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Muhammadu Buhari réélu président du Nigeria

Le président sortant a été réélu pour un mandat de quatre ans avec 56 % des voix, selon les résultats annoncés par la commission électorale dans la nuit de mardi à mercredi.

Premiers artisans de cette victoire : les électeurs du nord du pays. Muhammadu Buhari obtient un vote plébiscite dans tous les Etats du Nord, dont la démographie est importante. A Kano, il obtient ainsi 1,4 million de voix, tout comme dans sa terre natale, dans l’Etat de Katsina.

Il rafle aussi haut la main les Etats de Bauchi, Borno, Yobe, Zamfara et même de Kaduna. Dans le Nord, « les électeurs expriment une certaine affection pour ce personnage que tous considèrent comme un homme intègre », explique Zakari Yusuf, observateur de la vie politique.

L’influence de Bola Tinubu

Muhammadu Buhari s’est donc assuré un vote de masse, contrairement à Atiku Abubakar, qui bénéficie de l’ancrage du PDP dans le sud et le sud-est du pays.

Et surtout, malgré les défections massives au sein de l’APC, Muhammadu Buhari a pu compter sur les réseaux de Bola Tinubu, homme financièrement influent, qui lui a permis de conforter son assise à Lagos, mégalopole économique du sud du pays.


 ■ Buhari, l’inflexible

Aujourd’hui âgé de 76 ans, Muhammadu Buhari a gardé sa réputation d’homme strict et inflexible. Cet ancien général a marqué les esprits quand, au début des années 80, il a pris le pouvoir avec un groupe de militaires. A l’époque, il faisait fouetter en public les fonctionnaires qui arrivaient en retard. Cette réputation semble toujours d’actualité comme en témoigne l’avertissement lancé il y a dix jours à quiconque tenterait de tricher lors de la présidentielle : « Ce sera probablement le dernier acte criminel qu’il commettra, j’ai demandé à l’armée d’être sans pitié. »

Muhammadu Buhari est également perçu comme incorruptible, il avait d’ailleurs fait de la lutte contre la corruption l’un des axes majeurs de son mandat, mais les résultats sont mitigés. Certains lui reprochent d’avoir fait de cet enjeu national une vendetta personnelle.

Pour le reste, l’inflexibilité de cet ancien général est parfois vue aujourd’hui comme un penchant un peu trop autoritaire. Et lors de son mandat précédent, Muhamadu Buhari a hérité du surnom « Baba go slow », pour souligner ce que certains considèrent comme une sérieuse tendance à l’inaction. Il lui avait fallu cinq mois pour nommer son gouvernement en 2015.

rfi.fr

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