billets de banque-Argent fusidiaire
À la tribune des Nations Unies, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a placé la souveraineté économique au même niveau que la souveraineté politique et sécuritaire. Pour Bamako, le développement du Mali doit désormais reposer davantage sur la mobilisation des ressources nationales, la transformation locale des matières premières et l’investissement dans la jeunesse.
Le message est clair : le Mali veut davantage compter sur ses propres capacités financières et productives. Dans son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU, Abdoulaye Diop a estimé que l’aide internationale, malgré son utilité, ne peut à elle seule répondre aux besoins de développement des pays africains. « Il nous faut générer des ressources en notre sein, il nous faut avoir confiance en nous-mêmes », a-t-il déclaré.
Le ministre a notamment mis en avant les besoins croissants liés à l’arrivée de millions de jeunes sur le marché du travail au Mali, au Burkina Faso, au Niger et plus largement en Afrique. Pour Bamako, le défi consiste donc à créer de nouvelles sources de financement tout en préservant les choix souverains des États.
Cette orientation économique s’inscrit dans la stratégie de Refondation nationale défendue par les autorités maliennes. Le gouvernement entend notamment renforcer la transformation locale des ressources naturelles, développer les capacités nationales de production et orienter davantage les dépenses publiques vers les secteurs productifs.
L’objectif affiché est double : réduire la dépendance extérieure et créer davantage d’opportunités économiques pour la population, notamment pour les jeunes et les femmes. Le ministre a ainsi rappelé que la souveraineté du Mali « n’est pas négociable ». Mais celle-ci, a-t-il expliqué, ne doit pas être comprise uniquement sous l’angle militaire.
Elle implique également la capacité du pays à maîtriser ses choix économiques, contrôler et valoriser ses ressources naturelles et développer son économie productive.
- A LIRE AUSSI : https://icimali.com/transport-et-logistique-le-mali-cree-un-nouvel-outil-pour-les-operations-dimportation-et-dexportation/
Mali Kura 2063 en ligne de mire
Cette ambition économique s’appuie sur deux cadres stratégiques cités par le gouvernement : la Vision Mali Kura 2063 et la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033).
Ces programmes doivent, selon Abdoulaye Diop, contribuer à construire un État souverain, une économie compétitive et une société permettant aux citoyens de se réaliser dans la dignité. Le gouvernement affirme également vouloir améliorer la gouvernance économique, renforcer la mobilisation des ressources intérieures et consacrer davantage les dépenses publiques aux investissements structurants.
La jeunesse constitue l’un des principaux enjeux de cette politique. Pour le Mali, la transformation économique ne pourra être durable sans une main-d’œuvre qualifiée, capable de participer à la production et à l’innovation. C’est pourquoi le discours prononcé à New York insiste sur la formation, l’emploi et le développement des capacités nationales.
La stratégie défendue par Bamako repose donc sur une idée centrale : produire davantage, transformer localement les ressources et créer les conditions permettant aux jeunes de devenir des acteurs de la croissance.
À l’ONU, cette vision a été présentée comme une composante essentielle de la souveraineté nationale. Une souveraineté qui, dans le discours malien, dépasse désormais largement la seule question de la défense du territoire pour englober l’économie, les ressources naturelles, la technologie et le financement du développement.
Mariam DOUMBIA / Icimali.com




