Général Malick Diaw, Président du Conseil national de Transition-CNT
La session ordinaire d’octobre 2026 du Conseil Nationale de Transition (CNT) a été ouverte ce lundi 5 0ctobre 2026, sous la présidence du président de l’organe parlementaire Malick Diaw dont le discours ci-dessous in extenso.
- Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement ;
- Messieurs les Présidents des Institutions de la République ;
- Chers collègues membres du Conseil national de Transition ;
- Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;
- Excellences, Mesdames et Messieurs les représentants du corps diplomatique ;
- Madame et Messieurs les Présidents des Autorités Administratives Indépendantes ;
- Monsieur le Chef d’État-major Général des Armées ;
- Messieurs les Chefs d’État-major et Directeurs de Services ;
- Monsieur le Gouverneur du District de Bamako ;
- Monsieur l’Agent chargé d’expédier les affaires courantes de la Mairie du District de Bamako ;
- Madame le Maire de la Commune III du District de Bamako ;
- Messieurs les représentants des familles fondatrices de Bamako, des autorités Coutumières et religieuses ;
- Distingués invités, en vos rangs, qualités et grades ;
- Mesdames et Messieurs,
C’est avec un plaisir renouvelé que je vous retrouve, en ce lundi 5 octobre 2026, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la session ordinaire d’octobre du Conseil national de Transition.
Je voudrais, à l’entame de mon propos, saluer tout particulièrement la présence de Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Général de Division Abdoulaye MAÏGA, ainsi que celle des membres du Gouvernement. Votre présence, Monsieur le Premier ministre, est bien plus qu’un geste de courtoisie républicaine. Elle témoigne de la qualité du dialogue entre nos institutions et de l’articulation harmonieuse de nos missions respectives au service de la Nation.
Nous y lisons l’estime que vous portez au Conseil national de Transition et l’attention que vous accordez à ses travaux. Soyez-en remercié.
Je salue aussi la présence très remarquée des Présidents des Institutions de la République, de leurs Excellences les membres du corps diplomatique, des Présidents des Autorités administratives indépendantes ainsi que de la haute hiérarchie de nos Forces de Défense et de Sécurité. À vous toutes et à vous tous, qui nous faites l’honneur d’être parmi nous, je vous souhaite la cordiale et fraternelle bienvenue.
- Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement ;
- Chers Collègues ;
- Mesdames et Messieurs,
Cette session doit être une occasion de plus pour rendre un vibrant hommage à feu le Général d’Armée Sadio Camara tombé les armes à la main lors des événements malheureux du 25 avril 2026. Mon général, vos efforts ne seront pas vains et la nation entière ne vous oubliera jamais. Le Sadiolisme est avec nous, un général ne meurt pas ; il se retire et merci pour votre sacrifice ultime, qu’Allah le tout puissant vous accueille dans son paradis !
Ce sont les rudes épreuves qui forgent les grandes nations. Nous vous faisons le serment de terminer très bientôt en beauté le combat que nous avons commencé ensemble, Inch Allah.
La présente session connue sous le vocable de Session ordinaire d’octobre ou encore la session budgétaire revêt un caractère tout particulier car elle entend se prononcer sur le budget 2027 de notre pays. C’est le moment où les chiffres deviennent des choix, les choix deviennent des engagements et chaque engagement devient une obligation.
Je voudrais à cet effet, rappeler le contexte exigeant de l’heure afin que de nos travaux, soit voté, un budget équilibré et flexible qui prend en compte les aspirations profondes de nos populations dans le strict respect des principes qui guident l’action publique.
Notre pays bien qu’éprouvé, refuse de se résigner, notre nation bien que meurtrie refuse de plier et notre Confédération bien que naissante refuse également de reculer.
Dans son adresse à la Nation, à la veille du 22 septembre 2026, soixante-sixième anniversaire de notre indépendance, le Président de la Transition, Chef de l’État, le Général d’Armée Assimi GOÏTA, a donné le ton.
D’une main, il invite à la paix, au dialogue et à la réconciliation avec toutes les filles et tous les fils du Maliba qui veulent bâtir le pays, un pays qui répond présent aux besoins et aspirations légitimes de tous ses fils. Et de l’autre main, il a tenu ferme le drapeau, signe de l’intégrité du territoire, l’unité nationale et la prospérité.
