlementaires de PASTEF exigent la stricte observation des formes légales.
Le communiqué se veut on ne peut plus clair et offensif sur ce point, lançant une mise en garde solennelle : « Nous mettons en garde contre toute instrumentalisation de la justice ou des forces de défense et de sécurité à des fins d’intimidation politique ou de restriction de la liberté d’opinion et d’expression des représentants du peuple. »
Affichant une « entière solidarité » et un « soutien indéfectible » à leurs collègues ciblés, les députés de PASTEF préviennent qu’ils resteront « vigilants face à toute atteinte aux droits des députés » afin de garantir, avec détermination, la séparation des pouvoirs au Sénégal. Le bras de fer semble bel et bien engagé.
Cyril Roc DACK




