L’ancien président nigérian, Goodluck Ebele Jonathan, est sorti de sa réserve pour réagir à la situation politique en Guinée-Bissau, où un nouveau soulèvement, présenté comme une tentative de coup d’État, a récemment secoué le pays. Dans une déclaration ferme et très critique, l’ex-chef d’État a qualifié l’événement de « faux coup d’État » et dénonce une manipulation politique dangereuse pour la stabilité régionale.
Selon Goodluck Jonathan, les dérives observées dans certains pays africains menacent gravement les fondements démocratiques. « Ce qui se passe dans certains pays africains est regrettable et déplorable… en arriver à préférer confier le pays aux militaires qu’à l’opposition qui a gagné les élections… », a-t-il martelé, regrettant une tendance grandissante à refuser l’alternance démocratique.
Revenant sur son propre parcours politique, Jonathan a rappelé l’exemple qu’il a voulu incarner lors de la présidentielle nigériane de 2015. « J’étais au pouvoir au Nigéria et j’ai perdu les élections… j’ai appelé mon adversaire Buhari, je l’ai félicité et transmis le pouvoir… j’ai refusé d’écouter toute autre voie que celle de respecter les textes… », a-t-il souligné, en référence à ce geste qui reste aujourd’hui une référence en matière de transition pacifique sur le continent.
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L’ancien président estime que le refus de respecter les résultats électoraux et les manipulations visant à se maintenir au pouvoir ne peuvent que fragiliser davantage les pays concernés. « Certains pays africains doivent… sinon nous en paierons tous le prix de l’instabilité que cela va générer dans le futur… », a-t-il averti, appelant les leaders politiques, les institutions et les citoyens à mesurer l’impact collectif de ces dérives.
Cette sortie de Goodluck Jonathan intervient dans un contexte où plusieurs pays de la sous-région font face à des tensions politiques, des contestations post-électorales ou des interventions militaires dans les affaires civiles. En dénonçant clairement ce qu’il qualifie de « faux coup d’État » en Guinée-Bissau, l’ancien dirigeant met une fois de plus l’accent sur l’urgence de restaurer la confiance dans les processus démocratiques et de respecter la volonté populaire.
À travers ce message, Jonathan réaffirme sa position : seule l’adhésion aux règles constitutionnelles peut garantir à l’Afrique une stabilité durable et éviter « le prix lourd » que pourraient payer les générations futures.
Cyril Roc DACK / Icimali.com