La main tendue et la fermeté ne s’opposent guère…. Au contraire elles sont les deux faces d’une même volonté : rassembler, sans jamais rien céder sur ce qui fait la grandeur d’un pays. C’est ce que nous enseigne l’image célèbre attribuée au roi GUÉZO d’Abomey, je cite : « Si tous les enfants du pays venaient, par leurs mains assemblées, boucher les trous de la jarre percée, le pays serait sauvé. »
Cette jarre, chers collègues, c’est notre Mali. L’eau qu’elle contient, c’est notre espérance commune. Pour dire que chacun compte dans la construction du Mali.
Particulièrement à nos compatriotes établis à l’extérieur, j’affirme que le Mali Kura est ouvert à tous. Nous saluons leur rôle éminemment positif dans la construction nationale et le rayonnement de notre pays sur le plan international.
Ce sursaut patriotique, nous l’avons vu à l’œuvre ces derniers mois. Notre pays a traversé une période éprouvante dans son approvisionnement en hydrocarbures et en électricité. Les files d’attente interminables devant les stations d’essence, les spéculations et les malversations ont mis à rude épreuve la patience de tous.
Avec la résilience des populations que je loue ici, rien ne pourra nous empêcher de surmonter toute sorte d’épreuve. Car unis, nous vaincrons. L’impossible n’est plus malien et le plus difficile est derrière nous.
Aujourd’hui, l’approvisionnement du pays est revenu presque à la normale et la fourniture en électricité s’est considérablement améliorée et qui, très bientôt ne sera qu’un triste souvenir. A ce sujet, il m’est particulièrement agréable d’exprimer les vives félicitations du Conseil national de Transition au Gouvernement pour les efforts déployés, aux transporteurs, chauffeurs et apprentis qui ont repris la route malgré le danger, à notre brave population, qui a fait preuve d’une résilience sans pareille et surtout à nos vaillantes FAMa, qui continuent toujours d’escorter jour et nuit les convois de camions et de citernes, souvent au péril de leur vie.
Nos remerciements singuliers vont à Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État, pour les actes posés en faveur de notre outil de défense et des besoins de nos populations. En témoignent la récente inauguration des locaux de l’État-major du Bataillon autonome des Forces spéciales, et celle de la Polyclinique des Armées, entièrement rénovée et dotée d’un plateau technique de dernière génération. Prendre soin de ceux qui nous protègent, c’est aussi cela, défendre la Patrie.
- Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement ;
- Chers Collègues ;
- Mesdames et Messieurs,
Cette guerre, nous ne l’avons pas choisie, nous ne l’avons pas déclarée et nous ne l’avons pas voulue non plus. Elle a été imposée à notre peuple et à l’ensemble des peuples de la Confédération des États du Sahel. Elle avance sous le visage du terrorisme, mais derrière ce visage se cachent des intérêts qui ne sont pas les nôtres car le Sahel demeure un enjeu géostratégique.
Bien avant les conventions internationales, nos ancêtres proclamaient déjà, dans la Charte du Mandé : « Toute vie humaine est une vie » Près de huit siècles plus tard, le 12 septembre 2001, le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi ANNAN, déclarait devant le Conseil de sécurité : « Une attaque terroriste contre un pays est une attaque contre l’humanité tout entière ».
Nous en sortirons vainqueurs, plaise à DIEU, car l’’histoire nous enseigne que les peuples du Sahel ont traversé bien des épreuves sans jamais renoncer à leur dignité.
Je réaffirme le soutien indéfectible du Conseil national de Transition à nos Forces de défense et de sécurité, ainsi qu’aux forces unifiées de la Confédération des États du Sahel. Qu’elles le sachent : derrière chaque soldat qui se bat, il y a un peuple tout entier qui se tient debout.
Cette conviction que notre sécurité est désormais commune, nous l’avons portée à Niamey. Le fleuve Niger traverse Bamako avant d’arroser Niamey et son bassin embrasse aussi la terre burkinabè. Depuis toujours, la nature nous enseigne que nos destins coulent dans le même lit. La politique a fini par l’écrire.
Il me plaît de revenir, non sans une légitime fierté, sur un événement qui fera date dans la vie institutionnelle de notre espace confédéral il s’agit de la session inaugurale et de la première session ordinaire des parlements de la Confédération des États du Sahel, tenues à Niamey, en République du Niger, du 24 au 29 août 2026.
