SANS DÉTOUR

Grande Gueule : Entre le « feulement du Tigre » et le « choguelisme »

L’homme est connu pour sa franchise, son ton « péremptoire », parfois désobligeant ses détracteurs. Sa carrure n’est pas effritée par les soubresauts du 20 Août 2020, il demeure droit dans ses bottes.

Bientôt une année de vide politique causée par le coup d’Etat contre le régime démocratiquement élu du Président Ibrahim Boubacar Kéita. Le temps passa, les « vainqueurs » ont porté le choix sur un certain Choguel Kokalla Maïga, un lundi 7 juin 2021, pour conduire les affaires de la Primature, après avoir mis à la touche Bah N’Daw et Moctar. Après avoir « avalé son chapeau » plus de dix, l’homme du M5-RFP semble perdre les pédales, ne sachant par où attaquer les priorités du pays. Deux mois d’exercice, rien que « le pilotage à vue ».

Au même moment, l’heure est au voyage ! L’avion d’« IBK » n’est plus cloué au sol, l’ « oiseau » atterrit à Sikasso, puis Abidjan pour la « fiesta », au grand dam des 51 civils gisant dans le sang à Ouatagouna, Dirga, Karou et Deoutegef dans la commune de Ouatagouna, cercle d’Ansongo, région de Gao.

Ayant pris goût du pouvoir, l’ex adepte de la place de l’indépendance de Bamako mijote la « vengeance politique » contre ses adversaires politiques au pouvoir avant le 18 Août 2020, pour une prolongation de la transition qu’il a lui-même décriée en tant que président du fameux comité stratégique du M5-RFP.

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Il faut le lui rappeler, son ‘’logeur’’, colonel Assimi Goïta ne l’a pas choisi comme Premier ministre, pour se soumettre à son agenda politique. Le Président de la Transition a été « limpide » comme l’eau du rocher : la transition, c’est 18 mois. Sauf que les acteurs de l’ex-CNSP seraient, selon certaines indiscrétions, à la recherche d’un Président protecteur, pour garantir le lendemain du 22 février 2022. Le coup d’Etat étant imprescriptible, le sort réservé au Général Amadou Haya Sanogo, fait prisonnier durant près de sept ans, est une expérience redoutable qu’il faut éviter, à tout prix.

L’une des voix les plus audibles actuellement au sein de la classe politique est celle du président du parti ASMA-CFP, l’ex-PM Soumeylou Boubèye Maïga, que d’aucuns qualifient de « Tigre ». Son « feulement » ou son « rugissement » depuis Gao, le 7 Août 2021 à la Conférence de Section du parti, est un avertissement à ne pas négliger. « Je veux être très clair sur ça, nous allons rester mobilisés pour que notre pays et nos dirigeants restent fidèles à leurs engagements. Tout manquement à nos engagements peut nous conduire dans le chaos », proclame le Tigre. Ce, malgré son soutien à la transition en cours, dont il est l’un des artisans de l’architecture institutionnelle.

Ancien Premier ministre, loquace, fin connaisseur de l’appareil de l’Etat, mais aussi des manigances politiques, Soumeylou Boubèye Maïga n’entend pas se laisser faire par un Premier ministre qui met en avant l’organe unique des élections, en passe d’être confié à un de ses proches, ministre délégué, au nez et à la barbe du Ministre de l’administration territoriale.  « Ce que je dois ajouter…, c’est de dire que nous restons toujours attachés aux engagements que nous avons pris, à savoir soutenir la Transition, travailler à ce que la Transition prenne fin en février 2022 », rappelle SBM. Qui a longuement explicité : « Parce que, nous pensons que notre pays et nos dirigeants doivent rentrer dans l’histoire comme un pays et des dirigeants qui respectent leurs engagements. Parce qu’un pays et des dirigeants qui ne respectent pas leurs paroles n’auront le respect de personne. Personne n’a du respect pour un pays qui ne respecte pas ses engagements. Personne n’a du respect pour des dirigeants qui ne respectent pas leurs engagements ».

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Et l’ancien Premier ministre d’inviter à se soustraire de toute flatterie, quand il rappelle Jean de la Fontaine qui a dit : « Tout flatteur vit toujours aux dépens de celui qui l’écoute ». «Actuellement, on entend beaucoup de discours de haine, de division et d’invectives pour opposer les Maliens entre eux. Parce qu’il y a beaucoup de gens qui y trouvent leur compte et qui ne peuvent pas atteindre leurs objectifs personnels tant qu’ils n’ont pas ramené le pays à leur propre niveau,  c’est-à-dire à ras de terre. Nous n’accepterons pas cela », martèle SBM.

Diviser pour régner devient ainsi le leitmotiv du président du parti MPR, qui s’érige en « sauver » de la République. « Le Mali n’a pas besoin de sauveur », rétorque le président de l’ASMA-CFP, mais « d’un rassembleur. Les Maliens ont montré chaque fois que cela est nécessaire qu’ils peuvent prendre leur destin en main. Ils ont juste besoin de dirigeants qui restent sincères avec leurs engagements, qui restent sincères avec leurs attentes.  Nous allons rester vigilants, rester attentifs et mobilisés parce que nous sommes tous les enfants de ce pays. Nous ne sommes pas des locataires. Nous sommes tous des enfants de ce pays et de ce fait, nous sommes tous concernés par le destin du pays. Et, personne ne doit prendre en otage le destin du pays. De toutes les façons, les Maliens n’accepteront pas cela. C’est pourquoi je profite de cette occasion pour dire à tout le monde que nous devons rester très lucides. Je ne connais pas un pays qui s’est redressé dans la division ».

Le rugissement du Tigre aurait-il d’échos favorables auprès du prétendant sauveur de la République ? Quand on sait que ce dernier a sa disposition l’appareil de répression de l’Etat ?

De fait, les acteurs politiques ne comptent laisser la transition prolonger au-delà de 18 mois. Le Président Assimi Goïta a pris l’engagement de respecter le délai, le Premier ministre Choguel même le lui avait rappelé quand il chapeautait le M5-RFP agonisant. Quitte au duo Assimi-Choguel de tenir parole pour ne pas replonger le pays dans une crise politique.

Roc DACK

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