Site aurifère de Kobada au sud du Mali
Le Conseil des ministres du vendredi 28 août 2026 a adopté un projet de décret précisant les modalités de participation de l’État et des investisseurs nationaux au capital de la Société Mines de Kobada-S.A. Une participation globale de 35 % est prévue, dans le cadre de la mise en œuvre du nouveau Code minier.
Le projet aurifère de Kobada franchit une nouvelle étape institutionnelle. Réuni le vendredi 28 août 2026, le Conseil des ministres, sur le rapport du ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousseni Sanou, a adopté un projet de décret fixant les modalités de participation de l’État au capital social de la Société Mines de Kobada-S.A.
Cette décision s’inscrit dans la volonté affichée des autorités maliennes de renforcer la contribution du secteur minier à l’économie nationale et d’accroître la participation malienne dans les projets miniers.
La Société Mines de Kobada-S.A. a été créée à la suite de l’attribution à la Société Toubani Resources Mali-Sarl d’un permis d’exploitation d’or et des substances minérales du groupe 2. Elle est chargée de l’exploitation du gisement aurifère de Kobada, situé dans le cercle de Kangaba, dans la région de Koulikoro. Le projet constitue ainsi l’un des dossiers concernés par les nouvelles orientations du Mali en matière de gouvernance et de valorisation des ressources minières.
Depuis l’adoption en 2023 d’un nouveau Code minier et d’une loi relative au contenu local, le Gouvernement entend notamment favoriser une meilleure intégration de l’activité minière dans le tissu économique national. L’objectif est de faire en sorte que l’exploitation des ressources naturelles profite davantage à l’État, aux investisseurs nationaux et à l’économie locale.
Une participation malienne portée à 35 %
Dans le cadre de la mise en œuvre de ces réformes, des négociations ont été engagées avec les sociétés Toubani Resources Mali-Sarl et Mines de Kobada-S.A. Ces discussions ont abouti à la signature d’un protocole d’accord définissant les conditions de poursuite du projet de Kobada conformément aux exigences du nouveau cadre légal. Selon les termes de cet accord et les dispositions du Code minier de 2023, la participation de l’État et des investisseurs nationaux au capital social de Mines de Kobada-S.A. est fixée à 35 %.
Cette participation se décline en trois composantes. La première correspond à une participation gratuite et non diluable de 10 %. La deuxième prévoit une participation supplémentaire de 20 % en numéraire. Enfin, 5 % du capital sont réservés aux investisseurs nationaux.
- A LIRE AUSSI : https://icimali.com/pm-abdoulaye-maiga-a-alger-souverainete-et-non-ingerence-comme-principes45839-2/
PM Abdoulaye Maïga à Alger : Souveraineté et non-ingérence comme principes
Cette nouvelle configuration traduit la volonté des autorités de renforcer la présence de capitaux maliens dans l’exploitation des ressources du pays, tout en préservant les intérêts des investisseurs privés engagés dans le développement du projet.
Le projet de décret adopté par le Conseil des ministres vient préciser les modalités pratiques de cette participation au capital de Mines de Kobada-S.A. La gestion de la participation de l’État sera confiée à la Société du Patrimoine minier du Mali, appelée à jouer un rôle central dans la préservation et la gestion des intérêts de l’État dans le secteur minier.
À travers ce mécanisme, le Gouvernement cherche à inscrire la participation publique dans une logique de gestion structurée du patrimoine minier, conformément aux nouvelles dispositions législatives.
Le contenu local au cœur de la réforme
Au-delà de la seule répartition du capital, le dossier de Kobada illustre l’application des réformes engagées depuis 2023. Le nouveau Code minier et la législation sur le contenu local visent notamment à renforcer les retombées économiques des activités extractives au bénéfice du Mali.
L’enjeu est désormais de traduire la présence de l’État et des investisseurs nationaux en avantages économiques concrets : mobilisation de ressources financières, développement des entreprises locales, création d’emplois et accroissement de la valeur ajoutée générée par l’exploitation minière.
Avec une participation malienne portée à 35 %, le projet Kobada s’inscrit ainsi dans cette nouvelle approche de la politique minière nationale. L’adoption du décret constitue une étape supplémentaire vers la concrétisation de cette orientation, alors que le Mali cherche à mieux maîtriser les conditions d’exploitation et les retombées de ses ressources aurifères.
Mariam DOUMBIA