Je saisis cette occasion pour renouveler notre profonde gratitude aux plus hautes autorités du Niger et au peuple nigérien frère, avec à leur tête le Président de la République, Son Excellence le Général d’Armée Abdourahamane TIANI, Chef de l’État, pour l’accueil fraternel réservé à ma délégation et à moi-même.
Pour la première fois, les représentants des institutions parlementaires de nos trois États se sont retrouvés dans un même cadre institutionnel, non plus comme des voisins qui se consultent, mais comme les membres d’une même famille politique qui délibèrent ensemble.
Les travaux ont porté sur des questions qui touchent directement la vie de nos populations : la sécurité, la coopération policière et le partage du renseignement, la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que l’information et les médias. Autant de sujets qui disent clairement que :
- la sécurité de nos États est désormais étroitement liée ;
- nos économies sont interdépendantes ;
- et surtout, que l’avenir de nos peuples exige que nous construisions ENSEMBLE, oui, ENSEMBLE, des réponses à des défis communs.
Les recommandations issues de ces assises seront transmises aux Chefs d’État de la Confédération. Le Conseil national de Transition entend jouer pleinement sa partition dans leur mise en œuvre.
Trois de nos collègues ont été élus dans les bureaux de Commission. L’Honorable Moussa Ag ACHARATOUMANE, Président de la Commission Défense et Sécurité,
L’Honorable Boubacar H. DIALLO, Vice-président de la Commission Développement,
Et l’Honorable Madame HAÏDARA Aïchata Alassane CISSÉ, Rapporteur de la Commission Diplomatie.
En votre nom, je leur adresse nos chaleureuses félicitations pour la confiance placée en eux qui honore le Mali tout entier.
Je ne saurais passer sous silence le triste évènement survenu pendant nos travaux, dans la nuit du 28 au 29 août 2026.
Monsieur le Premier ministre ;
Honorables Membres du Conseil national de Transition ;
Chers invités,
Vous me permettrez de dénoncer avec vigueur et de condamner sans réserve cette entreprise ignoble de déstabilisation, cette trahison qui nous rappelle combien la paix que nous construisons demeure exposée.
Mais grâce au professionnalisme des forces loyalistes du Niger, ce complot a été rapidement mis en échec. Nos anciens nous enseignent : « Quand la case de ton voisin brûle, aide-le à éteindre le feu, sinon il gagnera la tienne. ». L’épreuve du Niger est notre épreuve et la victoire est nôtre.
Nous appelons les populations du Burkina Faso, du Mali et du Niger à demeurer vigilantes face aux campagnes de désinformation, de manipulation de l’opinion et aux tentatives de division de nos Peuples. La bataille pour la stabilité de notre espace confédéral ne se livre pas seulement sur le terrain militaire. Elle se livre aussi sur le front de l’information, où la cohésion de nos peuples demeure le rempart ultime contre la déstabilisation.
- Monsieur le Premier ministre ;
- Chers Collègues,
L’intersession qui s’achève n’a pas été, pour notre institution, un temps de repos. Elle a été dense, et souvent menée au pas de charge, du contrôle de l’action gouvernementale à la diplomatie parlementaire.
Dans le cadre de notre mission de suivi et de contrôle de l’action publique, une délégation parlementaire du Conseil national de Transition s’est rendue auprès des entrepôts maliens des ports de Dakar, d’Abidjan et de Lomé. Elle avait pour objectif de s’enquérir des conditions de stockage de nos marchandises, de la gestion de nos approvisionnements et des difficultés susceptibles d’entraver la fluidité de nos échanges commerciaux.
Pays sans littoral, le Mali respire par ses corridors. Chaque tonne de carburant, de céréales ou d’intrants qui arrive à Bamako a d’abord transité par un port et par un entrepôt. Cette mission rappelle l’exigence d’une gestion rigoureuse, transparente et efficace des stocks stratégiques qui garantissent la sécurité de nos approvisionnements. Ses enseignements nourriront notre examen du budget, et ses recommandations feront l’objet d’un suivi attentif de notre part.
