Depuis l'annonce du recrutement de volontaires au sein des forces armées maliennes par le ministère de tutelle, une course aux documents administratifs a commencé. Cependant, de nombreuses voix s'élèvent parmi les postulants pour dénoncer les prix élevés et les difficultés rencontrées dans l'obtention des documents requis pour le recrutement.
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Recrutement dans l’armée : Des documents administratifs coûteux ?

Depuis l’annonce du recrutement de volontaires au sein des forces armées maliennes par le ministère de tutelle, une course aux documents administratifs a commencé. Cependant, de nombreuses voix s’élèvent parmi les postulants pour dénoncer les prix élevés et les difficultés rencontrées dans l’obtention des documents requis pour le recrutement.

Au cours des derniers jours, les services administratifs sont envahis par des jeunes à la recherche de documents pour candidater aux concours d’entrée dans les corps de l’armée. En effet, le dépôt des dossiers pour ces recrutements commence le 23 octobre prochain et ne durera qu’une semaine. Un délai jugé insuffisant par Amidou Coulibaly, un jeune volontaire qui estime qu’en moins d’une semaine, beaucoup ne pourront pas déposer leur dossier. « C’est la quatrième fois maintenant que je participe à ce genre de recrutement dans l’armée. J’aime vraiment mon pays et je suis prêt à tout pour l’aider à retrouver la paix. Je ne sais pas pourquoi il y a autant d’obstacles pour porter l’uniforme de mon pays. En moins d’une semaine, je suis certain que plus de la moitié des candidats ne pourront pas déposer leur dossier », explique-t-il.

Ces candidats sont tous à la recherche de documents tels que le casier judiciaire, le certificat de nationalité, une demande manuscrite, l’extrait d’acte de naissance, l’attestation de non-titulaire d’un diplôme supérieur au Bac, une copie légalisée de la carte NINA ou de la fiche individuelle, un certificat de résidence, une attestation de célibataire sans enfant, et enfin, une carte d’identité en cours de validité.

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Cependant, l’obtention de ces documents relève parfois du parcours du combattant, selon Ousmane Ouattara, candidat pour l’armée. « Les documents qu’on nous demande de fournir sont nombreux et en plus c’est très cher dans l’ensemble. Pour obtenir tous ces documents, il ne faudra pas un peu moins de 10 000 FCFA, sans tenir compte du prix de la carte d’identité civile. Pour quelqu’un au chômage depuis des années, comment peut-il réunir cette somme en si peu de temps pour tous ces documents ? », s’interroge-t-il.

Selon lui, le fait d’exiger la présence d’une carte d’identité civile est un moyen de disqualifier un grand nombre de candidats. « Je ne comprends pas pourquoi on nous demande de fournir une carte d’identité civile en plus de la carte NINA ou de la fiche individuelle. Nos autorités savent très bien qu’aujourd’hui, il y a un manque criant de cartes civiles. Malgré cela, on nous demande de l’amener quand même. Il faudra vraiment laisser les mains libres aux candidats pour postuler », dénonce-t-il.

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En plus du temps nécessaire à l’établissement de ces documents, des citoyens ont également dénoncé la spéculation autour de leur coût. Cependant, les responsables de certains services ont nié ces allégations. Lassina Diakité, maire du centre secondaire d’État civil de Badialan I, a affirmé que l’obtention de ces documents ne prend pas beaucoup de temps à leur niveau. « Ça ne prend pas de temps chez nous. Ils déposent le matin et viennent à 15 h pour le retrait. La certification coûte 100 F, mais la déclaration de statut de célibataire coûte 1000 F CFA », affirme-t-il. Il en profite pour lancer un appel à ses collègues maires afin qu’ils agissent dans les règles de l’art. Quant à une mairie de la commune I, la déclaration de statut de célibataire seule coûte 2000 F CFA. Interrogés sur les raisons de ce prix élevé, les agents ont refusé de répondre à notre requête.

Il est à noter que pour ce recrutement, il s’agit d’enrôler 600 gardiens de la paix pour la Police nationale et 100 sapeurs du rang pour la Protection civile. De plus, tous les candidats doivent avoir entre 18 ans au moins et 28 ans au plus. La course contre la montre est lancée, reste à savoir si en une semaine, ces milliers de candidats pourront déposer leur dossier pour participer à ce recrutement tant attendu.

Ahmadou Sékou Kanta

L’Observatoire

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