Oumane Sonko, Premier ministre, Chef du Gouvernement du Sénégal
À l’occasion de la Conférence de Dakar consacrée à « l’autonomie, le patriotisme et le monde multipolaire », le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a livré une charge virulente contre le président américain Donald Trump.
Organisée ce jeudi 9 avril 2026 à Dakar sous l’animation de Pascal Boniface, la rencontre a servi de tribune à une critique frontale de l’interventionnisme occidental. Dans un discours aux accents souverainistes, le chef du gouvernement a dénoncé ce qu’il considère comme une politique étrangère agressive et déstabilisatrice, tout en appelant l’Afrique à affirmer davantage son indépendance sur la scène internationale.
Devant un public attentif, Ousmane Sonko n’a pas mâché ses mots. « Monsieur Trump n’est pas un homme de paix, c’est un homme de déstabilisation », a-t-il lancé, visant directement la politique américaine, notamment les tensions liées à l’Iran.
Le Premier ministre sénégalais est allé plus loin en accusant Washington d’avoir contribué à plonger le monde dans le « chaos ». « Les États-Unis eux-mêmes n’échapperont pas aux conséquences extrêmement négatives » de cette guerre, a-t-il averti, esquissant les risques d’un effet boomerang sur la stabilité internationale.
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Dans une tonalité résolument critique, Ousmane Sonko a également fustigé certaines pratiques qu’il juge contraires aux principes démocratiques. « Enlever des présidents en fonction, les enlever pour les exfiltrer ne relève pas d’une justice, ne relève pas de la démocratie », a-t-il martelé, avant d’ajouter : « Ce n’est pas à eux de décider pour les autres peuples ».
Au-delà de la dénonciation, ces déclarations traduisent une ligne politique assumée : celle d’un souverainisme africain revendiqué, dans un contexte mondial marqué par les recompositions géopolitiques.
En s’inscrivant dans une logique de monde multipolaire, Ousmane Sonko appelle implicitement les États africains à rompre avec certaines dépendances historiques.
Toutefois, cette sortie, aussi spectaculaire soit-elle, soulève des interrogations. Si elle trouve un écho auprès de courants panafricanistes, elle risque également de tendre davantage les relations avec Washington, partenaire économique et sécuritaire majeur pour de nombreux pays africains. Entre posture politique et stratégie diplomatique, le discours du Premier ministre sénégalais s’inscrit ainsi dans une dynamique qui pourrait redéfinir les équilibres traditionnels, mais non sans risques.
Cyril Roc DACK