La délégation a également rencontré nos compatriotes établis dans ces trois pays, qui lui ont fait part de leurs conditions de séjour et de leurs attentes envers le pays. Ils nous ont surtout rappelé ce que chaque Malien de l’extérieur sait au fond de lui : on peut quitter le Mali, mais le Mali ne nous quitte jamais.
La Commission du Développement rural, de l’Environnement et de l’Assainissement a, pour sa part, effectué des visites de terrain avec les départements ministériels en charge de l’Agriculture et de l’Élevage. Ces visites avaient pour but :
- d’évaluer la situation des emblavures ;
- de s’enquérir du bon déroulement de l’hivernage ;
- de prendre la mesure des réalités vécues par les éleveurs et les pêcheurs ;
- et d’encourager nos producteurs, qui nourrissent la Nation.
D’autres commissions générales ont organisé des séances d’écoute et d’échanges avec des associations et des acteurs de différents secteurs de notre société. C’est ainsi que se construisent des lois justes : en écoutant d’abord ceux à qui elles s’appliqueront.
C’est le lieu également de rappeler que l’hivernage qui s’achève n’a comblé les attentes des populations par endroit. Il s’agit d’un phénomène naturel en rapport avec les changements climatiques.
Sur le plan de la diplomatie et de la coopération parlementaire, j’ai reçu plusieurs personnalités venues témoigner des efforts consentis et la qualité du travail accompli par notre institution et nous encourager à maintenir la dynamique de refondation de notre pays.
Il me plaît également d’adresser, en votre nom, nos félicitations à l’Honorable Assane SIDIBÉ, Président de la Commission des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, élu Président du Réseau des parlementaires du Bassin de la Volta, en marge de la rencontre de Cotonou. Cette élection honore notre Parlement et traduit la confiance placée au Mali sur les enjeux de l’eau et de l’intégration des peuples du Bassin de la Volta.
Il est à noter aussi la participation remarquée d’une délégation de la Commission des Finances à la 18ème Conférence annuelle de la SADCOPAC sur la gouvernance et à sa 22ème Assemblée générale annuelle, tenues à Mbabane, en Eswatini, en septembre 2026. Ces rencontres entre commissions des comptes publics sont pour nous des écoles d’exigence, à la veille d’une session où le contrôle de la dépense publique sera au cœur de nos travaux.
Et comme à l’accoutumée, certains collègues ont accompagné les missions du Gouvernement, notamment au débat général de la 81ème session de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, du 22 au 28 septembre 2026.
À l’heure où je vous parle, deux missions parlementaires sont à l’œuvre : l’une en République sœur de Guinée Conakry, pour la cérémonie solennelle de rentrée parlementaire de l’Assemblée nationale ; l’autre à Arusha , en République unie de Tanzanie, pour la 153èmeAssemblée de l’Union interparlementaire et ses réunions connexes.
- Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement ;
- Honorables membres du Conseil national de Transition ;
- Mesdames et Messieurs,
En parlant de la présente session, je voudrai rappeler que si elle se tient ce jour 05 octobre, ce n’est pas un hasard du calendrier. La Constitution du 22 juillet 2023 fixe l’ouverture de la session d’octobre au premier lundi ouvrable du mois, et elle dispose que le Parlement est saisi du projet de loi de finances dès cette ouverture. Voilà pourquoi la session d’octobre porte, à juste titre, le nom de « session budgétaire ».
Elle s’annonce riche en débats, dans la plus pure tradition des joutes parlementaires. Outre le projet de loi de finances, plus d’une trentaine de projets de loi sont inscrits à l’ordre du jour de nos commissions : des textes renvoyés au cours des sessions précédentes et de nouveaux dépôts du Gouvernement.
À ces textes s’ajoute la seconde délibération des lois organiques relatives à la Cour constitutionnelle, à la Cour suprême, à la Cour des comptes, au Conseil supérieur de la Magistrature, ainsi que de la loi organique relative aux langues nationales. Ces textes ont fait l’objet d’un contrôle de constitutionnalité, et la seconde délibération nous permettra de prendre en charge les observations formulées par la Cour constitutionnelle.
