Ousmane Sonko, Premier Ministre du Sénégal
Le paysage politique sénégalais vient de connaître un énième coup de théâtre. Quatre jours seulement après son limogeage de la Primature par le président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko rebondit de la manière la plus spectaculaire qui soit. Ce mardi 26 mai, le leader de Pastef a été élu président de l’Assemblée nationale à une majorité écrasante, s’emparant ainsi du perchoir et de la tête du pouvoir législatif.
Débarqué du gouvernement le vendredi 22 mai dernier, Ousmane Sonko n’aura pas passé beaucoup de temps loin des affaires de l’État. Ayant réintégré son siège de député ce mardi 26 mai 2026 matin, il a immédiatement été porté candidat à la présidence de la chambre basse du Parlement.
Le vote qui a suivi s’apparente à un véritable plébiscite : sur 133 députés présents, 132 ont voté en sa faveur. Un score sans appel qui témoigne de la solidité de sa base parlementaire et de sa force de frappe politique intacte, malgré le décret présidentiel qui l’avait écarté de la tête du gouvernement quelques jours plus tôt.
« Ce vote démontre la confiance inébranlable de la majorité parlementaire envers la vision que nous portons pour le Sénégal », a réagi un député de la coalition au pouvoir à la sortie de l’hémicycle.
Quel avenir pour le duo Faye-Sonko ?
Ce glissement rapide du pouvoir exécutif vers le pouvoir législatif pose d’ores et déjà de nombreuses questions sur la reconfiguration politique au sommet de l’État. Si le limogeage d’Ousmane Sonko par le président Bassirou Diomaye Faye vendredi dernier avait alimenté les rumeurs de frictions ou d’un réajustement stratégique au sein du Read-Exécutif, cette élection massive au perchoir montre que l’homme fort de Pastef reste au cœur du réacteur politique sénégalais.
Désormais deuxième personnalité de l’État selon l’ordre constitutionnel, Ousmane Sonko troque son costume de Premier ministre contre celui de garant des lois. Une position stratégique qui lui permettra de contrôler l’agenda législatif et de maintenir une influence déterminante sur la conduite des affaires publiques.
Le Sénégal entame ainsi un nouveau chapitre de sa transition politique, où la cohabitation des ambitions et le rééquilibrage des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif seront scrutés de très près par les observateurs.
Issa TANGARA




