Société

Célébration de la Journée mondiale des toilettes : L’accès des populations de Goundam aux toilettes, un défi à relever

Créée par l’Organisation mondiale des toilettes en 2001, la journée mondiale des toilettes est célébrée le 19 novembre de chaque année. Le cercle de Goundam n’en est pas resté en marge de l’événement.  C’est le site de déplacés qui a servi de cadre, mercredi, 21 novembre 2018, à la célébration de la Journée mondiale des toilettes sous le thème «Quand la nature nous appelle.» Au menu de cette journée, des sketchs de sensibilisation, des jeux-concours et remise des kits d’hygiène. C’est une initiative de l’ONG SOLIDARITES INTERNATIONAL et ses partenaires (Humanitarian Implementation Plan et la Commission de l’Union Européenne ECHO).

Présidée par le préfet du cercle de Goundam, M. Mamadou Konaté, la cérémonie a enregistré la présence des sous-préfets de plusieurs communes, du troisième adjoint au maire, du médecin-chef du CSRéf, des services techniques du développement social, de la promotion féminine et des représentants de partenaires humanitaires ainsi qu’une centaine de la communauté déplacée du site.

L’impérieuse nécessité d’un ménage, sa latrine  

Les latrines sont quasi-inexistantes pour de nombreuses personnes dans le cercle de Goundam y compris les sites de déplacés. C’est pourquoi, indique un habitant, la pratique de la défécation à l’air est fortement très pratiquée dans le cercle notamment les sites de déplacements au sein des communautés qui ne disposent pas souvent d’aucun accès à des structures sanitaires. Le site des déplacés de Goundam ainsi que plusieurs villages dans le cercle sont concernés par ces besoins et les défis d’autant plus important pour les déplacés d’accéder à des toilettes décentes.

«La défécation à l’air est d’actualité à Goundam. C’est une pratique répandue surtout dans les quartiers périphériques et au niveau des sites de déplacés. La sensibilisation des populations est nécessaire surtout au 21ème siècle, c’est une pratique ne doit pas encore exister puisqu’elle consiste à provoquer beaucoup de maladies surtout les maladies diarrhéiques. Donc, il faut une vraie sensibilisation pour chaque famille ait au moins des latrines bien construites et bien entretenues», a souligné M. Aliou Boubacar, président du RESO.

Selon le représentant de SOLIDARITES INTERNATIONAL, M. Emmanuel Kamaté Limasi, le besoin en infrastructures sanitaires et latrines devient crucial. Cependant, ces sites font face à plusieurs problématiques d’accès à des latrines décentes.

«Les populations déplacées internes occupent des parcelles appartenant à des tierces personnes interdisant la construction de latrines sur ces lieux ; le manque de moyen des populations ne permet pas d’envisager la construction de telles structures et préfèrent pratiquer la défection à l’air libre moins coûteuse», a déploré M. Limasi.

Il s’agissait, pour SOLIDARITES INTERNATIONAL et ses partenaires (Humanitarian Implementation Plan et la Commission de l’Union Européenne ECHO), à travers la journée mondiale des toilettes, de sensibiliser la population de Goundam non seulement sur la nécessité de mettre fin à la défécation à l’air libre (dans la brousse) en mettant l’accent sur les risques sanitaires, environnementaux mais aussi et surtout de susciter l’engouement des populations autour du besoin en latrines pour chaque ménage et l’importance de leur utilisation en vue d’endiguer les conséquences du péril fécal pour protéger la communauté entière.  

Dans son intervention, le médecin-chef du CSRéf de Goundam, M. Mamadou Coulibaly, a mis l’accent sur les conséquences désastreuses de la pratique de la défécation à l’air libre.  

