Education

Éducation : Difficile reprise de l’école dans le Centre

Plus de 600 écoles fermées dans le centre du pays durant la précédente année scolaire et des familles entières déplacées à cause de l’insécurité. Une réalité de terrain qui cloue la rentrée des classes en ce 1er octobre 2019.

A Douentza et à Koro, de nombreux villages échappent au contrôle de l’Etat. Les enseignants craignant pour leurs vies ont dû quitter les localités. Une situation qui, dans presque que toute la région de Mopti, prive les enfants de leur droit à l’éducation.

En amont, la situation des écoles dans le Centre du pays et même au Nord devrait être résolue afin de permettre aux enfants de reprendre le chemin de l’école pour cette rentrée scolaire 2019-2020. Chose que les autorités tardent à faire. Une année blanche pointe donc le nez au grand dam de ces enfants.

« La rentrée des classes 2019-2020 est un simple discours, dans certains villages du centre de notre pays », souligne un cadre de l’éducation qui reconnait que les écoles qui étaient fermées pour raison d’insécurité le demeurent toujours.

En service à l’école fondamentale de Mondoro, à environ 150 kilomètres de Douentza, chef-lieu de cercle, Oumar est chargé de cours en Français-Histoire-Géographie. Il a dû quitter son poste à cause de l’insécurité depuis trois ans et reste campé à Douentza.

« Nous sommes nombreux, les enseignants de brousse qui sont à Douentza ayant fui nos postes. Tant qu’il y a l’insécurité, nous ne pouvons pas rester en poste au risque de notre vie, c’est pourquoi, même cette année, nous sommes obligés de ne pas honorer la rentrée des classes », nous explique-t-il au téléphone.

Un village frontalier avec le Burkina Faso, Mondoro, malgré la présence d’un camp militaire est régulièrement attaqué par les assaillants.

Dans le cercle de Koro la même situation est décriée par les enseignants. Durant toute l’année scolaire, les élèves, à certains endroits, sont privés de leurs enseignants au complet. Pas d’exécution du programme ni évaluation des apprentissages.

Les résultats des admis au Diplôme d’Etude Fondamentale (DEF) session 2019 étaient catastrophiques dans presque tous les villages frappés par le phénomène d’insécurité, parce que les enfants n’ont reçu aucun enseignement et mais soumis à l’examen de fin d’année.

Outre les enseignants, les sous-préfets dans ces nombreuses communes rurales, sous le joug des hommes armés, ne sont plus en poste et ne se rendent que par une forte escorte militaire pour régler quelques affaires administratives.

Cette situation d’insécurité a aussi contraint des familles au déplacement vers le Sud du pays ou au Burkina Faso voisin.  Des raisons qui annoncent une si difficile reprise des classes après plus de quatre ans d’insécurité dans le Centre du pays.

Habi Sankoré

Le SOFT

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