SANS DÉTOUR

Tribune du 22 septembre 2021 : La jeunesse malienne au cœur des enjeux

Le 22 septembre 2021 marque le 61ème anniversaire de l’accession du Mali à la souveraineté nationale et internationale. Au-delà de la symbolique qu’elle représente, cette date nous invite à fixer de nouveaux défis à relever dans la voie de l’émergence et du développement de notre navire commun, le Mali.

Le Président Modibo Keïta, père de l’indépendance malienne, avait décidé de faire de la jeunesse une priorité absolue, et lui légua comme testament incrusté dans du marbre, sa célèbre phrase pleine de bon sens et de vérité :

« Le Mali c’est vous ».

61 ans après, le Mali se retrouve à tenter de reconquérir ce qui était comme sa marque de fabrique, à savoir l’unité et l’honneur, pratiquée à l’intérieur et respectée hors de nos frontières. La raison est simple, nous n’avons pas montré la voie aux générations montantes, à travers la pratique d’une gouvernance vertueuse qui aurait dû avoir valeur de seconde religion.

La gouvernance vertueuse est celle que nous devons reconquérir par l’éducation, par le rôle modèle qui doit être celui des dirigeants. Il s’agit du choix de l’honnêteté et de la dignité chevillées au corps, du respect des aînés en raison de leur attitude morale et de leur exemplarité. Il s’agit aussi de la fierté éprouvée devant le travail bien accompli, de l’émulation saine et non de la compétition gratuitement agressive, de la récompense bien méritée et non de la politique du gain à tout prix. En bref, celles et ceux qui sont devant, sont censés restaurer nos valeurs que l’on nous envie, que l’on imite et qui se sont transmises à travers les âges. Rien d’extraordinaire, en somme, que de retrouver les boussoles qui nous avaient toujours guidés et que nous avions reçues de nos illustres prédécesseurs comme dans une épreuve de relais.

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 Rétablir la confiance

Depuis plusieurs décennies, la jeunesse semble être devenue un simple lieu commun des discours politiques. Son dévouement est exploité à mauvais escient et sa générosité mobilisée pendant les élections sans une contrepartie en rapport à ses préoccupations d’avenir grâce à des projets ambitieux et porteurs. Les politiques n’ont pas réussi, par leurs comportements, à convaincre les jeunes qu’une gouvernance vertueuse portée par un projet ambitieux est la voie la plus certaine pour répondre à leurs attentes. Le sinistre achat des consciences lors des compétitions électorales a particulièrement décrédibilisé l’engagement au service de l’intérêt général. De nombreux jeunes maliens se sont ainsi éloignés des urnes par déception et par résignation. Plusieurs d’entre eux, estiment que leur vote ne changera rien. C’est cette tendance, mortelle pour notre jeune démocratie, qu’il faut désormais renverser pour rétablir la confiance entre gouvernants et citoyens, surtout la frange jeune. Il y aussi une nécessité à renouveler la scène politique en donnant la possibilité aux plus jeunes de participer aux élections et de permettre leur d’occuper une place sur l’échiquier politique en assumant leurs responsabilités. La gouvernance vertueuse, il faut le répéter, haut et fort, passe par la voie de l’exemplarité, les jeunes ont besoin d’admirer pour adhérer. Pour ce faire, les programmes électoraux des candidats, plutôt que d’être un catalogue de vœux pieux doivent être crédibles et fondés sur les besoins réels et surtout sur les possibilités du pays au risque d’être un simple mirage.

Former la jeunesse malienne

Les gouvernants doivent former la jeunesse et lui donner les moyens transformer les ambitions du pays en des réalités palpables. Chaque spécialité a son utilité car les enjeux sont globaux et les équipes pluridisciplinaires. Des filières performantes de formation doivent voir le jour et la prise en compte des différents profils est nécessaire, des moins qualifiés aux plus qualifiés en adaptant ces profils aux besoins du pays. L’analphabétisme ne doit pas être un frein, les filières d’apprentissage permettront à chacun d’exprimer son talent et de se rendre utile à la nation à travers la professionnalisation des métiers. La prise en compte de tous dans un processus de valorisation est le creuset du patriotisme. Cette démarche doit fixer la volonté des gouvernants à ne laisser personne sur le bord du chemin dans la réalisation d’un Mali meilleur.

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Le pari de la performance

Sous d’autres cieux, le vieillissement est devenu une source d’inquiétude majeure, du fait de sa menace directe sur la performance économique. Au Mali, l’inquiétude a longtemps résidé dans la recherche de solutions pouvant sortir la jeunesse du chômage. Pourtant, les atouts ne manquent pas, le pays dispose de plus de 4 millions d’hectares disponibles pour les diverses activités rurales. L’Office du Niger seul atteint près de 2 millions d’hectares. Le pays est à la confluence de 7 pays, ce qui en fait un véritable carrefour commercial. La prise en compte réelle de la jeunesse dans une politique économique ambitieuse et maîtrisée permettra au Mali d’être parmi les économies les plus performantes de la sous-région ouest africaine. Mais pour réussir ce pari, il faut nécessairement enclencher un processus en plusieurs étapes.

Libérer les opportunités

L’enjeu majeur est de doter les jeunes d’une stabilité durable, ils doivent accéder sans grande difficulté aux emplois stables et porteurs de développement, ou alors bénéficier d’un accompagnement pertinent dans leur volonté de créer leur entreprise. Les jeunes doivent être protégés contre le népotisme et les autres formes d’injustice. Une jeunesse épanouie et stable est la première source de sécurité pour le pays. Au Mali les jeunes sont confrontés à de nombreux problèmes qu’il va falloir résoudre rapidement. Le combat pour la souveraineté est à ce prix.

C’est la raison pour laquelle j’appelle à placer la jeunesse au cœur des enjeux pour lui offrir le meilleur des cadeaux d’anniversaire et magnifier l’indépendance de notre cher et beau pays, le Mali !

Bonne fête de l’indépendance !

Par Seydou Mamadou Coulibaly

Président du Mouvement Benkan le Pacte Citoyen

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