Mamoudou Kassogué, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux
À l’occasion de la cinquième Convention ordinaire du Syndicat Libre de la Magistrature (SYLIMA), tenue le samedi 6 juin 2026 au siège de la Cour suprême du Mali, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, a dressé un bilan largement positif des réformes engagées dans le secteur judiciaire. Devant les magistrats réunis pour l’occasion, il a salué les progrès réalisés grâce aux transformations institutionnelles, juridiques et organisationnelles opérées ces dernières années.
Selon le ministre, la justice malienne est engagée dans une dynamique de modernisation sans précédent. « La justice de notre pays connaît un renouveau suite aux réformes historiques, emblématiques et générationnelles, au triple plan institutionnel, juridique et organisationnel », a-t-il déclaré. Le ministre Kassogué a souligné que l’entrée en vigueur du nouveau Code pénal et du nouveau Code de procédure pénale, ainsi que la création de nouvelles structures judiciaires, constituent des avancées majeures pour l’avenir du secteur. « La mise en œuvre effective de certaines réformes majeures nous incite à l’espoir dans les choix qui ont été opérés avec des résultats très encourageants », a-t-il affirmé.
Le Garde des Sceaux a notamment cité les résultats obtenus dans la lutte contre la corruption, les recouvrements financiers historiques réalisés par la justice, la suppression des cours d’assises et l’opérationnalisation des chambres criminelles au sein des tribunaux de grande instance. « Les avancées extraordinaires enregistrées dans le domaine de la lutte contre la corruption, avec des recouvrements historiques jamais égalés, sont des faits concrets et probants ayant transformé positivement le visage de notre justice », a-t-il soutenu.
Une confiance renforcée des citoyens
Pour le ministre, les réformes engagées répondent à la volonté des plus hautes autorités de la Transition de placer la justice au cœur de la refondation de l’État. Il estime que cette orientation stratégique commence à produire ses effets auprès des populations. « Les citoyens, dans leur majorité, témoignent année après année de ces avancées historiques par la restauration de leur confiance en l’institution judiciaire », a-t-il indiqué, rappelant qu’une enquête récente des Nations unies attribue à la justice malienne un taux de confiance supérieur à 75 % au titre de l’année 2025.
Le ministre Mamoudou Kassogué a également rendu hommage à l’ensemble des acteurs du secteur judiciaire, ainsi qu’aux organisations syndicales qui ont accompagné les réformes. « Le succès que nous enregistrons aujourd’hui est le fruit d’un travail collectif, faisant la fierté de l’ensemble de l’institution judiciaire et de la famille judiciaire », a-t-il déclaré.
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Une nouvelle gouvernance basée sur la performance
Évoquant les perspectives, le ministre a insisté sur la nécessité d’améliorer davantage la gouvernance du secteur judiciaire. Il a rappelé la tenue du Forum national sur la justice, précédé de concertations régionales et des états généraux des ordres professionnels.
Au sein de la chancellerie, une nouvelle approche de gestion est désormais privilégiée. « Nous avons la conviction que la gestion des ressources humaines doit reposer sur des critères de performance, mais aussi sur ceux relatifs aux comportements des personnels à tous les niveaux », a-t-il expliqué.
Le ministre a également insisté sur l’importance de la reconnaissance du mérite et de la sanction des fautes. « Les abus, les déviances, les manquements et autres formes d’atteinte à l’éthique et à la déontologie ne sauraient s’accommoder avec la nouvelle justice que nous voulons, plus efficace, plus accessible, moderne, respectée et respectable », a-t-il averti.
Parmi les annonces majeures faites lors de cette convention, Mamoudou Kassogué a révélé que les cent premiers auditeurs de justice, dont la formation est désormais achevée, seront prochainement déployés sur le terrain. « La bonne nouvelle, c’est le déploiement, très prochainement, des cent premiers auditeurs de justice dont la formation est totalement terminée », a-t-il annoncé.
Selon lui, cette mesure permettra d’alléger la charge de travail dans les juridictions et d’accompagner la mise en œuvre des nouvelles dispositions législatives.
Des distinctions inédites pour les acteurs de la justice
Le ministre a également annoncé la remise prochaine des premières médailles d’honneur de la justice, une innovation présentée comme une reconnaissance du mérite au sein du secteur. « Nous pourrons procéder à la remise des décorations aux premiers médaillés d’honneur de la justice d’ici la fin de l’année 2026, une première dans l’histoire de notre pays », a-t-il indiqué.
Il a enfin exprimé sa reconnaissance envers le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, pour son soutien constant aux réformes judiciaires. « La création de cette médaille est un rêve devenu une réalité, un symbole constituant une source de motivation, d’émulation et de reconnaissance pour l’ensemble du secteur judiciaire », a conclu Mamoudou Kassogué.
Somme toute, les réformes engagées depuis plusieurs années commencent à produire des résultats tangibles, tout en réaffirmant la volonté des autorités de poursuivre la modernisation de l’institution judiciaire malienne.
Cyril ADOHOUN




