Choguel Kokalla Maïga- Premier ministre du Mali
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PM Choguel K. Maïga sur la MINUSMA : « Notre détermination ne faiblira point »

Pour le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, il est nécessaire que le Gouvernement du Mali, les Forces Armées Maliennes et la MINUSMA travaillent étroitement, « la main dans la main, et non pas de travailler les uns à côté des autres, y compris sur les questions de droits de l’homme ».

Le 26 juillet dernier a eu lieu une séance de travail entre le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga et Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint des nations unies, chef des opérations de maintien de la paix, en présence de neuf (9) membres du Gouvernement et du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Mali et Chef de la MINUSMA.

D’entrée de jeu, Dr Choguel Kokalla Maïga a salué les efforts de stabilisation de la MINUSMA, qui opère dans un environnement particulièrement difficile, et fait comprendre que depuis son installation e  n 2013, le Gouvernement du Mali a toujours entretenu un dialogue dynamique avec les Nations Unies dans le cadre de la mise en œuvre efficace et efficiente de son mandat. Cette visite du SG-adjoint de l’ONU offre, selon le Premier ministre, l’opportunité de renforcer ce dialogue entre le Mali et la MINUSMA en passant en revue, sans complaisance, les sujets de préoccupations, et en explorant, ensemble, les voies et moyens pour trouver les compromis dynamiques nécessaires et une compréhension partagée sur les enjeux et les attentes de part et d’autre.

Selon le PM Maïga, le plus grand hommage que l’on rendra aux victimes de cette crise est, assurément, de donner du sens au lourd investissement tant humain, matériel, que financier consenti par la communauté nationale et internationale pour la stabilisation de notre pays. « Cela requiert indubitablement un changement de paradigme et une évolution de la doctrine des Nations Unies, quand sa Mission de Paix évolue dans un environnement terroriste, comme c’est le cas, notoirement ici au Mali », a-t-il indiqué. Avant de réitérer ses propos du 25 septembre 2021 à la tribune des Nations Unies, selon lesquels« il n’existe pas au Mali de sentiment anti-MINUSMA ».

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Et le Premier ministre d’expliciter : « Aussi longtemps que les raisons pour lesquelles la Mission a été déployée, à la demande de notre pays, ne sont pas comprises et satisfaites ; aussi longtemps que la MINUSMA aura du mal à s’acquitter convenablement de son mandat ; aussi longtemps, que les populations vont continuer à regretter le passé récent fait de quiétude, les interrogations sur l’utilité et la pertinence de la présence internationale constitueront des sujets de préoccupation, qu’il faut savoir aborder avec courage et lucidité et non chercher à éluder avec malice ».

Des actions pour la paix

Revenant sur l’examen par le Conseil de sécurité du rapport trimestriel du Secrétaire général sur la situation au Mali, le Chef du Gouvernement a signifié que la crédibilité de toute action de l’ONU au Mali se jugera à l’aune de la capacité collective, entre le Gouvernement malien et l’ONU, à « assurer la protection des populations civiles, à lutter contre l’insécurité et le terrorisme, à aider au redéploiement de l’État, au rétablissement de sa souveraineté sur l’ensemble du territoire, et cela dans une véritable optique de stabilisation et de paix durable ». « C’est pour arriver à la paix et à la stabilité dans notre pays, que le Gouvernement de Transition a érigé la question des réformes politiques et institutionnelles en questions prioritaires, c’est-à-dire comme le postulat de base de la Refondation de l’État qui constitue une demande forte et pressante de notre peuple, comme en témoignent les résolutions et recommandations des Assises Nationales de la Refondation (ANRs), tenues en décembre 2021. C’est aussi la raison pour laquelle nous faisons de la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger, le substrat de notre action, en dépit des difficultés inhérentes au processus », a justifié le PM.

Le Chef du Gouvernement malien a informé de la tenue dans les tous prochains jours d’une réunion de niveau décisionnel sur la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issus du processus d’Alger, qui regroupera les parties signataires, la Médiation internationale et la Communauté internationale autour du Comité de suivi de l’Accord (CSA). « Notre détermination ne faiblira point en vue de faire accomplir au processus de DDR/I les progrès substantiels nécessaires à l’achèvement des actions prioritaires en matière de défense et de sécurité, dans le domaine politique et institutionnel, de développement économique et social, de même que la thématique réconciliation, justice et questions humanitaires », a martelé Dr Choguel Kokalla Maïga.

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Le PM a réitéré les fortes réserves exprimées par l’État du Mali sur certains aspects de la résolution 2640 du 29 juin 2022 du Conseil de sécurité renouvelant pour une période d’un an, le mandat de la MINUSMA, notamment le mécanisme des droits de l’homme, sans l’implication de l’État malien. Conscient des demandes faites par l’ONU quant à la levée des restrictions, que le Mali considère comme des mesures de planification et de sécurité nationale, concernant la mobilité de la MINUSMA sur certaines parties de notre territoire, Dr Maïga a fait comprendre au SG-adjoint de l’ONU qu’il est « impératif de renforcer la coordination et de continuer étroitement à travailler ensemble, la main dans la main, et non pas de travailler les uns à côté des autres, y compris sur les questions de droits de l’homme », dont le Gouvernement et l’Armée sont à la fois soucieux et respectueux, en vertu de la culture ancestrale etdes engagements internationaux.

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Quid des 49 militaires ivoiriens ?

Concernant la situation spécifique des 49 éléments de l’armée ivoirienne arrivés par vol civil, à l’aéroport international Président Modibo KEITA, le dimanche 10 juillet 2022, sans information préalable des autorités compétentes maliennes, le Chef du Gouvernement a réitéré la clarification des liens légaux ou contractuels entre les militaires ivoiriens concernés, Sahel Aviation Service et le contingent allemand de la MINUSMA. Aussi, il a souligné la « nécessité d’une plus grande transparence de la part de la MINUSMA en ce qui concerne ses effectifs en activité sur le sol malien, ainsi que sur les conditions de déploiement et de rotations de contingents militaires et civils et des NSE ».

Concernant la situation sur le terrain, en lien avec le retrait de certaines forces, le PM a assuré que les dispositions sont prises afin qu’aucune situation de vacuité, aucun vide sécuritaire ne se crée à la suite du départ des forces françaises, de la Task Force Takuba et de la Force conjointe du G5 Sahel, dont les éléments maliens sont déjà rappelés sous le drapeau, au compte de l’Etat-major des Armées. « De la même manière, nous accordons la plus haute attention à la situation humanitaire sur le terrain, en particulier au Centre et au Nord de notre pays, afin d’y apporter les réponses appropriées en coopération avec la communauté humanitaire », a-t-renchéri.

En réponse, le sous- Secrétaire général des Nations Unies, Jean-Pierre Lacroix, a affirmé qu’il y a une dynamique positive instaurée sur laquelle le Mali et l’ONU s’appuient pour avancer. A ses dires, l’extension du renouvellement du mandat de la MINUSMA est assortie d’une revue stratégique que l’ONU est disposée à conduire avec le Mali pour évaluer la Mission. « Nous pouvons travailler ensemble à définir les objectifs de la MINUSMA », a fait savoir le sous-Secrétaire général adjoint.

Au sujet des rotations des contingents des pays contributeurs de la MINUSMA, Jean-Pierre Lacroix dira qu’il y’a là une opportunité pour mieux clarifier les procédures afin d’assurer la fluidité et la transparence des rotations qu’il a jugé vitale pour l’efficacité de la Mission.

Cyril Adohoun

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