Je mesure, et je vous demande de mesurer, la portée de ces textes. Ils ne sont pas de simples ajustements techniques. Ils achèvent de donner corps aux institutions voulues par la Constitution du 22 juillet 2023. Une justice constitutionnelle respectée, une Cour suprême efficace, une Cour des comptes outillée pour éclairer le Parlement sur l’usage des deniers publics, une magistrature indépendante et responsable, des langues nationales pleinement reconnues, pour que la loi parle aussi la langue de ceux qu’elle protège : voilà l’architecture d’un État de droit enraciné dans ses propres valeurs. Nous devons ces textes à la génération future, et nous devons les écrire avec soin.
Mais c’est le projet de loi de finances pour l’année 2027 qui retiendra l’essentiel de notre attention. Le Gouvernement nous en présentera les grandes masses et les priorités. Il nous reviendra de les examiner, de les discuter et, le moment venu, de les voter.
La loi de finances détermine, pour une année civile, « la nature, le montant et l’affectation des ressources et des charges de l’État, ainsi que l’équilibre budgétaire et financier qui en résulte ».
Mais derrière ces mots, il y a une réalité que nous ne devons jamais perdre de vue. Un budget n’est pas un empilement de chiffres. Chaque ligne de la loi de finances est une promesse faite au peuple malien : une salle de classe qui ouvre ses portes, un centre de santé qui reçoit des médicaments et des équipements adaptés, un forage qui donne de l’eau à un village, une route qui désenclave un cercle, la prise en charge d’un soldat qui défend la patrie.
La loi de finances se vote en deux temps. La première partie arrête les ressources de l’État, les plafonds de charges et l’équilibre qui en résulte ; la seconde répartit les crédits entre les programmes. La loi organique relative aux lois de finances est formelle : la seconde partie ne peut être discutée avant l’adoption de la première.
Ensuite, nous ne votons plus seulement des montants. Depuis le passage au budget-programme, nous votons des programmes, des objectifs et des indicateurs de performance. Nos commissions entendront les membres du Gouvernement et examineront, chacune dans son domaine, ce que chaque programme promet et ce qu’il a tenu. La Commission des Finances en fera la synthèse avant le débat en plénière.
La question n’est plus seulement : combien dépense-t-on ?
Elle devient : pour quoi faire, et avec quels résultats ?
Enfin, le temps nous est compté. Notre session ne peut excéder soixante-quinze jours. Ce délai n’est pas une contrainte de calendrier, c’est la mesure de notre responsabilité.
Cette loi de finances, Honorables membres du Conseil national de Transition est le deuxième acte d’un cycle dont nous avons joué le premier acte en juin dernier, lors du débat d’orientation budgétaire.
Conformément à la loi organique du 15 août 2025 relative aux lois de finances, le Gouvernement a soumis à notre débat le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle 2027-2029, adopté en Conseil des ministres le 10 juin. Ce document fixait le cap des trois prochaines années : les hypothèses de croissance, l’effort de mobilisation des recettes, la trajectoire des dépenses et du déficit.
En juin, nous avons débattu du cap. En octobre, nous votons la route.
Notre premier devoir sera donc de vérifier que la route reste fidèle au cap. Les orientations débattues en juin se retrouvent-elles dans les chiffres qui nous sont soumis ? Les priorités annoncées sont-elles financées ? Les hypothèses de croissance et de recettes sont-elles sincères ?
Ce budget, nous le savons, sera élaboré sous contrainte. Notre pays mène une guerre qui exige des moyens considérables, tout en devant répondre aux attentes légitimes de sa population en matière d’éducation, de santé, d’eau, d’énergie et d’emploi. Défendre le territoire et nourrir l’espérance ne sont pas des priorités concurrentes. Ce sont les deux exigences d’un même devoir. Notre rôle sera de veiller à ce que les arbitrages rendus respectent cet équilibre.
Monsieur le Premier ministre, je sais pouvoir compter sur le Gouvernement pour que les documents budgétaires et leurs annexes nous soient transmis dans les délais et sur la disponibilité de vos membres.
À vous, Chers Collègues, je demande l’assiduité, la rigueur et l’esprit de responsabilité qui ont toujours caractérisé nos travaux. Interrogeons, vérifions, proposons. Et souvenons-nous que contrôler n’est pas s’opposer. Contrôler, c’est servir. C’est aider l’action publique à atteindre ses objectifs.
- Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement ;
- Chers Collègues ;
- Mesdames et Messieurs,
L’année scolaire et universitaire qui a débuté il y a quelques jours replace la question de l’école au centre des préoccupations des parents d’élèves que nous sommes, et de toute la communauté nationale.
