Manifestation M5-RFP Bamako
UNE Politique

Avenir du M5 dans Malikura : Questions cent réponses

Sous le manteau du changement, le Mouvement du 5 juin Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP)  croyait dur comme fer incarner le pouvoir. Désormais, il l’apprend à ses dépens à travers le dernier remaniement ministériel qui l’isole.

Bien qu’à l’origine du changement de pouvoir, le M5 n’avait pas prévu les soubresauts actuels consécutifs à la gestion et au partage de rôle dans le Mali d’aujourd’hui. D’abord, le mouvement s’est, aux premières heures du départ du Président Kéita, empêtré dans une guerre de clocher.  L’unité d’actions  s’est vite volée en éclat avec des départs massifs vers d’autres horizons plus cléments : la branche de l’imam Dicko se voit auréolée  du choix de Premier ministre. Alors que d’autres   ont choisi royalement de se retrancher au sein du Conseil National de Transition (CNT).  Pendant ce temps, une autre branche s’est constituée autour de Choguel Kokalla Maïga entouré d’autres ténors politiques de la lutte du changement. Bonjour les tiraillements !

Quelques mois d’observation, le M5 ne voit pas le bout du tunnel (peu de ses membres sont visibles dans la transition). La suite est connue, les militaires sont traités de tous les noms d’oiseau. Enfin, l’objectif est atteint : les militaires tenant du pouvoir, font appel  aux frondeurs à travers Choguel Kokalla Maïga pour diriger l’exécutif, avec à la clé plusieurs portefeuilles  ministériels estampillés M5-RFP. Le tour est joué.

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Après deux ans de cohabitation et à la faveur du remaniement,   le constat est que le M5 est dépourvu de ses cadres dans le Gouvernement. A l’exception du Premier ministre, lui-même, et un de ses fidèles lieutenants en l’occurrence Ibrahim Ikassa Maïga, tous les ministres issus du mouvement ont été débarqués sans ménagement. Que s’est-il réellement passé  pour que le Chef de l’Etat décide d’écourter cette aventure que certains qualifient d’ambigu?

Les propos du PM, en recevant les membres du M5 à son domicile, deux jours après la fête de la Tabaski, sont illustratifs du climat délétère dans la cohabitation entre les deux entités. Une évidence, Choguel préparait ses soutiens à toute éventualité, puisque 24 heures après sa sortie, la liste du Gouvernement  remanié est connue. Avec la nouvelle donne dans la conduite de la transition, on peut s’interroger sur l’avenir du M5 qui fait office de tête de proue des forces du changement. Que peut le M5 ou le PM?  A l’heure où les cartes sont rebattues, il est illusoire de miser sur un possible retour en force du M5 dans le giron du Malikura.

Somme toute, l’avenir du M5 dans le Malikura qui lui est très cher est sujet à caution et en même temps demeure une question cent réponses. En son propre sein, le mouvement est écartelé entre plusieurs tendances (M5-RFP, M5-RFP Malikura et autres) qui ne parlent plus le même langage. Ce qui le fragilise davantage dans la lutte et l’enjeu du pouvoir.

Désormais, certains disent que les carottes sont cuites pour le M5, puisque le Président de la transition, le Colonel Assmi Goïta et ses proches, à travers ce remaniement du samedi denier, ont déjà des béquilles pour conduire le pays vers d’autres succès plus éclatants.

C. A. et A.M.C.

L’Observatoire

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