Synergie des enseignants et gouvernement : La hache de guerre enfin enterrée ?
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Synergie des enseignants et gouvernement : La hache de guerre enfin enterrée ?

La synergie des syndicats de l’éducation du 15 octobre tenait mordicus à l’application de l’article 39 relatif au statut particulier des enseignants. Mais, l’accord conclu avec le gouvernement, accordant la majoration de la prime spéciale de responsabilité d’un montant de 11.000 F CFA par enseignant, enlève une épine dans le pied du gouvernement. Fin de l’énigme ?

Les Syndicats de l’Education du 15 octobre 2016 ont levé leur mot d’ordre de grève de 72 heures, qui était prévue du mercredi 14 au vendredi 16 décembre 2022 sur l’ensemble du territoire national.

En effet, à la suite de l’adoption de l’Ordonnance portant grille dite unifiée en juin 2021, les syndicats de l’Education signataires ont engagé une lutte pour l’application de l’article 39 du statut du personnel.  Dans cette dynamique, ils ont déposé un préavis de grève de 72 heures, soit trois jours, le 21 novembre 2022, demandant l’application stricte de l’article 39 du statut du personnel enseignant. Mais, les négociations, discussions et autres rencontres ont abouti à la majoration de la prime spéciale de responsabilité avec un montant de 12,300 milliards de Franc CFA soit 11.000 F par enseignant, à compter du 1er novembre 2022, la création d’une prime spéciale d’enseignants, l’élaboration et l’examen du document cadre d’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants ».

Au regard de ces avancées, les syndicats de l’Education signataires du 15 octobre 2016 n’ont d’autres choix que dégonfler les muscles. D’où la décision souveraine, le porte-parole de la synergie, Ousmane Almoudou, de lever leur mot d’ordre de grève, avec comme effet la poursuite du travail, normalement.

Des avis partagés

Cette annonce a provoqué un tôlé. Certains enseignants n’ont pas hésité à montrer leur frustration et leur colère. ‘’C’est un aveu d’échec’’, peste un militant. « Toute cette lutte qu’on a menée depuis des années se résume maintenant à cette prime de 11.000 FCFA. On a eu confiance en nos leaders, on a fait d’énormes sacrifices pour l’application de cette loi et aujourd’hui, on vient parler d’avancée majeure avec cette somme qui ne vaut pas grand-chose. Je suis vraiment déçu », fulmine-t-il.

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D’autres, à l’instar de Moussa Konaté, maître d’anglais, jubile : « Enfin, quelque chose de bien après tout ce long combat qu’on a mené. Cette majoration est le fruit d’un combat de longue haleine et son aboutissement est un franc succès pour nous les enseignants. J’espère que cela mettra définitivement fin au bras de fer entre l’enseignant et le gouvernement. Je comprends que d’autres soient mécontents, mais vu les enjeux, je crois qu’on ne pouvait pas obtenir plus, alors on va faire avec. »

‘’Un tient vaut mieux que deux tu auras’’, renchérit Pierre Sanou. « Il est préférable de prendre ce qu’on nous propose que de tout perdre au final. Quand on regarde ce que ce montant représente sur le budget national, c’est vraiment colossal. Ainsi, j’estime que le gouvernement a fait d’énormes efforts. De notre côté, on a été courageux en acceptant cette proposition qui va mettre fin aux grèves intempestives qui entachent notre système éducatif. J’encourage mes autres collègues à aller dans le même sens et à accepter ce geste de bonne volonté de nos autorités ».

Il faut rappeler que l’article 39, dont les enseignants réclamaient l’application stricte, était censé accorder 15,17% d’augmentation sur les salaires des enseignants. Il stipule que : « toute majoration des rémunérations des fonctionnaires relevant du statut général des fonctionnaires s’applique de plein droit au personnel enseignant de l’enseignement fondamental, secondaire, de l’éducation préscolaire et spéciale ».

Somme toute, les enseignants ont troqué 15,17% du salaire prévus par l’article 39 contre 11.000 FCFA de prime spéciale de responsabilité. Mais, le contexte socio-économique et sécuritaire semble avoir raison de l’article 39 qui semble mourir de sa propre mort. Est-ce la fin de ce feuilleton ?

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Ahmadou Sékou Kanta

L’Observatoire

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