Prêtons un instant l’oreille attentive à cet enfant qui, quelque part au Mali, attend que son école rouvre ses portes. S’il pouvait se tenir à cette tribune, il nous dirait : « Je ne vous demande ni discours ni promesses. Je vous demande un maître, un banc, un cahier, et la paix pour apprendre. »
J’exhorte le Gouvernement à tout mettre en œuvre pour que les enfants en âge d’être scolarisés prennent le chemin de l’école, et pour que les autres retrouvent, en toute quiétude, l’atmosphère sereine des salles de classe sur toute l’étendue du territoire national. Partout où l’insécurité a fermé une école, sa réouverture doit être vécue comme une victoire de la République.
Le doyen Amadou Hampâté BÂ nous a laissé cette mise en garde devenue universelle: « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. » Faisons en sorte que, demain, chaque fois qu’un enfant malien franchit le seuil d’une école, ce soit une bibliothèque qui s’ouvre.
La plus grande richesse d’un pays, c’est une ressource humaine de qualité. C’est dans cet esprit que nous saluons l’inauguration, le 21 septembre 2026, par le Président de la Transition, du Centre d’Intelligence artificielle et de Robotique du Mali, le CIAR-Mali. Ce projet ambitionne de transformer la culture scientifique dans notre pays et de faire briller la jeunesse malienne à l’heure du numérique et de l’intelligence artificielle. Le monde de demain ne nous attendra pas. Nos jeunes doivent y entrer non comme des consommateurs, mais comme des créateurs.
Faire briller notre jeunesse et notre pays, nos basketteuses U18 l’ont fait avec panache en remportant l’Afrobasket U18 féminin, le dimanche 16 août 2026, à Abidjan. En conservant leur titre continental pour la troisième fois consécutive, et en décrochant leur dixième couronne africaine, ces filles de la Nation ont inscrit leur nom dans l’histoire du basket africain. Elles nous rappellent une vérité simple : quand on donne à la jeunesse malienne sa chance elle va au bout. Félicitations à elles, à leur encadrement et à leur Fédération !
- Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement ;
- Chers Collègues ;
- Mesdames et Messieurs,
Notre regard doit aussi se porter au-delà de nos frontières. Les foyers de conflit se sont multipliés à travers le monde ces dernières années. Ces tensions interétatiques, ces guerres civiles et asymétriques qui sèment la mort et la désolation nous interpellent tous, et d’abord nous, parlementaires. Aux crépitements des armes, doit répondre la voix de la diplomatie, et en premier lieu celle de la diplomatie parlementaire. Il est temps qu’un dialogue réel, sincère et sans faux-fuyants reprenne ses droits.
La géopolitique mondiale se recompose autour d’une multipolarité croissante. Le monde bipolaire, puis unipolaire, appartient désormais au passé.
Dans ce nouvel ordre mondial, le Mali choisit librement ses partenaires, sur la base du respect mutuel et de l’intérêt de son peuple. À cet égard, Monsieur le Premier ministre, votre récente visite en Algérie et celle de votre homologue algérien dans notre pays marquent la relance de la coopération entre nos deux pays. Elles confirment la volonté de nos deux Chefs d’État de consolider les relations entre deux peuples frères, liés par l’histoire et par la géographie.
Dans ce monde en mutation profonde, nous, Africains, avons l’obligation d’innover, d’inventer et de nous adapter. Comme je l’avais déclaré à Moscou en mars 2023, lors de la deuxième Conférence parlementaire internationale « Russie-Afrique dans un monde multipolaire » : « Les Africains doivent travailler plus, s’unir davantage et favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’intellectuels et de leaders responsables. »
C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que notre continent se fera entendre dans le monde nouveau qui se dessine.
- Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement ;
- Chers Collègues ;
- Mesdames et Messieurs,
Peuple d’histoire, nous formons un État qui fait la fierté de tous les Maliens. Cette histoire n’est pas un refuge. Elle est une source de motivation pour aller de l’avant, relever les défis et poursuivre le travail au service des intérêts de notre pays.
Les Autorités de la Transition n’ont jamais recherché de gloire personnelle. Notre priorité demeure : servir le peuple malien et permettre à chaque citoyen de vivre dans la dignité, en paix, dans un environnement sécurisé.
