Un pick-up détruit appartenant aux terroristes de la coalition JNIM et FLA à Anéfis
Le Mali a porté à la tribune des Nations Unies un message de fermeté sur la lutte contre le terrorisme et la défense de sa souveraineté. À New York, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a défendu le choix de Bamako de privilégier les mécanismes régionaux, notamment la Confédération des États du Sahel (AES), tout en revendiquant une coopération internationale fondée sur le respect mutuel.
Prenant la parole lundi 28 septembre 2026 à l’occasion de la 81e session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies, Abdoulaye Diop a appelé à une réforme du multilatéralisme. Pour le chef de la diplomatie malienne, la perte de confiance dans les institutions internationales s’explique notamment par « les violations flagrantes du droit international », son application sélective et le recours à la force.
Le ministre a également critiqué les mesures coercitives unilatérales qu’il considère comme portant atteinte à la souveraineté des États et aux conditions de vie des populations concernées. Au cœur de son intervention figure surtout la question sécuritaire au Sahel. Abdoulaye Diop a estimé que la crise régionale, qui dure depuis plus d’une décennie, ne peut être dissociée des conséquences de l’intervention militaire de l’OTAN en Libye en 2011. Selon lui, cette intervention a contribué à aggraver les difficultés sécuritaires, politiques et humanitaires de la région.
Le ministre malien a également renouvelé les accusations de Bamako concernant le rôle de l’Ukraine dans le soutien à des groupes armés opérant au Sahel. « Le Gouvernement du Mali réitère sa ferme condamnation du terrorisme international et de ses sponsors étatiques étrangers », a-t-il déclaré, avant d’évoquer les déclarations publiques attribuées aux autorités ukrainiennes concernant leur soutien à certains groupes opérant dans la région.
Abdoulaye Diop a présenté le terrorisme comme un phénomène prenant plusieurs formes : militaire, économique et médiatique. Il a notamment évoqué les attaques coordonnées des 25 avril et 4 juillet 2026 au Mali, qu’il considère comme révélatrices d’une connexion entre différents groupes armés.
Pour Bamako, les réponses internationales déployées au cours des dernières années n’ont pas permis de mettre durablement fin aux violences.
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L’AES comme réponse régionale
C’est dans ce contexte que le ministre a défendu la création de la Confédération des États du Sahel. Créée le 6 juillet 2024 à Niamey par le Burkina Faso, le Mali et le Niger, l’AES constitue, selon Abdoulaye Diop, un choix stratégique destiné à permettre aux trois pays de « prendre en main le destin » de leur espace commun. Le Mali affirme vouloir intensifier la lutte contre le terrorisme à travers ses propres forces, la Force unifiée de l’AES et la coopération avec la Fédération de Russie.
Bamako ne ferme toutefois pas la porte aux autres partenaires. Abdoulaye Diop a précisé que les trois pays de l’AES restent ouverts à la coopération avec tous ceux qui respectent leur souveraineté, leur intégrité territoriale, leurs choix stratégiques et leurs intérêts. « Nous n’avons pas, à cet égard, d’injonction à recevoir », a-t-il martelé, appelant plutôt à une collaboration fondée sur le respect mutuel.
Au-delà de la réponse militaire, le Mali entend inscrire la lutte contre l’insécurité dans une stratégie plus large. Le gouvernement affirme vouloir offrir une possibilité de retour à la République aux combattants qui acceptent de déposer les armes. Selon le ministre, des milliers d’ex-combattants remplissant les conditions requises ont déjà rejoint les Forces de défense et de sécurité ou intégré des fonctions civiles.
À New York, le Mali a ainsi présenté sa politique sécuritaire comme une combinaison entre défense nationale, coopération régionale et recherche d’une stabilité durable. Une ligne que Bamako entend désormais inscrire au cœur de son action diplomatique.
Cyril Roc DACK / Icimali.com




