Un pick-up détruit appartenant aux terroristes de la coalition JNIM et FLA à Anéfis
De la région de Kidal aux forêts du sud du Mali, les Forces armées maliennes (FAMa) ont enchaîné, du 11 au 15 juillet 2026, une série d’opérations contre les groupes armés terroristes. Frappes aériennes de précision, surveillance renforcée, ratissages terrestres et sécurisation des axes logistiques : cette séquence traduit une stratégie visant à maintenir une pression permanente sur les groupes affiliés au JNIM, au FLA et aux autres organisations terroristes. Analyse d’une semaine qui éclaire les nouvelles orientations de la campagne militaire.
Pendant longtemps, les groupes armés terroristes ont misé sur leur mobilité, leur parfaite connaissance du terrain et leur capacité à se disperser rapidement pour échapper aux opérations militaires. Les communiqués publiés par l’État-Major Général des Armées entre le 11 et le 15 juillet 2026 laissent apparaître une évolution du mode opératoire des FAMa : désormais, l’objectif ne consiste plus seulement à répondre aux attaques, mais à rechercher, localiser puis détruire les sanctuaires et les capacités logistiques des groupes armés avant qu’ils ne passent à l’action.
Cette approche se retrouve dans chacune des opérations annoncées au cours de cette semaine. D’abord par Anéfis que d’aucuns considèrent comme « le premier acte de la consolidation ». En effet, le 11 juillet, les FAMa annoncent poursuivre les opérations de ratissage dans le secteur d’Anéfis, après avoir repris le contrôle total de cette localité stratégique.
Le bilan communiqué peut sembler limité en chiffres une frappe aérienne, « un véhicule de combat détruit et cinq combattants neutralisés », mais il traduit, selon une source militaire, « une logique bien connue des opérations militaires : une fois une zone reprise, l’enjeu n’est plus la conquête, mais sa stabilisation. »
Les opérations de ratissage visent à empêcher les groupes armés de reconstituer leurs cellules, de récupérer du matériel abandonné ou de préparer des actions de harcèlement contre les positions nouvellement établies.
A Aguelhoc, c’est le renseignement avant le feu. Dès le lendemain, les opérations se déplacent vers le nord. Aux abords de cette ville, la hiérarchie militaire, plusieurs combattants terroristes ainsi que des véhicules armés sont détectés avant même leur passage à l’action.
Cette opération illustre le rôle devenu central du renseignement dans la conduite des opérations. « Les frappes de précision ne sont plus déclenchées au hasard d’un affrontement. Elles interviennent après la localisation des objectifs grâce aux moyens de surveillance déployés sur le terrain », explique une source militaire.
Si le bilan n’a pas été immédiatement communiqué, force est de reconnaitre que l’essentiel réside ailleurs : empêcher une concentration de combattants susceptible de menacer les positions militaires ou les populations.
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Mali : Un refuge des GAT neutralisé par les FAMa entre Bougouni et Kadiana
Quand la météo devient une arme de guerre
Le 13 juillet, l’actualité opérationnelle des FAMa prend une autre dimension. Selon les informations communiquées par l’Etat-major général des 2Rmées, un convoi logistique des FAMa est immobilisé près du village de N’Djéla, à cause des fortes pluies. Les groupes armés tentent alors de profiter de cette vulnérabilité momentanée pour lancer une embuscade.
L’épisode rappelle que, pendant l’hivernage, les contraintes naturelles deviennent un véritable facteur stratégique. Les routes dégradées ralentissent les mouvements, compliquent le ravitaillement et offrent parfois aux groupes terroristes des opportunités d’attaque.
Mais, c’est sans compter sur la détermination des FAMa. La réaction rapide des FAMa, qui « repoussent l’assaut » avant d’engager une traque des assaillants, montre toutefois que la « protection des convois demeure une priorité dans la conduite des opérations », a fait savoir l’expert militaire.
Une mi-juillet significative
Les opérations annoncées le 14 juillet marquent une nouvelle étape. Selon la hiérarchie militaire, les moyens aériens identifient un refuge installé dans une zone boisée entre Bougouni et Kadiana. La frappe détruit non seulement plusieurs combattants mais aussi leurs équipements logistiques.
Cette évolution est significative. Car, « dans une guerre asymétrique, les infrastructures clandestines constituent souvent la véritable colonne vertébrale des groupes armés : elles servent à stocker les armes, les vivres, le carburant, les moyens de communication et parfois à préparer les attaques. Les neutraliser revient à réduire durablement les capacités opérationnelles de l’adversaire. ».
L’opération menée le 15 juillet dans la forêt de Kékoro apparaît comme le point culminant de cette séquence. Selon l’État-Major, les renseignements recueillis ont permis d’identifier un important refuge terroriste avant le déclenchement de plusieurs frappes aériennes de précision.
L’infrastructure est annoncée comme entièrement détruite. Les combattants qui tentent de s’échapper sont ensuite poursuivis jusqu’aux environs du village de Domba, près de Morila.
Cette succession d’actions révèle une coordination entre les moyens de renseignement, les capacités aériennes et les unités terrestres chargées d’exploiter les effets des frappes. Au-delà du nombre de terroristes neutralisés, cette opération vise surtout à empêcher la reconstitution rapide des groupes dispersés.
Une campagne militaire qui change de rythme
Pris isolément, chacun de ces communiqués de l’Etat-major présente un épisode de la lutte antiterroriste. Mis bout à bout, ils dessinent une campagne militaire cohérente. Les opérations s’étendent simultanément au nord, au centre et au sud du pays. Elles alternent protection des convois, destruction des refuges, frappes contre les concentrations de combattants et ratissages destinés à exploiter les succès obtenus.
Cette diversification des actions traduit une volonté de réduire progressivement les marges de manœuvre des groupes armés en les privant de leurs bases, de leurs moyens logistiques et de leur liberté de mouvement.
Autre élément marquant, la fréquence des communiqués officiels. En publiant presque quotidiennement le bilan des opérations, l’État-Major cherche également à rendre compte de la continuité de l’effort militaire et à maintenir le lien avec l’opinion publique.
Comme le souligne l’État-Major Général des Armées, « les Forces armées maliennes poursuivent résolument les opérations coordonnées de recherche et de neutralisation des groupes armés terroristes. » Un message qui revient comme un fil conducteur tout au long de cette semaine d’opérations et qui s’accompagne d’un appel constant à la vigilance des populations.
Entre frappes ciblées, exploitation du renseignement et contrôle du terrain, cette séquence du 11 au 15 juillet 2026 témoigne d’une intensification des opérations militaires. Si leurs effets à long terme dépendront de leur inscription dans la durée, ces actions traduisent, selon les informations communiquées par l’État-Major, une volonté affirmée de maintenir l’initiative face aux groupes armés terroristes et de poursuivre la sécurisation progressive du territoire national.
Cyril Roc DACK