Je reste persuadé que notre pays le Mali poursuivra ses efforts pour consolider sa souveraineté, renforcer la sécurité sur l’ensemble du territoire, améliorer les conditions de vie des populations et bâtir des institutions davantage tournées vers l’efficacité de l’action publique. Cette dynamique, enclenchée avec clairvoyance par Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État, répond parfaitement aux aspirations profondes du peuple malien.
Dans ce contexte, Chers Collègues, notre responsabilité grandit. L’organe législatif de la Transition doit redoubler d’ardeur dans l’exercice de ses missions, dans le strict respect de la Constitution, de la Charte de la Transition et des lois de la République. Nos populations sont en droit d’attendre de nous des décisions judicieuses, des lois adaptées à leurs réalités et un contrôle rigoureux de l’action publique.
En portant un regard sur le chemin parcouru ensemble depuis le 5 décembre 2020, date d’installation du Conseil national de Transition, je ressens à la fois de la fierté pour les acquis et de l’optimisme pour l’avenir. Ce n’est pas une satisfaction personnelle, mais un sentiment de confiance qui nous donne la force de poursuivre nos efforts.
Les réformes institutionnelles que nous avons accomplies ne sont pas le fruit du hasard, mais d’une vision stratégique claire, d’un travail rigoureux fondé sur la bonne gouvernance et d’une volonté résolue de préparer l’avenir. C’est pourquoi je ne cesserai, Honorables membres du Conseil national de Transition, de vous féliciter et de vous remercier pour l’immensité et la qualité du travail accompli. Soyez-en fiers.
La grandeur d’une nation, d’une institution ou d’une communauté ne se mesure pas seulement à ses richesses matérielles. Elle se mesure à la force morale de son peuple, à sa capacité à rester debout face à l’adversité. Le baobab ne doit pas sa force à l’absence de tempêtes, mais à la profondeur de ses racines.
Nos racines sont profondes. Elles plongent dans Kouroukan Fouga, où nos ancêtres délibéraient déjà des règles de la cité, dans les manuscrits de Tombouctou, dans le courage de nos pères et dans la patience de nos mères.
Je vous invite donc, chacune et chacun, à être les artisans du futur, les artisans du Mali Kura. Un futur qui ne cède pas au doute, mais qui s’ouvre à l’espérance. C’est ensemble, dans l’unité et la solidarité, que nous transformerons nos aspirations en réalités tangibles.
En ce mois d’octobre, mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion, faisons parler nos cœurs. Je lance donc, un appel à l’action et à la coopération pour renforcer la solidarité nationale et assurer une réponse coordonnée, inclusive et efficace en faveur des populations les plus vulnérables. Toutes les bonnes volontés sont sollicitées et nous osons espérer sur une collaboration constructive pour faire de ce Mois de la Solidarité 2026 une réussite collective.
- Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement ;
- Chers Collègues ;
- Mesdames et Messieurs ;
- Distingués invités,
Notre devise tient en trois mots, je voudrais qu’ils résonnent aujourd’hui comme un serment.
Un Peuple, que la guerre n’a pas divisé et que les épreuves ont soudé.
Un But, que le sang versé de nos martyrs a immortalisé pour un Mali libre, souverain et prospère.
Une Foi, que rien n’a pu ébranler : la foi dans le génie de notre peuple et dans la miséricorde de ALLAH, le Tout Puissant.
En ce jour solennel d’ouverture de la session d’octobre 2026, je vous adresse ces mots avec la conviction profonde que le destin du Mali, notre Maliba, est entre les mains de ses filles et de ses fils.
Que notre engagement d’aujourd’hui soit la promesse tenue de demain. Avançons, unis, vers cet horizon où nos valeurs, notre dignité et notre humanité brilleront de tout leur éclat.
Puissent les travaux de notre session budgétaire être à la hauteur des attentes des Maliennes et des Maliens.
C’est sur ces mots et en vous renouvelant à toutes et à tous mes sincères remerciements, que je déclare ouverte la session ordinaire d’octobre 2026 du Conseil national de Transition.
Que Dieu préserve le Mali, un et indivisible, au sein d’une Confédération des États du Sahel stable et prospère !
Allah ka Mali kisi !
Je vous remercie.




