Abdoulaye DIOP, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale
À New York, le Mali a plaidé pour une transformation profonde du système multilatéral. Devant l’Assemblée générale des Nations Unies, Abdoulaye Diop a défendu une diplomatie fondée sur l’égalité souveraine des États, la diversification des partenariats et une plus grande représentation de l’Afrique dans les instances internationales.
Le chef de la diplomatie malienne estime que l’ordre international traverse une période de profondes mutations. « L’Ordre international est à l’heure du grand basculement et de profondes mutations », a-t-il déclaré devant les représentants des États membres de l’ONU.
Selon Bamako, la question n’est désormais plus de savoir si le monde se dirige vers un système multipolaire, mais de déterminer quels seront les acteurs majeurs de ces différents pôles et comment ils pourront coopérer.
Le Mali affirme privilégier la coopération plutôt que la confrontation et rejette l’idée d’un système international régi par la loi du plus fort.
Dans son intervention, Abdoulaye Diop a également appelé à une réforme du système des Nations Unies. Le Mali souhaite une Organisation « plus juste, plus représentative » et davantage au service de l’ensemble des peuples. Cette réforme doit notamment permettre de renforcer la représentativité au sein des institutions multilatérales et de faire entendre davantage la voix de l’Afrique dans les instances où sont prises les décisions internationales.
Pour Bamako, la restauration de la confiance passe donc nécessairement par une meilleure représentation des États et des peuples dans la gouvernance mondiale.
Autre volet du discours : la révolution technologique. Abdoulaye Diop a consacré une place particulière à l’intelligence artificielle générative, présentée à la fois comme une opportunité et comme un défi stratégique.
Pour le Mali, l’objectif ne doit pas être de rester un simple consommateur de technologies. « Elle doit devenir une technologie que nous maîtrisons, que nous adaptons à nos réalités et que nous contribuons à développer », a soutenu le ministre.
Cette ambition passe, selon lui, par l’investissement dans les compétences, la recherche, l’innovation et les infrastructures.
Dans cette perspective, la souveraineté numérique et technologique est désormais considérée par Bamako comme une dimension essentielle de la souveraineté nationale. Le ministre a notamment cité la création du Centre d’Intelligence artificielle et de Robotique du Mali.
- A LIRE AUSSI : https://icimali.com/terrorisme-a-lonu-le-mali-reaffirme-sa-ligne-souverainiste46162-2/
Terrorisme : A l’ONU, le Mali réaffirme sa ligne souverainiste
Climat, désertification et migration
Le Mali a également porté à l’ONU les préoccupations spécifiques du Sahel face au changement climatique et à la désertification.
Ces phénomènes affectent directement l’agriculture, les moyens de subsistance et la stabilité des territoires. Bamako appelle ainsi à renforcer l’accès aux financements climatiques, aux technologies adaptées et aux solutions répondant aux réalités sahéliennes.
La question migratoire a également occupé une place dans le discours. Pays d’origine, de transit et d’accueil, le Mali réaffirme son attachement à la coopération internationale et considère la mobilité humaine comme une richesse. Il appelle parallèlement au respect des droits des migrants conformément aux conventions internationales.
Sur le Moyen-Orient, le Mali a réaffirmé son soutien au peuple palestinien et à son aspiration à disposer d’un État de plein droit. Cette position s’inscrit dans la ligne diplomatique défendue par Bamako en faveur du règlement des conflits et du respect des principes du droit international.
Au terme de son intervention, Abdoulaye Diop a réaffirmé la volonté du Mali de contribuer aux efforts internationaux en faveur d’un monde plus pacifique, plus sûr, plus juste et plus solidaire.
Le discours de New York dessine ainsi les contours d’une diplomatie malienne qui entend associer souveraineté nationale, diversification des partenariats, autonomie stratégique et participation active aux débats sur l’avenir de la gouvernance mondiale.
Issa TANGARA / Icimali.com