«L’utilisation des toilettes nous permet d’éviter les maladies diarrhéiques, la poliovirus, sauvage qui est une maladie handicapante. Le vecteur de cette maladie est les excréments humains. Donc l’utilisation des toilettes nous épargnera de ce fléau. L’impact d’une telle exposition aux matières fécales humaines a des effets dévastateurs sur la santé publique, les conditions de vie et de travail, la nutrition, l’éducation et la productivité économique dans le monde. Le thème de cette année s’inscrit dans l’idée que nous sommes entrain de transformer notre environnement en égout à ciel ouvert», a précisé M. Coulibaly.

Un défi colossal à l’horizon 2030

A ce jour, selon les statistiques, plus de 2,3 milliards de personnes ne disposent d’aucunes installations sanitaires de base. Parmi elles, 892 millions, vivant pour la plupart en zone rurale, défèquent à l’air libre. «Elles doivent marcher, se cacher, attendre la nuit pour déféquer à l’extérieur, craignant pour leur sécurité», a souligné le Préfet du cercle de Goundam M. Mamadou Konaté.

Au Mali, 64,2% des habitants n’ont pas accès à des latrines ou des toilettes. En milieu scolaire, seuls 12% des écoles disposent de latrines améliorées en quantité suffisante adaptées aux filles et garçons.

Selon M. Konaté, le thème de cette année, évocateur et pleins d’enseignements, traduit «à suffisance notre silence coupable de faire de notre environnement un dépotoir à ciel ouvert de nature à compromettre dangereusement notre écosystème. Il me paraît important d’appeler à la conscience collective du danger causé à notre environnement par cette pratique. La tenue de cette journée en faveur de la promotion des latrines doit nous amener à s’engager aux côtés du Gouvernement, des partenaires, pour un accès de tous à des latrines modernes pour mettre un terme à la défécation à l‘air libre et de sauver notre environnement qui en a souffert du fait de l’homme.»

L’objectif de développement durable (ODD) de l’ONU a sollicité à la communauté internationale de garantir l’accès aux toilettes d’ici 2030. Un défi qui ne saurait relever sans l’implication de tous.  

«Du fait de la banalisation de cette pratique et de son développement, il est urgent et indispensable que la conscience s’analyse car il s’agit d’abord et avant tout d’un problème d’ordre technique dans ses composantes : sécurité et salubrité. Des efforts doivent être accomplis pour améliorer la situation en vue de l’atteinte des objectifs du développement durable  ODD pour assurer l’accès de tous, dans des conditions équitables, aux services d’assainissement et d’hygiène adéquat et mettre fin à la défection en plein air», a appelé M. Konaté qui a vivement salué l’engagement de SOLIDARITES INTERNATIONAL et ses partenaires au service constant des populations.

«L’organisation de cette journée traduit à suffisance votre détermination à apporter une réponse adéquate aux différentes préoccupations des populations vulnérables. Par ce geste, vous contribuez aux côtés des efforts du Gouvernement à sensibiliser et informer les décideurs, populations et partenaires techniques et financiers pour faciliter l’accès des populations aux installations sanitaires modernes en vue de mettre terme à la défécation à l’air libre qui constitue de nos jours un problème de santé publique »,a-t-il dit.

Au menu de cette journée, des sketchs de sensibilisation sur la défécation à l’air libre, ses conséquences et la nécessité de changer de comportement par la construction des toilettes pour chaque ménage ; et des questions-réponses ont permis à l’assistance de mieux comprendre et s’imprégner de la gravité des maladies que pourront provoquer la défécation à l’air libre.  

    Le repensant du maire, M. Yousouf Mahamoud Dicko n’a pas caché sa satisfaction. «Regardez ce beau monde et sur le visage de chacun d’entre eux, on lit la joie. Pourquoi ? Parce que ce qui nous réunit aujourd’hui est un des essentiels que vous avez apporté à cette population à qui vous avez toujours concrètement manifesté votre solidarité. Vous les avez apportés ce que je qualifie des tenants et aboutissants de la santé, la journée de la toilette», a-t-il déclaré.

La remise des kits d’hygiène aux gagnants du jeux-concours, quelques séquences de danses et la photo de famille ont mis fin à la cérémonie.

Par Almoudou M. BANGOU

Nouvel Horizon          

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