Inondation à Bamako ( Image d'illustration)
Depuis le début de la saison des pluies, les intempéries ont déjà fait 13 morts, 17 blessés et provoqué 153 effondrements au Mali. Alors que les activités pluvio-orageuses devraient se poursuivre en septembre, les autorités renforcent le dispositif de prévention et invitent les populations à adopter les bons réflexes.
Le bilan est lourd et la saison des pluies n’est pas encore terminée. Depuis le début de l’hivernage, 6 cas d’inondation, 10 cas de foudre et 4 cas de vents violents ont été enregistrés sur le territoire national. Ces différents phénomènes ont fait 13 morts et 17 blessés, tandis que 153 effondrements ont été recensés. Au total, 355 ménages, représentant 2 790 personnes, ont été affectés. Un bilan qui pousse les autorités à maintenir la vigilance alors que le mois de septembre s’annonce encore marqué par des épisodes pluvio-orageux.
Réuni mercredi 2 septembre 2026 au Centre de Coordination et de Gestion des Crises, le Comité technique de gestion de la crise inondation a fait le point sur la situation des aléas liés à l’hivernage. La rencontre, présidée dans le cadre du Comité interministériel de gestion des crises et catastrophes, visait notamment à coordonner les interventions et à planifier les actions destinées à prévenir de nouveaux drames.
Selon le communiqué N°2026-03, signé par le directeur du Centre de Coordination et de Gestion des Crises, le Colonel Sapeur-pompier Issa Raoul Dana Dabo, les prévisions météorologiques appellent à la prudence. « Les risques d’inondations par endroits demeurent élevés », prévient le communiqué.
Durant le mois de septembre, les activités pluvio-orageuses devraient se poursuivre sur l’ensemble du pays, avec une intensité faible à modérée. Ces phénomènes pourraient toutefois être accompagnés de vents violents, d’éclairs de forte intensité, de tonnerre et de foudroiements.
Bamako particulièrement exposé aux crues éclairs
Sur le plan hydrologique, les niveaux des cours d’eau continuent de monter. Les écoulements restent cependant globalement normaux à déficitaires. Les autorités ne signalent, à ce stade, « pas de risque lié aux inondations fluviales sur le territoire national ».
La prudence reste néanmoins de rigueur dans le District de Bamako. Les marigots naturels peuvent rapidement réagir aux fortes précipitations. « Les marigots naturels du district de Bamako peuvent réagir en cas de fortes pluviosités et pourraient provoquer des crues éclairs par endroits », indique le communiqué.
Cette situation est particulièrement préoccupante dans les secteurs où l’urbanisation, l’occupation des servitudes et l’obstruction des voies d’écoulement peuvent accentuer les conséquences des fortes pluies.
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Protection civile renforce son dispositif
Face à ces risques, les autorités mettent en œuvre plusieurs mesures prévues dans le Plan national de prévention et de gestion des risques d’inondation. Des piquets d’intervention rapide ont été mis en place dans les différentes unités de la Protection civile. Les opérations de curage des caniveaux et des collecteurs se poursuivent également à travers le pays.
Dans le District de Bamako, les travaux de libération des servitudes et des lits des marigots se poursuivent. Les autorités comptent également sur les brigadiers citoyens et les volontaires mobilisés dans le cadre du projet Né Ka Siguida, N’Ka Faso Ko.
Parallèlement, les alertes hydrométéorologiques continuent d’être produites et diffusées. Les campagnes de sensibilisation passent également par les radios, la télévision, la presse et l’application digitale SOS Sécurité.
Pour les autorités, ces différentes initiatives doivent permettre de « renforcer la prévention, améliorer la capacité d’intervention et réduire la vulnérabilité des populations face aux risques d’inondation ».
Appel à la vigilance
Après les pertes enregistrées, le Gouvernement adresse ses condoléances aux familles endeuillées et exprime sa compassion aux personnes touchées. Il assure également que les dispositions nécessaires sont prises pour apporter une assistance rapide et appropriée aux sinistrés. Mais la prévention ne repose pas uniquement sur les services de secours. Les autorités invitent chaque citoyen à adopter des comportements susceptibles de réduire les risques.
Le premier réflexe est d’éviter les déplacements pendant les orages. Il est également fortement déconseillé de s’engager sur une route ou une ruelle inondée, « à pied comme en voiture ». Les populations sont, en outre, invitées à ne pas toucher aux câbles électriques, à débrancher les appareils sensibles pendant les orages et à porter une attention particulière aux enfants, aux personnes âgées et aux personnes vulnérables.
Face au risque de foudre, les autorités insistent particulièrement sur le choix du lieu où s’abriter. « Ne jamais chercher refuge sous un arbre pour éviter le risque de foudre », rappelle le communiqué. En cas de fortes pluies ou d’orage, il est recommandé de rejoindre un bâtiment solide ou un espace couvert. L’utilisation du téléphone sous un orage est également déconseillée.
Autre consigne des autorités eest de libérer les emprises et les voies naturelles d’écoulement des eaux. Les citoyens sont invités à signaler, via les numéros verts, tout déversement d’ordures dans les caniveaux et les collecteurs.
Avec 13 décès, 17 blessés, 153 effondrements et 2 790 personnes affectées depuis le début de l’hivernage, le bilan rappelle la vulnérabilité de nombreuses communautés face aux intempéries. Le Gouvernement assure vouloir maintenir une « veille permanente sur l’évolution de la situation ». Une surveillance d’autant plus nécessaire que les pluies et les orages devraient encore rythmer le mois de septembre.
Dans ce contexte, le message des autorités tient en un mot : vigilance. Car face aux pluies torrentielles, aux vents violents et à la foudre, quelques gestes préventifs peuvent parfois faire la différence.
Issa TANGARA / Icimali.com




