Société

Front social en ébullition : Plus de 5% de taux de croissance, le pays à la traîne

Annoncée tambour battant, la performance de l’économie nationale  ne rime pas avec le niveau de vie des populations. Les syndicats de plusieurs secteurs de l’Administration sont en grève ou menacent d’y aller.  Le discours tenu par le Ministre de l’Economie et des Finances, Dr Boubou Cissé, ne semble pas maîtriser la réalité sur le terrain.

 Les DAF, DFM et DRH de la Primature et des Ministères qui avaient menacé d’aller en grève les 15 et 16 octobre derniers ont effectivement mis en exécution leur mot d’ordre d’arrêt de travail de 48 Heures.   Les Magistrats sont en grève depuis bientôt trois mois, l’Enseignement Supérieur aussi se prépare pour déclencher ses grèves. A tous les niveaux, l’alerte est maximale et la tension est vive entre le Gouvernement et les sections  syndicales des secteurs publics.

Le mercredi 10 octobre dernier, à la Bourse du Travail, le Collectif des syndicats des DAF, DRH, DFM de la Primature et de certains Départements ministériels ont dénoncé des situations d’injustice dont  leurs personnels respectifs sont victimes.

Au cours de cette rencontre avec la presse, le porte-parole des conférenciers, Issa Sinayoko, a affirmé que l’ensemble des travailleurs de ces différents services des différents Départements ministériels souffre de favoritisme dans leur travail. A l’en croire, la situation s’est aggravée par la signature de deux décrets en date du 5 juillet 2018, qui accordent des primes à certains services notamment  ceux du Ministère De l’Economie et des Finances au détriment des autres.

Constituant le poumon professionnel de l’Administration, les syndicats des DAF, DRH, DFM de la Primature et de certains Départements ministériels vont rarement en grève mais pour cette fois-ci, ils sont déterminés et veulent se faire entendre.

«Le fait d’accorder une prime en laissant d’autres cadres des services qui font le même travail est une injustice», estime un des conférenciers.

Selon le Secrétaire principal de la Coordination de ces syndicats toutes les Conventions signées par le Mali, précisément la Convention 87, ratifiée, le 22 septembre 1960, condamnent la ségrégation et l’injustice dans le traitement des travailleurs.  Dans ce cas, ajouta-t-il, nous avons été oubliés; d’où notre combat pour demander aux autorités de rectifier l’erreur qui a été commise.

«Troisième économie de l’UEMOA, le Mali traverse actuellement le temps le plus dure de son Histoire», selon certains observateurs qui pensent que jamais le front social n’a été autant en ébullition et dans l’indifférence totale des Gouvernants.

Le taux de croissance économique venté par le Ministre Boubou Cissé pour dire que le pays est capable de supporter ses dépenses, sur le terrain, c’est le contraire que nous assistons ; car, aucune grève des syndicats n’a obtenu une réponse favorable.

Même si les campagnes de bonne performance économique que le Ministre Boubou bat dans les médias internationaux visent à attirer les investisseurs, force est de reconnaitre que les différentes grèves déclenchées par les syndicats en cours sont autant des facteurs qui peuvent décourager ces investisseurs à venir investir dans ce pays.

Habi Sankoré

Source: Le SOFT

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